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Soufre

element-chimique-16-soufre

Caractéristiques du soufre

  • Symbole : S
  • Masse atomique : 32,065 ± 0,005 u
  • NumĂ©ro CAS : 7704-34-9
  • Configuration Ă©lectronique : [Ne]3s23p4
  • NumĂ©ro atomique : 16
  • Groupe : 16
  • Bloc : Bloc P
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : Non-MĂ©tal
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 2,58
  • Point de fusion : 115,21 °C

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Le soufre, élément atomique n°16 de symbole S : ses caractéristiques, ses composés, son histoire et ses sources

L’élĂ©ment chimique « soufre » est connu sous le symbole S et porte le numĂ©ro atomique 16. Membre du groupe des chalcogĂšnes, il constitue un non-mĂ©tal multivalent, insipide, abondant et insoluble dans l’eau. On le rencontre souvent sous forme de cristaux jaunes dans divers minĂ©raux comme les sulfates et les sulfures. Il est aussi connu sous forme native, notamment dans les rĂ©gions volcaniques. Toutefois, la plupart du soufre exploitĂ© est d’origine sĂ©dimentaire.

Le soufre est un Ă©lĂ©ment essentiel pour l’ensemble des ĂȘtres vivants. Il joue un rĂŽle important dans la formule de la cystĂ©ine et de la mĂ©thionine (deux acides aminĂ©s naturels) et, par consĂ©quent, dans plusieurs protĂ©ines. À 90 %, le soufre est transformĂ© en acide sulfurique, produit de base de l’industrie chimique. Presque 60 % de la production de cet Ă©lĂ©ment sont sous forme d’engrais (sulfates) et de phytosanitaire fongicide. Environ 34 % servent Ă  des applications non agricoles comme l’élaboration des tripolyphosphates pour les dĂ©tergents et le dioxyde de titane. On peut aussi citer l’alimentation humaine et animale, ou encore le processus de lixiviation en exploitation miniĂšre. On retrouve Ă©galement la fabrication de la pĂąte Ă  papier, de l’acide fluorhydrique, de la poudre Ă  canon, des laxatifs, des insecticides, des allumettes, etc.

Les caractéristiques notables du soufre

Le soufre est un non-mĂ©tal multivalent, insipide, inodore et insoluble dans l’eau. L’odeur communĂ©ment associĂ©e Ă  cet Ă©lĂ©ment chimique n’est pas causĂ©e par le soufre Ă©lĂ©mentaire, mais Ă  d’autres composĂ©s soufrĂ©s qui se sont formĂ©s. Le soufre est un Ă©lĂ©ment allotropique et peut donc exister aussi bien Ă  l’état liquide, solide que gazeux.

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GĂ©nĂ©ralitĂ©s sur le corps simple et l’élĂ©ment chimique

Le soufre est un corps simple non mĂ©tallique qui est de couleur jaune pĂąle. Ce solide brĂ»le avec une flamme bleue en Ă©mettant du dioxyde de soufre SO2, une odeur particuliĂšrement suffocante. Il n’est pas soluble dans l’eau ni dans la plupart des solvants polaires. En revanche, il l’est dans les solvants apolaires ainsi que dans le disulfure de carbone (CS2). Dans la nature, il est prĂ©sent sous forme de gisement.

Le soufre se combine avec tous les autres Ă©lĂ©ments chimiques, sauf les gaz nobles. Ses Ă©tats d’oxydation les plus communs sont -2 (sulfures), 0 (corps simple), +4 (dioxyde et dĂ©rivĂ©s) et +6 (trioxyde et dĂ©rivĂ©s). Parmi les composĂ©s qu’il forme avec l’hydrogĂšne, on retrouve la plus simple : le sulfure d’hydrogĂšne H2S. Ce dernier est un gaz toxique ayant une odeur d’Ɠuf pourri. Le soufre peut Ă©galement se combiner avec l’oxygĂšne dans plusieurs oxydes, et former entre autres du dioxyde de soufre SO2 et du trioxyde de soufre SO3. On en retrouve aussi dans de nombreux oxoacides et dans les oxoanions correspondants. On observe aussi du soufre combinĂ© Ă  du carbone dans certains acides aminĂ©s, le pĂ©trole et les gisements de gaz naturel. Enfin, cet Ă©lĂ©ment chimique de symbole S se combine avec la plupart des mĂ©taux pour constituer des sulfates et des sulfures.

Les isotopes

La masse atomique standard du soufre est de 32,065(5) u. Jusqu’à ce jour, cet Ă©lĂ©ment chimique est connu pour avoir 25 isotopes et un isomĂšre nuclĂ©aire, de nombre de masse compris entre 26 et 49. Les isotopes les plus stables sont :

  • le 32S (95,02 %) – avec 16 neutrons ;
  • le 33S (0,75 %) – avec 17 neutrons ;
  • le 34S (4,21 %) – avec 18 neutrons ;
  • le 36S (0,02 %) – avec 20 neutrons.

Seul le noyau de l’isotope 33S a un spin nuclĂ©aire non nul d’une valeur de 3/2. La spectroscopie RMN du soufre est peu dĂ©veloppĂ©e en raison de la faible teneur de cet isotope et du fait que le spin ne soit pas œ. La spectroscopie est une technique exploitant les propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques de certains noyaux atomiques qui est basĂ©e sur le phĂ©nomĂšne de rĂ©sonance magnĂ©tique nuclĂ©aire (RMN).

Les variétés allotropiques

On entend par allotropie la facultĂ© de certains corps simples Ă  exister sous des formes molĂ©culaires ou cristallines diffĂ©rentes. Les formes allotropiques du soufre sont trĂšs nombreuses, qu’elles soient Ă  l’état solide, gazeux ou liquide. La plus stable Ă  l’état solide est le soufre alpha Sα (de formule S8) qui correspond au cyclo-octasoufre, et ce, selon les conditions normales de tempĂ©rature. L’introduction de la notation 1/8 S8 est ainsi d’usage pour une Ă©criture correcte des Ă©quations chimiques impliquant le soufre. L’existence de cette structure fut prouvĂ©e par rayons X par J.T. Burwell et B.E. Warren en 1935, puis montrĂ©e par cryoscopie dans l’iode fondu par E. Beckmann.

Le systĂšme de variĂ©tĂ©s allotropiques du soufre figure parmi les plus complexes qui soient. Cela est dĂ» Ă  la facilitĂ© de catĂ©nation de cet Ă©lĂ©ment ainsi qu’aux innombrables formules d’assemblage dans lesquelles chaque type de molĂ©cule peut cristalliser. Les liaisons S-S sont trĂšs souples comme le prouvent les trois critĂšres ci-aprĂšs. D’abord, les longueurs de liaison observĂ©es mesurent entre 180 pm et 260 pm. Ensuite, les angles S-S-S sont de 90° Ă  180°. Enfin, l’énergie des liaisons S-S peut aller de 265 Ă  430 kJ/mol.

Le soufre est capable de former une grande variĂ©tĂ© de molĂ©cules de formule Sn par synthĂšse. À titre d’exemple, A. Kotuglu et M. Schmidt ont prĂ©parĂ© et caractĂ©risĂ© les molĂ©cules S18 et S20 en 1973. L’ordre de stabilitĂ© des molĂ©cules Sn sous forme liquide et solide est le suivant : S8 > S12 > S18 > S20 > S9 > S6 > S10. Il a Ă©tĂ© vu que la variĂ©tĂ© allotropique du soufre la plus stable est le S8. Elle est cristallisĂ©e dans le systĂšme orthorhombique. On en trouve dans le lait de soufre colloĂŻdal, la fleur de soufre (obtenue par sublimation) et le canon de soufre (obtenu par fusion). Par ailleurs, les autres variĂ©tĂ©s allotropiques du soufre se transforment apparemment en Sα Ă  tempĂ©rature ambiante. En ce qui concerne la molĂ©cule S8, elle a une chaĂźne en forme de zigzag. Celle-ci est composĂ©e de quatre atomes dans un plan et de quatre autres dans un plan parallĂšle. La longueur de liaison est de 206 pm et les angles mesurent 108°. Un changement de phase s’opĂšre Ă  95,3 °C et ces molĂ©cules S8 se cristallisent dans un rĂ©seau monoclinique. La densitĂ© du soufre passe donc de 2,07 Ă  2,01.

Le soufre amorphe ou plastique de soufre est une forme inhabituelle formĂ©e de longues chaĂźnes de formule Sn avec un n supĂ©rieur Ă  20 000. Pour l’obtenir, il convient de chauffer le soufre Ă  160 °C pour qu’il devienne liquide, puis de le verser brusquement dans de l’eau froide. Il en sortira une matiĂšre Ă©lastique brune qui peut durer plusieurs jours et qu’il est possible d’étirer comme du caoutchouc. Une fois Ă©tendue et analysĂ©e aux rayons X, celle-ci montrera un motif en vagues ou en paliers qui est formĂ© de quatre blocs de deux atomes de soufre, rĂ©pĂ©tĂ© des milliers de fois.

Le soufre a des cristaux de différentes sortes selon la température. Ses formes cristallines les plus courantes sont celles qui sont monocliniques et rhombiques. Les paramÚtres de ces octacÚdres orthorhombiques sont a = 1,046 nm, b = 1,286 6 nm et c = 2,448 6 nm. Au-dessus de 96 °C, la forme monoclinique est stable. En dessous de cette température, la forme stable est celle qui est rhombique.

En phase vapeur, le soufre peut se trouver sous forme de molĂ©cules Sn (n = 2 – 10) en proportion selon la tempĂ©rature et la pression. SituĂ©e entre 600 °C et 620 °C, la vapeur de soufre est de couleur jaune. Sa forme la plus stable est S8. Entre 621 °C et 720 °C, la vapeur de soufre est constituĂ©e d’un mĂ©lange de S6, de S7 et de S8. Au-delĂ  de 720 °C, la forme S2 dotĂ©e d’une double liaison est prĂ©dominante. De couleur bleue, elle est dans un Ă©tat triplet de spin qui est analogue Ă  l’O2.

Le soufre liquide mĂ©rite d’ĂȘtre soulevĂ©, car, Ă  159,4 °C, il affiche une transition avec la formation d’un polymĂšre auquel on donne la formule S∞. On peut observer une discontinuitĂ© de ses propriĂ©tĂ©s, dans le sens oĂč certains facteurs changent extraordinairement d’un facteur 104 tel que la viscositĂ©. Le soufre atteint sa viscositĂ© maximale Ă  190 °C avant de rechuter avec la tempĂ©rature.

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La caténation du soufre

La catĂ©nation ou la concatĂ©nation est la propriĂ©tĂ© d’auto liaison d’un Ă©lĂ©ment chimique. En effet, il s’agit de sa capacitĂ© Ă  former de trĂšs longues chaĂźnes molĂ©culaires par le biais de liaisons covalentes. Le soufre fait partie des Ă©lĂ©ments capables de se catĂ©ner, car l’énergie de la liaison S-S est assez Ă©levĂ©e, ce qui la rend stable. Elle est en moyenne de 260 kJ/mol, mais peut atteindre 400 kJ/mol dĂ©pendant de la forme du soufre. Par catĂ©nation, il est possible d’obtenir des macromolĂ©cules de type Sn Ă  partir de 160 °C, avec un n pouvant atteindre le million. Il s’agit de fibre de soufre qui forme des hĂ©lices dans une structure hexagonale. DĂ©nommĂ©e S∞, cette forme de soufre est jaune foncĂ©, mais cette couleur peut varier avec la prĂ©sence d’autres composĂ©s soufrĂ©s ou de diverses impuretĂ©s. Plusieurs conformations sont susceptibles d’ĂȘtre adoptĂ©es lors de la catĂ©nation du soufre, et ce, en fonction de l’orientation de la liaison S-S formĂ©e.

Ses ions

À titre de rappel, les cations et les anions sont deux ions ayant gagnĂ© ou perdu un ou plusieurs Ă©lectrons de valence. Ce phĂ©nomĂšne donne alors Ă  l’ion une charge nette positive (cation) ou nĂ©gative (anion).

Les cations

Depuis 1804, il a Ă©tĂ© observĂ© que le soufre se transforme dans les olĂ©ums (des mĂ©langes anciennement appelĂ©s acides sulfuriques fumants). Il donne les couleurs jaune, bleu ou rouge selon les conditions. DĂ©sormais, on sait qu’il s’agit du phĂ©nomĂšne d’oxydation en divers cations Sn2+. Tout comme le tellure et le sĂ©lĂ©nium, le soufre a ainsi des propriĂ©tĂ©s chimiques incluant des Ă©tats d’oxydation.

Les cations de ce genre peuvent Ă©galement ĂȘtre obtenus de maniĂšre plus contrĂŽlĂ©e en laboratoire. Il convient d’oxyder le soufre Ă©lĂ©mentaire (S8) par du pentafluorure d’arsenic : S8 + 2 AsF5 → (S8)2+(AsF6)2− + AsF3.

Les anions

Le soufre donne surtout naissance Ă  des anions en conditions naturelles. On retrouve les anions polysulfures Sn2- ainsi que l’anion sulfure S2- (base conjuguĂ©e de H2S). Par exemple, les anions disulfures S22- se trouvent Ă  l’état naturel dans la marcassite et la pyrite. Il s’agit de la forme basique de H-S-S-H, l’analogue du peroxyde d’hydrogĂšne H2O2. L’anion S3, quant Ă  lui, possĂšde des propriĂ©tĂ©s similaires Ă  l’ozone O3, dont sa structure cyclique triangulaire. Cet ion bleu intense est soluble dans le rĂ©seau cristallin des silicates. Il est prĂ©sent dans la roche mĂ©tamorphique lapis-lazuli et le minĂ©ral lazurite, dont le pigment bleu azur provient d’ailleurs. L’ion S3 est Ă©galement prĂ©sent dans le laitier de hauts-fourneaux qui est riche en sulfures, auquel il confĂšre son aspect bleu pĂąle. La teinte bleutĂ©e des bĂ©tons non oxydĂ©s Ă  base de ciment sidĂ©rurgique provient Ă©galement de l’espĂšce S3 qui les composent. Les autres ions polysulfures Ă  chaĂźne ramifiĂ©e ou plus longue sont le simple rĂ©sultat de la catĂ©nation plus poussĂ©e de l’ion disulfure.

Les composés du soufre

Les composĂ©s chimiques contenant du soufre sont nombreux et proviennent d’autant de phĂ©nomĂšnes naturels (volcanisme, Ă©rosion
) que d’activitĂ© humaine (essentiellement par utilisation de combustibles fossiles). Les principaux composĂ©s du soufre prĂ©sents dans l’atmosphĂšre sont le dioxyde de soufre, le trioxyde de soufre, les sulfates et le sulfure d’hydrogĂšne.

Oxydes de soufre

On relÚve plus de 30 oxydes de soufre SnOm, dont les deux ayant une importance industrielle sont le dioxyde de soufre et le trioxyde de soufre. Les formules de ces composés chimiques sont respectivement SO2 et SO3. Le monoxyde de soufre SO a été identifié par son spectre ultraviolet, mais son instabilité au niveau thermodynamique ne permet pas son isolement. La liaison S-O a une longueur de 148 pm.

Concernant le dioxyde de soufre, ce gaz est incolore, dense et toxique dans les conditions normales de tempĂ©rature et de pression. Ce composĂ© chimique se forme par combustion de combustibles fossiles contenant du soufre tels que les produits pĂ©troliers ou le charbon. Il est trĂšs soluble dans l’eau pure et forme peu d’acide sulfurique. En revanche, dans l’eau, le dioxyde de soufre donne l’acide sulfureux (SO2 + H2O → H2SO3). Ce dernier est la forme acide de l’ion hydrogĂ©nosulfite HSO3 qui, lui-mĂȘme, est la forme acide de l’ion sulfite SO2-3. Le dioxyde de soufre est l’additif chimique le plus employĂ© dans l’élaboration et la stabilisation du vin. Il agit comme un antioxydant qui ralentit la vitesse des rĂ©actions d’oxydation. Ce composĂ© du soufre est aussi utilisĂ© en blanchiment de papier et de fruits secs.

Acide sulfurique

L’acide sulfurique (H2SO4) constitue le plus fort des acides simples. Il est incolore et inodore. La synthĂšse de ce composĂ© chimique comporte trois Ă©tapes. La premiĂšre consiste Ă  oxyder le gaz Ă  l’air Ă  haute tempĂ©rature (450 °C) pour produire le dioxyde de soufre. La deuxiĂšme est l’oxydation ultĂ©rieure qui, en prĂ©sence d’un catalyseur comme V2O5, conduit au trioxyde de soufre. La troisiĂšme Ă©tape est l’hydratation permettant de produire de l’acide sulfurique :

S + O2 → SO2,

SO2 + œ O2 → SO3,

SO3 + H2O → H2SO4.

Comme le trioxyde de soufre se dissout lentement dans l’eau, il est introduit dans l’acide sulfurique diluĂ© pour donner de l’acide sulfurique concentrĂ©. Le rapport de mĂ©lange SO3 / H2O est infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  1. L’ion hydrogĂ©nosulfate HSO4- ainsi que l’ion sulfate SO42- sont les formes basiques de l’acide sulfurique.

Également appelĂ© sel d’Epsom ou epsomite, le sulfate de magnĂ©sium MgSO4 est utilisĂ© en tant que laxatif. Il peut aussi ĂȘtre employĂ© comme exfoliant, additif de bain ou encore source de magnĂ©sium pour la croissance des plantes. Dans le domaine de l’industrie, l’acide sulfurique est le produit chimique le plus utilisĂ©. Il est nĂ©cessaire dans la fabrication d’engrais, d’explosifs, de pigments


Sulfure d’hydrogùne

De formule H2S, le sulfure d’hydrogĂšne est Ă©galement appelĂ© hydrogĂšne sulfurĂ© ou sulfane. Ce gaz incolore et toxique est reconnaissable Ă  son odeur d’Ɠuf pourri. En effet, celle-ci est dĂ©tectable dĂšs 0,02 pm dans l’air et anesthĂ©sie le nerf olfactif vers 150 pm. À ce stade, les effets du sulfane sur la santĂ© sont irrĂ©versibles en dix minutes, car sa toxicitĂ© est similaire Ă  celle du cyanure d’hydrogĂšne.

Le sulfure d’hydrogĂšne est naturellement Ă©mis par les bactĂ©ries, les volcans ainsi que les Ă©manations des sources d’eau chaude. Ce composĂ© chimique est prĂ©sent dans le gaz naturel et le pĂ©trole brut. Par ailleurs, le sulfure d’hydrogĂšne s’obtient par dĂ©gradation anaĂ©robie par les microorganismes, notamment dans les stations d’épuration ou lors de la dĂ©composition des algues.

SnCl2 + 2 H2S → 2 HCl + H2Sn+2

Les formes acides des ions polysulfure Sn2- sont les polysulfanes H2Sn avec n compris entre 2 et 8. Il est possible de préparer ceux-ci par chauffage du sulfure de sodium Na2S ou par réaction de SnCl2 avec H2S, puis de les purifier par distillation. On assiste à leur dismutation en H2S et S8 en milieu basique.

Thiosulfate

Le thiosulfate est un ion ayant pour formule S2O32-. Il forme des cristaux dĂ©liquescents qui se dissolvent dans l’éthanol. Cet ion est employĂ© comme rĂ©ducteur dans le processus de fabrication des colorants synthĂ©tiques. En chimie analytique, il est surtout utilisĂ© dans la rĂ©action avec le diiode I2. Le thiosulfate se transforme en ion tĂ©trathionate S4O62- selon l’équation de base de l’iodomĂ©trie : 2 S2O32− + I2 → S4O62− + 2 I−.

Le thiosulfate d’ammonium (NH4)2S2O3 ou de sodium Na2S2O3 Ă©tait utilisĂ© comme agent fixateur en photographie argentique. Une fois l’image latente rĂ©vĂ©lĂ©e, on trempait la photo dans une solution de thiosulfate de sodium. Ce dernier dissout le bromure d’argent composant la surface de la photo, et ce, aprĂšs complexation des ions argent Ag+ par les ions thiosulfate. Le complexe Ag(S2O3) se forme et est suffisamment stable pour dĂ©placer l’équilibre de prĂ©cipitation du bromure d’argent. Une fois dissous, ce dernier ne noircit plus Ă  la lumiĂšre et cela fixe la photo.

Nitrure de soufre

W. Gregory fut le premier Ă  prĂ©parer du nitrure de soufre en 1834. La stƓchiomĂ©trie de ce composĂ© chimique a Ă©tĂ© Ă©tablie en 1851, et sa nature tĂ©tramĂ©rique en 1896.

  • Le tĂ©tranitrure de tĂ©trasoufre S4N4 dispose d’une structure cyclique dans le sens oĂč chaque Ă©lĂ©ment s’alterne. Celle-ci a une longueur de liaison de 162 pm et est composĂ©e d’angles NSN de 105° et d’angles SNS de 113°.
  • Le dinitrure de disoufre S2N2, quant Ă  elle, a une structure plane carrĂ©e.
  • Le monosulfure de monoazote SN est un composĂ© chimique en phase gazeuse qui se trouve dans le milieu interstellaire.
  • Les polythiazyles ou polymĂšres de nitrure de soufre sont des polymĂšres inorganiques de formule (SN)x. Ils ont Ă©tĂ© dĂ©couverts en 1975 et possĂšdent des propriĂ©tĂ©s mĂ©talliques, mĂȘme s’ils ne comportent aucun atome de mĂ©tal. De cette maniĂšre, leur conductivitĂ© augmente avec la tempĂ©rature. Plus concrĂštement, ces polymĂšres sont supraconducteurs Ă  trĂšs basse tempĂ©rature, notamment en dessous de -272.89 °C.

Par ailleurs, les polythiazyles ont également des propriétés optiques indéniables.

Soufre comme ligand

Le soufre constitue un bon ligand pontant, en l’occurrence le S22-. En chimie, un ligand est un atome, un ion ou une molĂ©cule qui porte des groupes fonctionnels et permet Ă  plusieurs atomes ou ions centraux de se lier. S est notamment capable de jouer le rĂŽle de donneur de type R2S dans un ligand de classe b. Ici, S est diffĂ©rent de O qui, quant Ă  lui, constitue un ligand de type a. S peut Ă©galement ĂȘtre un donneur de deux e et former deux liaisons dans ce qu’on appelle un ligand de type ÎŒ2. Ce dernier peut aussi ĂȘtre de type ÎŒ3 ouÎŒ4 lorsque S donne respectivement quatre e et six e. Cela engendre la formation de trois et de quatre liaisons. Jusqu’à ce jour, aucun complexe de soufre possĂ©dant six ou huit atomes mĂ©talliques n’a Ă©tĂ© identifiĂ©.

Avec des métaux, le S2 (disulfure) forme plusieurs complexes : soit chaque S se lie à un atome M, soit un atome M forme une liaison avec chaque S et crée ainsi un pont. La distance interatomique S-S moyenne dans ce genre de complexe est située entre 201 et 209 pm.

Oxohalogénures de soufre

Les oxohalogénures de soufre se distinguent en deux grandes familles : les dihalogénures de sulfuryle (O2SX2) ainsi que les dihalogénures de thionyle (OSX2).

Les dihalogénures de sulfuryle

Ces composĂ©s du soufre, volatils ou gazeux, sont incolores. Ils sont tĂ©traĂ©driques. Le dihalogĂ©nure de sulfuryle le plus important dans le domaine de la chimie organique est O2SCl2, un composĂ© formĂ© Ă  partir de SO2 catalysĂ© par FeCl3. En effet, il permet entre autres d’insĂ©rer un groupe Cl ou O2SCl Ă  la place d’un OH.

Les dihalogénures de thionyle

Ils sont Ă©galement soit des gaz soit des composĂ©s trĂšs volatils. Parmi les dihalogĂ©nures de thionyle, on retrouve l’OSF2 et l’OSCl2 qui sont incolores et l’OSBr2 qui est de couleur orange. Leur point de fusion remonte quand on descend la colonne des halogĂšnes. Il est notamment de −110,5 °C pour OSF2, de −104,5 °C pour OSCl2 et de −52 °C pour OSBr2.

La distance interatomique O-S de ces composĂ©s du soufre est assez constante alors que celle de S-X varie. Elle est de 158,5 pm pour OSF2 et de 227 pm pour OSBr2. En revanche, l’OSCl2 est instable et se dĂ©compose au-dessus de 30 °C en S et I2. Pourtant, il est l’halogĂ©nure de thionyle le plus important, car il est essentiellement employĂ© pour dĂ©shydrater certains composĂ©s inorganiques halogĂ©nĂ©s. Il est prĂ©parĂ© suivant les rĂ©actions ci-aprĂšs :

SO2 + PCl5 → OSCl2 + OPCl3

SO3 + SCl2 → OSCl2 + SO2

Son rĂŽle biologique

Quelques enzymes communes à toutes les cellules vivantes, telles que le coenzyme A contiennent du soufre. Tel est également le cas des acides aminés cystéine, taurine et homocystéine.

Les liaisons disulfures entre polypeptides interviennent dans l’assemblage et la structure des protĂ©ines.

À la place de l’eau, certaines bactĂ©ries utilisent le sulfure d’hydrogĂšne comme donneur d’électron dans un processus similaire Ă  une photosynthĂšse primitive.

Les plantes absorbent du soufre contenu dans le sol sous forme d’ion sulfate.

Les centres fer-soufre des mĂ©talloprotĂ©ines contiennent du soufre inorganique. Par ailleurs, cet Ă©lĂ©ment chimique de symbole S constitue le ligand du site CuAi de l’oxydase du cytochrome c.

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Étymologie

« Soufre » provient de la francisation du mot espagnol « Azufre » qui, lui-mĂȘme, tire son nom du latin « sulfur ». Ce mot trouve aussi son origine de l’arabe « As-Sofr » signifiant littĂ©ralement « jaunetĂ© ». Soufre diffĂšre du mot « sulfure » qui provient du sanskrit « çulbĂąri » signifiant ennemi du cuivre. Les Arabes andalous ont dĂ©veloppĂ© des connaissances chimiques mĂ©diĂ©vales et introduit ces termes en Europe occidentale. Toutefois, la plupart des Ă©tymologistes se mettent d’accord pour tirer le « soufre » du latin « sulfur ».

Son histoire et son utilisation

Le soufre constitue l’un des Ă©lĂ©ments les plus anciens de l’histoire de l’humanitĂ©, dans le sens oĂč la date exacte de sa dĂ©couverte est incertaine. Par consĂ©quent, il est impossible de savoir laquelle des civilisations antiques l’utilisa rĂ©ellement pour la premiĂšre fois.

Dans la Bible

Dans la Bible, le soufre accompagne le feu infernal et les enfers. Cet élément chimique y est mentionné à plusieurs reprises, notamment dans :

  • GenĂšse, 19, 24 (Yahweh fit pleuvoir du soufre et du feu sur Sodome et Gomorrhe) ;
  • Job, 15, 18 (du soufre sera rĂ©pandu sur son lieu de rĂ©sidence) ;
  • ÉsaĂŻe, 30, 33 (le souffle de YahvĂ© comme un torrent de soufre va l’embraser) ;
  • Ap, 19, 20 (la BĂȘte de l’Apocalypse et un faux prophĂšte sont jetĂ©s dans un Ă©tang ardent de soufre).

Il est possible que la supposĂ©e odeur de soufre de l’enfer soit liĂ©e aux Ă©ruptions volcaniques. Son dĂ©couvreur a sĂ»rement rencontrĂ© des mines de soufre comme des terres poussiĂ©reuses ou encore des cristaux jaunes Ă  cĂŽtĂ© d’un volcan.

Pendant l’AntiquitĂ©

Vers 150 av. J.-C., l’homme politique romain Caton l’Ancien inclut le soufre dans une recette d’insecticide contre la pyrale de la vigne. Au IXe siĂšcle av. J.-C. et en -424, cet Ă©lĂ©ment composa avec le goudron et le charbon un mĂ©lange permettant de brĂ»ler les murs d’une ville. Le soufre apparaĂźt Ă©galement dans le livre XXII de l’OdyssĂ©e, notamment dans le massacre des prĂ©tendants. Ulysse le brĂ»le afin de purifier sa maison. Par ailleurs, le mĂ©decin, pharmacologue et botaniste Dioscoride dĂ©crit le soufre comme un corps jaune qui brĂ»le avec une petite flamme bleue accompagnĂ©e d’une fumĂ©e irritante. Celui-ci fut une des premiĂšres armes chimiques, car il fut employĂ© par les militaires en vue de faire fuir l’ennemi.

Les Égyptiens utilisaient le soufre pour traiter l’inflammation des paupiĂšres et soulager la gale et l’acnĂ©, application que l’on retrouve encore dans les articles dermatologiques. Les Romains l’employaient dans leurs rituels comme agent de blanchiment et fumigant et illuminaient ainsi les cirques avec. Le soufre qui brĂ»le libĂšre du SO2, gaz procurant un milieu antibactĂ©rien et capable d’annihiler les insectes. Quant aux Grecs, ils utilisaient cet Ă©lĂ©ment pour crĂ©er des armes incendiaires. Les Chinois, pour leur part, dĂ©couvrirent que le mĂ©lange soufre-salpĂȘtre (KNO3) donnait lieu Ă  un matĂ©riau noir pouvant servir de poudre Ă  canon. Cette dĂ©couverte a marquĂ© un revirement historique et a suscitĂ© une grande demande pour la pierre soufre.

Dans les temps modernes

AprĂšs l’émergence de la poudre Ă  canon, la convoitise pour le soufre (surtout de l’acide sulfurique) n’a fait que croĂźtre.

L’utilisation du soufre à travers le temps

En 1777, le chimiste Antoine Lavoisier proposa Ă  la communautĂ© scientifique de considĂ©rer le soufre comme un Ă©lĂ©ment et non un composĂ©. Toutefois, Humphry Davy continuait de croire le contraire Ă  la suite d’expĂ©riences avec du soufre impur. En 1809, les chimistes Joseph Louis Gay-Lussac et Louis Jacques Thenard ont confirmĂ© la thĂšse de Lavoisier. En effet, le « foie de soufre » employĂ© pour solubiliser les mĂ©taux comme l’or Ă©tait la « combinaison de l’alcali fixe avec le soufre ».

Au XVe siÚcle, on utilisait le soufre comme désinfectant de locaux au temps de la peste noire.

En 1781, le pharmacien et chimiste français Nicolas Deyeux dĂ©tecta le soufre dans certaines plantes. En 1813, H.A. Vogel le dĂ©cela dans la bile et le sang d’animaux. En effet, cet Ă©lĂ©ment chimique existe dans deux des 20 aminoacides naturels. Ensuite, ses propriĂ©tĂ©s fongicides sont identifiĂ©es par le botaniste William Forsyth en 1802. En 1831, W.C. Zeise prĂ©para le premier thiol C2H5SH qui fut appelĂ© mercaptan Ă  l’époque. La mĂȘme annĂ©e, le procĂ©dĂ© de contact en vue de prĂ©parer du SO3 avec l’oxyde de vanadium V2O5 comme catalyseur est brevetĂ©. Par ailleurs, Ă  partir du S2CL2 et du NH3, M. Gregory a prĂ©parĂ© pour la premiĂšre fois du cluster S4N4.

En 1839, la compagnie américaine Goodyear utilisa du soufre dans le procédé de vulcanisation du latex.

En 1845, l’oĂŻdium de la vigne fut une maladie Ă©mergente de l’Angleterre et ravagea le vignoble français, puis europĂ©en. Grison, Hardy et Duchartre ont alors dĂ©montrĂ© l’efficacitĂ© du soufre contre cette maladie. Gonthier invente ensuite un soufflet permettant de pulvĂ©riser de la fleur de soufre sur les feuilles de vigne mouillĂ©es. En 1853, l’horticulteur Rose Charmeux teste le poudrage Ă  sec qui s’avĂšre efficace. Celui-ci sera employĂ© dans toute l’Europe afin de redresser la production viticole Ă  partir de 1858. En 1880, trois poudrages annuels sont alors recommandĂ©s. Cela nĂ©cessite 120 Ă  150 kg/ha de soufre triturĂ© ou 80 Ă  90 kg/ha de fleur de soufre, et ce, par an. En 1885, le fongicide de synthĂšse bouillie bordelaise s’y ajoute afin de traiter le mildiou de la vigne.

En 1926, le physicien et chimiste anglais Francis William Aston a identifiĂ© par spectromĂ©trie de masse les isotopes 33 et 34. En 1920, il n’avait dĂ©tectĂ© que le 32S, l’isotope le plus abondant.

Depuis le XIXe siĂšcle, on assiste Ă  une consommation croissante du soufre en raison de la chimie et du blanchiment de la soie et de la laine. La production d’acide sulfurique, d’allumettes et de poudre Ă  canon y contribue Ă©galement. À partir de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, cette forte demande touchera aussi le domaine de l’agriculture, car les propriĂ©tĂ©s fongicides et dĂ©sinfectantes du soufre seront trĂšs apprĂ©ciĂ©es. À la fin du XIXe siĂšcle, le vignoble Ă  lui seul consomme 100 000 Ă  150 000 t/an. Les sulfates de potassium, d’ammonium et de magnĂ©sium sont aussi trĂšs demandĂ©s pour fabriquer divers engrais. Cela conduit alors Ă  la construction de sublimeries et de tritureries de soufre. Des dizaines de ces usines se trouvent autour des villes comme Bordeaux, Marseille, SĂšte, Frontignan, Montpellier et Narbonne afin de rĂ©pondre aux besoins des vignerons. Pendant que la demande industrielle et agricole augmentait, une grosse production de soufre Ă©tait rĂ©alisĂ©e par la dĂ©sacidification de certains gaz naturels. La production de carburants dĂ©soufrĂ©s a Ă©galement marquĂ© cette pĂ©riode. Ce type de carburant Ă©tait imposĂ© par un nombre croissant de lĂ©gislations visant Ă  diminuer les pluies acides et la pollution de l’air.

Actuellement, le soufre triturĂ© ventilĂ© ou micronisĂ© est encore utilisĂ© en agriculture biologique et chez les particuliers en tant que rĂ©pulsif, acaricide et fongicide. Cependant, son utilisation devrait ĂȘtre modĂ©rĂ©e sur certaines cultures. Bien qu’il soit peu actif sous 18 °C et optimal Ă  23-25 °C, il peut devenir phytotoxique au-delĂ  de 35 °C dĂ©pendant de la nature des formulations. De plus, ce produit donne un goĂ»t soufrĂ© au jus de raisin ou au vin.

Zoom sur les diverses formes de soufre employées en agriculture

Comme le soufre n’est pas soluble dans l’eau, il est gĂ©nĂ©ralement utilisĂ© sous forme de poudre dispersable par poudrage ou en solution en agriculture. Selon ces critĂšres, ci-dessous les formes les plus rencontrĂ©es :

  • le soufre triturĂ© ventilĂ© (d’un diamĂštre de 100 Ă  15 ”m) est destinĂ© au poudrage ;
  • le soufre sublimĂ© (d’un diamĂštre de 15 Ă  5 ”m) est Ă©galement destinĂ© au poudrage ;
  • le soufre micronisĂ© (de diamĂštre infĂ©rieur Ă  5 ”m) est destinĂ© Ă  la dispersion en solution aqueuse ;
  • le soufre micronisĂ© atomisĂ© (de diamĂštre infĂ©rieur Ă  5 ”m, Ă  granulomĂ©trie rĂ©guliĂšre) est destinĂ© Ă  la dispersion en solution aqueuse ;
  • la suspension concentrĂ©e (d’un diamĂštre de 3 Ă  2 ”m) est un soufre mĂ©langĂ© Ă  de l’épaississant et est destinĂ©e Ă  la dispersion en solution aqueuse.

Dans le domaine de l’agriculture, le soufre constitue l’un des Ă©lĂ©ments les plus largement employĂ©s, quelle que soit sa forme.

La pollution et l’acidification des milieux par le soufre

Comme le carbone, le phosphore, l’azote, l’eau et l’oxygĂšne, le soufre est un Ă©lĂ©ment essentiel Ă  la vie et possĂšde son propre cycle de vie. On appelle ce dernier le cycle mondial du soufre. La brĂ»lure du pĂ©trole, du charbon et du gaz modifie ce cycle en acidifiant l’air, la mer, les sols, les pluies ainsi que les Ă©cosystĂšmes. Cela s’effectue par Ă©mission de dioxyde de soufre et de soufre rĂ©actif.

En 2020, une importante quantitĂ© de soufre est introduite dans le sol par le biais des pesticides et des engrais. Leurs effets Ă©cologiques « majeurs » se rĂ©vĂšlent en cascade sur le long terme, mais sont pourtant sous-Ă©tudiĂ©s. Selon Eve-Lyn et al. (2020), l’analyse du cycle du soufre implique Ă©galement l’étude des rĂŽles intĂ©grĂ©s du climat, de l’hydrologie et d’autres cycles d’élĂ©ments dans le changement des processus et des flux du soufre. Cela concerne l’intĂ©rieur et l’entourage des zones de sources agricoles. Les agriculteurs, les scientifiques, les autoritĂ©s de rĂ©gulation et les gestionnaires des terres engagĂ©s dans la transition vers l’agroĂ©cologie sont impliquĂ©s dans cette Ă©tude.

De nos jours, les carburants sont plus ou moins dĂ©soufrĂ©s, mais la modification anthropique du cycle du soufre n’est pas encore terminĂ©e. Une fois les hydrocarbures facilement accessibles Ă©puisĂ©s, l’industrie d’extraction des ressources fossiles se tournera vers les hydrocarbures non conventionnels. Ces derniers sont souvent plus riches en soufre et en d’autres contaminants que les hydrocarbures conventionnels. En parallĂšle, la rĂ©glementation devrait imposer Ă  la marine marchande d’employer des carburants nettement moins soufrĂ©s. Il est Ă  noter que celle-ci est actuellement responsable de 75 % des Ă©missions d’oxyde de soufre. Ainsi, le soufre ne figure pas sur la liste des Ă©lĂ©ments qui risquent de manquer. Au contraire, il sera excessivement prĂ©sent dans les sols agricoles.

Les sources de soufre

Le soufre est un non-mĂ©tal naturellement abondant et se trouve dans divers minĂ©raux sous forme de sulfures comme la pyrite, la galĂšne et le cinabre. Il compose aussi d’autres Ă©lĂ©ments sous forme de sulfates tels que les vitriols, la barytine et le gypse. Cet Ă©lĂ©ment chimique de symbole S se trouve Ă©galement au niveau des sources chaudes et des fumerolles ainsi que dans les gaz volcaniques.

Le soufre est aussi prĂ©sent en petites quantitĂ©s dans le pĂ©trole et le charbon. Ces derniers produisent de l’anhydride sulfureux, une fois brĂ»lĂ©s. Celui-ci se combine ensuite avec l’eau prĂ©sente dans l’atmosphĂšre pour produire les pluies acides. C’est pourquoi les normes sur les carburants exigent davantage que le soufre soit extrait des combustibles fossiles. Ce minĂ©ral extrait est alors raffinĂ© et reprĂ©sente une majeure partie de production de soufre.

On rencontre une extraction du soufre le long de la cĂŽte du golfe du Mexique selon le procĂ©dĂ© Frasch. Ce dernier consiste Ă  chauffer de l’eau liquide Ă  160 °C et de l’injecter dans le gisement de soufre, ce qui le fait fondre. Ensuite, de l’air comprimĂ© est injectĂ© dans le puits afin de remonter le soufre fondu Ă  la surface. Des navires spĂ©cialisĂ©s dĂ©nommĂ©s soufriers sont utilisĂ©s si le soufre transportĂ© est en grande quantitĂ©.

Calendrier

Dans le calendrier républicain français, le mois de nivÎse correspond à la période du 21 décembre au 19 janvier du calendrier grégorien. Le quatriÚme jour de ce mois porte le nom de Soufre.


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