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La guède

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Caractéristiques de la Guède

  • Nom : Guède
  • Règne : Plantae
  • Sous-règne :
  • Division : Magnoliophyta
  • Classe : Magnoliopsida
  • Sous-Classe : Magnoliidae
  • Ordre : Brassicales
  • Sous-Ordre :
  • Famille : Brassicaceae
  • Sous-Famille :
  • Genre : Isatis
  • Espèce : Isatis tinctoria

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La guède : son étymologie, son histoire, son origine, sa description, ses variétés, sa culture, ses propriétés médicinales, ses contre-indications et ses autres utilisations

Originaire d’Asie centrale, la guède pousse aussi en Europe méridionale, dans le sud de la Russie et autour de la Méditerranée. Les botanistes l’appellent Isatis tinctoria, mais le grand public le connaît sous le nom de pastel, de pastel des teinturiers ou d’isatis. Ses traces archéologiques remontent à la Préhistoire et son utilisation a traversé les siècles. De nos jours, la guède est employée comme plante médicinale, fourragère, mellifère, ornementale et tinctoriale.

Guède : étymologie et autres appellations

On retrouve le radical germanique waizdo de « guède » dans les termes allemand « waid », anglais « woad » et italien « guado ». Ce mot est un nom vernaculaire français employé pour désigner la même plante.

La guède est également appelée pastel des teinturiers, isatis ou simplement pastel. Son appellation scientifique, Isatis tinctoria, a été attribuée par Carl von Linné en 1753. Le mot « isatis » dérive du latin isatis, lui-même issu du grec ancien ísatis, qui désigne une laitue produisant une teinture indigo. L’épithète spécifique « tinctoria », quant à elle, provient du latin tinctura qui signifie « teinture ». Le mot « pastel » désigne la plante Isatis tinctoria, la matière colorante bleue issue de celle-ci et la nuance de bleu fournie par cette teinture.

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Histoire de l’utilisation et de la culture de la guède

L’histoire de l’utilisation et de la culture de la guède est traçable période par période.

Pendant la Préhistoire

Les premières traces archéologiques du pastel remontent à la période néolithique, notamment dans la grotte de l’Adaouste située dans les Bouches-du-Rhône, en France.

Pendant l’Antiquité

L’isatis était cultivé en Mésopotamie et dans l’Égypte romaine. Les Égyptiens coloraient les bandelettes de momification avec cette nuance de bleu indélébile. Des impressions de graines sur des poteries ont été trouvées dans un habitat de l’âge du fer situé en Allemagne. À cette époque (entre 1200 et 550 av. J.-C.), l’utilisation de la guède était attestée en Europe du Nord. Les Celtes vivant en Écosse se peignaient le corps avec du pastel et combattaient nus en vue d’effrayer l’ennemi. Ils étaient surnommés les « Pictes » par les Romains à cause de leurs peintures de guerre. Le papyrus de Stockholm décrit la récolte, le broyage et le séchage du pastel des teinturiers. Ce recueil datant du IIIe siècle explique aussi la fabrication, la cuisson et la méthode d’application de la teinture.

Dans la partie occidentale de l’Empire romain, l’isatis était cultivé au sud et au centre de la péninsule italienne. Dans « Les Commentaires sur la guerre des Gaules », Jules César raconte que les Brittons se teignaient le corps avec de l’uitrum avant de partir en guerre. Celui-ci est apparenté aux formes germaniques de la guède. Les Romains tiraient de cette plante une teinture bleu terne avec laquelle ils peignaient les uniformes de travail des paysans et des artisans. La trace archéologique prouvant l’existence de l’isatis en Angleterre à l’âge du fer était établie plus tard par Hall, en 1992.

Dans le livre XXII de son œuvre « Histoire naturelle », le naturaliste romain Pline l’Ancien parle de certaines cérémonies sacrées en Gaule. Les épouses et les brus des Bretons avançaient nues, toutes barbouillées de glastrum (une plante ressemblant au plantain) afin d’imiter la couleur des Éthiopiennes. Selon le latiniste Jacque André et le traducteur de Pline, Stéphane Schmitt, ce glastrum serait l’Isatis tinctoria.

Le premier usage de la guède en Asie remonte au Ier siècle. Cette plante servait de base dans la fabrication des teintures indigo. En médecine traditionnelle chinoise, elle était employée avec d’autres végétaux pour traiter les oreillons, la gastroentérite, les IVRS, l’encéphalite et l’amygdalite. La préparation Yin qiao jie du pian regroupe par exemple dix plantes, dont l’isatis, afin de traiter la grippe à son premier stade.

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Au Moyen Âge

En Europe, le noir, le blanc et le rouge étaient les couleurs de base des cultures anciennes. Le bleu n’était devenu à la mode qu’à partir du XIIe siècle. La Vierge Marie, presque toujours habillée d’une couleur sombre, commençait à être vêtue de bleu dans la peinture européenne.

Entre les XIIe et XVe siècles, la culture de la guède s’est développée en Picardie. L’exploitation de ses capacités tinctoriales a permis à la ville d’Amiens de s’enrichir. Cependant, la guerre de Cent Ans a mis fin à la culture de cette plante dans cette région. En revanche, le bleu était devenu un produit de luxe, si bien que son commerce avait permis au Lauragais de prospérer. Il s’agit de la région culturelle et historique rassemblant Carcassonne, Albi et Toulouse. Cette dernière a fait fortune grâce au pastel entre 1460 et 1560, et est devenue le « Pays de Cocagne ». Florissante, l’industrie textile italienne réclamait un gros volume de guado (pastel), ce qui a favorisé une production locale en Piémont, en Lombardie et en Toscane. L’Italie avait également dû s’approvisionner auprès de l’Allemagne et de la France.

Durant les Temps modernes

Les vertus médicinales de la racine d’isatis sont revenues sur le devant de la scène en 2003 à la suite de l’épidémie de pneumonie atypique. Comme pour la formule de Pharmacopée chinoise Yin qiao jie du pian, la guède figurait sur la liste des ingrédients de certaines préparations à base de plantes.

Origine de la guède

Le pastel des teinturiers est originaire d’Asie centrale. Cependant, elle s’est bien adaptée au climat de l’Europe méridionale, du bassin méditerranéen et du sud de la Russie.

Description botanique de la guède

L’Isatis tinctoria est une plante bisannuelle ou pérenne à courte vie. Il est généralement monocarpique, c’est-à-dire qu’il ne fleurit et ne fructifie qu’une seule fois avant de mourir. La première année, il forme une rosette de feuilles basales pétiolées, oblongues lancéolées et de couleur vert glauque. Si, pendant la deuxième année, les conditions environnementales ne permettent pas aux graines de se former, la guède reste à l’état de rosette un an de plus.

En général, la seconde année, l’isatis émet une à cinq tiges dressées et robustes qui peuvent atteindre 1,50 m de hauteur. Avec une partie inférieure oblancéolée et une zone supérieure lancéolée, des feuilles sessiles de plus en plus petites s’y étagent. Marquées par une nervure centrale blanche, elles sont de couleur vert bleuâtre ou vert brillant, selon les variétés.

Les fleurs de la guède sont jaunes et rassemblées en grappes de manière à former une panicule corymbiforme dressée. Chacune d’elle est relativement petite, car elle mesure entre 3 et 4 mm. Elle est composée de quatre pétales jaunes en croix, de quatre sépales verts de 2 mm, de quatre étamines, de deux carpelles ouverts et de nectaires annulaires.

L’isatis fleurit entre avril et juin. Ses fruits sont des siliques de 10 à 20 mm de long. Ils sont pendants, oblongs en coin et de couleur brun noirâtre. Leurs graines brunes sont ailées et mesurent entre 2 et 3 mm de long.

Variétés et sous-espèces de la guède

La forme du fruit ainsi que la taille et l’apparence des oreillettes des feuilles caulinaires sont nombreuses pour la guède. Comme variétés, on cite les Isatis tinctoria canescens, indigotica (pastel de Chine), praecox, tinctoria, vulgaris et yezoensis. Comme sous-espèces, on retrouve les Isatis tinctoria athoa, campestris, corymbosa, jacutensis, oblongata, tomentella, etc.

Habitat et culture de la guède

Le pastel des teinturiers occupe naturellement les sols secs, les bords de chemin et les friches. Il affectionne aussi les pelouses méditerranéennes, les fossés, les dalles rocheuses et les régions à hiver doux et pluvieux. Si vous souhaitez en planter, choisissez une zone découverte, ensoleillée et bien drainée. Le sol doit être riche, argileux et calcaire. Les jeunes plants sont souvent proposés en godet dans les foires aux plantes. La saison idéale pour les mettre en terre est le printemps. Un semis en fin d’hiver (entre mi-février et fin mars) laisse prévoir une récolte en juin. Dans le Lauragais, le semis a lieu au mois d’août.

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Pour la plantation, ameublissez le sol en profondeur, plantez la motte et arrosez. En ce qui concerne l’entretien, l’isatis n’a pas besoin d’arrosage en cours de saison. Vous pouvez toutefois désherber, si besoin. Afin de favoriser une remontée des fleurs en été, coupez les fruits. Rabattez les tiges sèches en fin d’automne pour permettre à la plante de redémarrer, car elle part des rosettes de feuilles au printemps. Aucun nuisible ni aucune maladie n’attaque particulièrement le pastel.

La récolte des fleurs et des feuilles destinées à un usage thérapeutique est possible tout le long du printemps et de l’été. Celle des graines de guède peut avoir lieu dès juin, notamment quand les fruits sont noirs. Si le but de la récolte est la fabrication de teinture, il convient de ramasser les feuilles entre juin et novembre, idéalement sur des plants non fleuris.

Composition chimique, propriétés et posologie de la guède en phytothérapie

De nombreuses études scientifiques menées en Europe et en Chine ont permis d’isoler plus de 65 composés contenus dans l’Isatis tinctoria. Le postdoctorant Junfeng Chen les a classés en trois catégories : les alcaloïdes (46), les phénylpropanoïdes (8 lignanes et 10 flavonoïdes) et les terpénoïdes. Parmi les composés chimiques intéressants en raison de leurs propriétés pharmacologiques, on cite les glucosinolates (glucobrassicine, néoglucobrassicine, glucobrassicine-1-sulfonate…) qui aident à prévenir le cancer. On retrouve la tryptanthrine qui a un effet anti-inflammatoire sur l’œdème de la patte de souris et une activité inhibitrice de l’asthme induit par allergènes. Ce composé aide aussi à lutter contre le parasite responsable de la toxoplasmose. L’indirubine et son dérivé, le méisoindigo, entrent dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique. L’huile de graines de guède contient également des acides gras, dont l’acide érucique qui aide à réparer la structure du cheveu et qui nourrit les ongles. Elle comporte aussi des acides oléique (réduisant les risques de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires) et linoléique (contribuant à maintenir une cholestérolémie normale). L’acide palmitique de cette huile a des pouvoirs nettoyants, émulsifiants et émollients, tandis que l’acide linolénique a un effet anti-inflammatoire, réparateur et hydratant.

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Grâce à ses nombreux composés chimiques, le pastel des teinturiers est employé pour traiter les infections virales et respiratoires. Dans la médecine traditionnelle chinoise, il est toujours préconisé pour soigner divers maux. Sa racine est connue pour rafraîchir le sang, évacuer la chaleur pathogène et éliminer les toxines du sang. Elle est donc utilisée en cas de fièvre, de grippe, d’infections cutanées, d’hépatite, de méningite, d’encéphalite, d’abcès, de parotidite et d’érysipèle. Sa feuille, quant à elle, est antiseptique, contrepoison, antiphlogistique et antipyrétique. Elle est indiquée en cas d’érysipèle également, de gorge sèche et irritée, d’irritations cutanées dues à la chaleur, d’évanouissement et de délire.

La guède, que ce soit les racines ou les feuilles, s’utilise rarement seule. Le plus souvent, elle entre dans la composition de remèdes préparés à base de plusieurs plantes. Sa posologie requiert l’avis d’un praticien formé à la médecine chinoise.

Contre-indications et effets indésirables de la guède utilisée comme plante médicinale

L’isatis est contre-indiqué quand la personne est faible ou ne présente aucun symptôme spécifique. Il ne doit pas non plus être pris sur de longues périodes. Le cas échéant, cette plante risque de nuire à la digestion.

L’extrait purifié d’indirubine peut engendrer une thrombocytopénie, des troubles gastriques et parfois une dépression médullaire.

Autres utilisations de la guède

L’Isatis tinctoria est aussi connu pour être une plante fourragère, mellifère, ornementale et tinctoriale.

En tant que plante fourragère

Au XVIIIe siècle, les moutons étaient envoyés paître dans les champs de pastel après la dernière coupe d’automne. De nos jours, l’isatis est encore cultivé et destiné à l’alimentation animale.

En tant que plante mellifère

Cette plante mellifère est particulièrement appréciée des abeilles et d’autres insectes.

En tant que plante ornementale

Grâce à ses fleurs de couleur jaune vif apparaissant entre avril et mai, le pastel des teinturiers est utilisé comme plante décorative.

En tant que plante tinctoriale

Dès qu’elles commencent à jaunir, les feuilles de guède sont récoltées et subissent plusieurs traitements. Elles sont lavées, séchées et broyées de manière à donner une pâte. Une fois séchée et durcie, cette dernière est ensuite écrasée et mise manuellement en boule. Appelées « cocagnes » dans le Lauragais, ces grosses boules continuent à être séchées pendant un à deux mois. Une fois déshydratées, elles peuvent être transportées et commercialisées auprès des teinturiers pour servir à la préparation de la matière tinctoriale.

Les cocagnes sont écrasées avec des maillets et éventuellement réduites en poudre. Puis, elles sont aspergées d’eau de rivière ou d’urine pour déclencher la fermentation. Selon l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, la matière s’échauffe et fume. La pâte est régulièrement remuée à la pelle. Une fois sèche, elle donne une poudre tinctoriale de couleur noire dénommée « agranat ». Celle-ci est mise en baril ou en sac pour faciliter son transport.

La teinture bleu pastel s’obtient par oxydation du jus verdâtre obtenu à partir des granulés d’agranat. Elle donne aussi un sous-produit qui est le pigment utilisé en peinture et en dessin. Pour l’obtenir, il convient de recueillir l’écume produite lors des bains de teinture, de la sécher et de la réduire en poudre. Incorporé à du carbonate de calcium, ce pigment est employé dans la fabrication des bâtonnets, connus sous le nom de « pastels ».

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