Méthodes d’extraction et de production du safran
Les filaments sont récoltés à maturité et suivent des processus de transformation stricts.
La récolte
Cette étape primordiale conditionne la qualité finale de l’épice. Elle est généralement réalisée en octobre-novembre, dès l’apparition des premières fleurs après les gelées. Les stigmates ne doivent être cueillis que le matin alors qu’ils sont encore humides de rosée. Le prélèvement des trois filaments rouge-orangé exige délicatesse.
Une fois récoltés, les fils subissent un rigoureux tri manuel afin d’éliminer toute impureté telle que les étamines ou les sépales résiduels. Seuls les stigmates les plus longs et ayant les teintes les plus vives seront conservés.
Le séchage
Les fils subissent une opération délicate de séchage destinée à favoriser leur conservation. Traditionnellement, ils sont étalés sur une dizaine de jours à faible température dans un endroit aéré, à l’abri de l’humidité. Cette déshydratation lente optimise les qualités organoleptiques.
Afin de répondre à la demande croissante, des producteurs ont développé un système artificiel. Les récoltes sont exposées à une ventilation de 30 °C à 35 °C pendant quelques heures. Bien maîtrisée, cette technique concilie rapidité et préservation de la couleur et des arômes.
Quelle que soit la méthode, des contrôles stricts garantissent l’achèvement du séchage lorsque les fils se détachent souplement de la plante. Ils sont alors hygrométriquement stables. Les pigments et les molécules volatiles sont plus concentrés. Ils assurent leur bonne conservation.
L’extraction des pigments
L’infusion consiste à plonger les filaments dans de l’eau bouillante, puis à laisser reposer quelques heures. Le liquide s’imprègne alors de la coloration du safran. La macération implique une immersion plus poussée, allant jusqu’à quelques semaines. Dans certains cas, les producteurs utilisent de l’alcool. Le solvant solubilise progressivement les composés d’intérêt.
Ces liquides chargés sont ensuite concentrés, généralement par évaporation lente à basse température. Le procédé a pour but d’accroître l’intensité de la teinte tout en préservant les arômes. Selon la méthode utilisée, les extraits pigmentés peuvent être liquides ou solides.
L’extraction des composés volatils
Il existe différents procédés permettant d’obtenir ces éléments.
La distillation à la vapeur d’eau consiste à porter à ébullition les stigmates. Les molécules terpéniques sont ainsi entraînées par la buée dans le collecteur, sous forme d’huile essentielle.
L’extraction par solvant organique implique de pulvériser de l’éthanol ou d’autres solvants sur les filaments. Cette opération est réalisée dans une enceinte hermétique. Les terpènes sont solubilisés, puis récupérés après filtration.
Quelle que soit la méthode employée, l’essence obtenue subit une dernière étape de concentration. Les producteurs optent généralement pour une évaporation du solvant résiduel. L’huile orange obtenue a des senteurs intenses. Son dosage précis est crucial en aromathérapie ou parfumerie.
Les formes commercialisées
Les filaments entiers séchés sont présentés dans leur forme naturelle. Ils sont destinés à l’épice ou à des macérations culinaires. Ils permettent d’exploiter au mieux leurs arômes, leurs pigments et leurs principes actifs.
La poudre de stigmates est issue du broyage fin des filaments. Elle facilite la solubilisation de cette épice, notamment pour les préparations culinaires ou médicinales. Les liquides à base de safran macéré font référence aux teintures hydroalcooliques et aux sirops. Ils sont obtenus par infusion longue des stigmates dans un solvant. Ils sont adaptés aux utilisations alimentaires ou cosmétiques.
L’essence de safran obtenue par distillation constitue le produit le plus abouti. Elle se présente sous forme d’huile dense et odorante. Elle trouve des applications en aromathérapie et en parfumerie. Sa composition concentrée en terpènes permettant d’exploiter pleinement ses arômes subtils.
La production industrielle
La demande croissante de safran a favorisé les productions industrielles tout en cherchant à maîtriser la qualité. Grâce à l’automatisation, la récolte des fleurs à pleine maturité se fait mécaniquement. Les outils optiques et les racleurs sont programmés pour séparer les stigmates en délicatesse. Dans les usines, le séchage se fait dans des chambres climatisées contrôlant humidité et chaleur. Les extractions par solvants sont également automatisées. Les procédés respectent des cahiers des charges exigeants et différentes normes ISO. Ils garantissent la traçabilité depuis la plantation. Chaque étape fait l’objet d’analyses physico-chimiques poussées par HPLC et GC-MS pour vérifier la teneur et stabilité des pigments et arômes. Les laborantins effectuent régulièrement des tests sensoriels.