
Caractéristiques du Houblon
- Nom : Houblon
- Règne : Plantae
- Sous-règne : Viridiplantae
- Division : –
- Classe : Equisetopsida
- Sous-Classe : Magnoliidae
- Ordre : Rosales
- Famille : Cannabaceae
- Sous-Famille : –
- Genre : Humulus
- Espèce : Humulus lupulus
Le houblon ou houblon grimpant ou Humulus lupulus est une plante appartenant à la famille des Cannabacées. Il s’agit d’une espèce dicotylédone originaire de l’hémisphère Nord. Cette plante herbacée grimpante est généralement exploitée pour ses cônes. Celles-ci comportent un certain nombre de métabolites secondaires utiles dans le domaine de la brasserie.
Le Humulus lupulus est une plante vivace et ligneuse qui a un port rampant ou grimpant selon l’environnement dans lequel il est cultivé. Il ressemble à une liane dotée de tiges herbacées et d’une racine imposante. Ses tiges sont particulièrement longues et peuvent atteindre plus de 10 m de long. Ses feuilles se distinguent par leur bord dentelé et leur caractère lobé.
Humulus lupulus est une espèce dioïque, bien qu’il existe des exceptions chez des populations sauvages présentes en Amérique du Nord. Les fleurs staminées et pistillées sont portées par des pieds différents.
Le terme générique Humulus serait un nom dérivé du mot humus, une matière organique riche présente dans le sol. Pour le biologiste et botaniste français Auguste Jean Baptiste Chevalier, l’origine du nom Humulus serait plutôt le nom suédois du houblon « Humle».
Le nom lupulus est une appellation latine issue de lupus, signifiant « le loup ». Ce terme a été utilisé par un certain nombre d’auteurs bien avant le naturaliste suédois Carl Von Linné. En 1407, le nom français « houblon » a été modifié en « houbelon ». Il a ensuite été ramené à « houblon » en 1444.
Outre les appellations normalisées et vulgarisées de la plante, l’espèce bénéficie d’un certain nombre de noms vernaculaires :
Par ailleurs, le nom usuel « houblon à bière » reflète l’usage de la plante dans les brasseries.
Le houblon est une plante indigène dans la plupart des pays de l’hémisphère Nord. Cette espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl Von Linné dans son ouvrage Species plantarum publié en 1753. En outre, l’écrivain et naturaliste romain Pline l’Ancien la mentionne sous le nom de Lupus salictarius dans son œuvre Histoire naturelle. Toutefois, la description de la plante dans ce texte en latin ne permet pas d’affirmer qu’il s’agissait du houblon. Leonhart Fuchs, un botaniste allemand, a fait ce rapprochement en 1542 dans son livre intitulé De historia stirpium commentarii insignes paru à Bâle.
L’usage du houblon dans la fabrication de bière est relaté dans un ancien document d’Adalard de Corbie datant de l’an 822. Trois siècles plus tard, son rôle dans la conservation de la bière a été décrit dans l’ouvrage Liber simplicis medicinae ou Physica de Hildegarde de Bingen.
Les premières traces de la culture du houblon remontent au IXe siècle. En Allemagne, cette plante a été cultivée pour la première fois entre 859 et 875 apr. J.-C. En Europe médiévale, cette plante était ajoutée aux boissons consommées par le peuple. En Angleterre, une loi avait été instaurée en 1603 dans le but d’éviter les malfaçons lors de l’achat ou de la vente de Humulus lupulus. Les premières procédures de contrôle qualité sont ainsi nées.
En 1516, en Bavière, le duc Guillaume IV avait édicté une loi sur la pureté de la bière nommée « Reinheitsgebot ». À partir de cette date, seuls l’eau, l’orge et le houblon étaient autorisés pour fabriquer cette boisson, éliminant de fait les autres composants. À cette époque, les autres ingrédients, tels que la levure, n’étaient pas encore connus.
Les colons furent les premiers à cultiver cette espèce en Amérique du Nord dans les années 1629. Ils ont installé une plantation de 18 ha en vue d’une production commerciale du houblon. De même, celle-ci servait à approvisionner une brasserie appartenant à la colonie de la baie du Massachusetts. Cet État américain a été pendant longtemps le premier fournisseur local en houblon jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Par la suite, d’autres États, comme la Nouvelle-Angleterre, se sont intéressés à cette culture.
En 1803, les premiers plants de Humulus lupulus ont vu le jour en Nouvelle-Galles-du-Sud en Australie.
Outre sa culture par l’Homme, le houblon possédait autrefois une certaine valeur pour l’écosystème forestier. Des archives mentionnent qu’en 1413, dans la forêt de Mormal du département du Nord, des individus ayant coupé du houblon sauvage avaient écopé d’amendes. Elles n’auraient pas eu les licences requises à cet effet.
Le houblon est une plante hémicryptophyte vivace et lianescente. Elle possède une souche souterraine produisant tous les ans de nouvelles tiges. Elle fleurit le plus souvent en été, soit de juin à septembre, et sa pollinisation est anémogame. Cela signifie que le vent fait la majeure partie du travail de reproduction de la plante.
Les inflorescences femelles, plus communément appelées « cônes », renferment au moins 1 000 composés chimiques. Des isomères dérivés d’un certain nombre de substances naturelles en font partie. Il s’agit de métabolites secondaires qui comptent, par exemple, des polyphénols, des protéines, des huiles essentielles et des résines. Dans un cadre économique, les composants les plus intéressants sont les acides amers et les huiles essentielles volatiles. De plus, une activité œstrogénique due à des flavonoïdes prénylés a également été identifiée. Peu d’études ont été réalisées concernant les composants des autres parties de la plante. Les acides amers bêta et acides alpha composent entre 5 et 20 % du poids total des cônes matures. L’adhumulone, la cohumulone et l’humulone sont considérés comme les plus principes actifs les plus importants. En effet, ils conditionnent la qualité du houblon.
Les bractées des cônes du houblon contiennent principalement des polyphénols. Leur teneur se situe entre 4 et 14 %, en fonction du climat ainsi que des variétés utilisées. Ces composés se regroupent généralement en :
D’autres substances polyphénoliques comme les glucosides multifidols et les flavonoïdes prénylés sont aussi présentes dans cette plante.
L’huile essentielle de houblon est secrétée par les glandes de lupuline. Sa teneur est de 0,5 à 3 % de la matière sèche. L’odeur caractéristique de la plante, sa saveur ainsi que les arômes spécifiques de la bière proviennent de cette substance. Cette huile essentielle renferme environ 400 composants qui peuvent être classés en trois grandes catégories :
Ces derniers sont les plus abondants dans l’huile (50 à 80 % de sa totalité).
Le houblon contient deux types de résines que l’on peut solubiliser à froid avec de l’éther et du méthanol. Il s’agit de résines dures insolubles et de résines molles solubles dans de l’hexane. D’une manière générale, les premières résultent de l’oxydation des secondes. Dans les cônes entiers, leur proportion est de 3 à 5 % contre 10 à 25 % pour les résines molles. Ces valeurs peuvent varier selon un certain nombre de facteurs (variétés de houblon, climat…).
Le processus d’oxydation du Humulus lupulus durant son stockage entraîne souvent la baisse de la teneur en acide alpha. Pour y remédier, du houblon brut sera ajouté au moût afin de donner son goût amer à la bière.
Dans un objectif de production de bière, seuls les plants de houblons femelles non fécondés sont exploités. Les mâles sont habituellement écartés des haies environnantes et des houblonnières voisines pour éviter toute création de graines. Celles-ci peuvent effectivement passer à un état d’oxydation et générer des effluves qui altèrent la qualité de la bière. Dans des régions spécifiques de l’Angleterre en revanche, des Humulus lupulus mâles sont intégrés aux plantations femelles afin d’optimiser le rendement à l’hectare.
La pérennité d’une houblonnière est généralement importante. Sa durée de vie peut facilement aller jusqu’à plus de 20 ans. Cependant, sa création demande un gros investissement, puisqu’il faut environ 20 000 euros à l’hectare. De plus, la première récolte ne peut être réalisée qu’au bout de trois années de culture.
Le houblon se multiplie le plus souvent par bouturage et marcottage. Une reproduction végétative à travers les rhizomes est également faisable. La culture du houblon est ainsi possible en se servant des souches déjà présentes. Si des semis sont effectués, les graines doivent passer par une levée de dormance pour obtenir une germination. La densité recommandée est de 2 500 à 3 000 pieds par hectare.
En outre, l’apport en fertilisants se fait en fonction du type de sol et du cultivar choisi. Afin de produire de la matière organique, de l’engrais vert est semé en été. Du bore (un minerai) est souvent appliqué, dans l’objectif d’améliorer le rendement. Cette opération est indispensable lorsque la teneur du sol en cet élément est inférieure à 1,5 ppm.
En septembre, les cônes matures sont récoltés. Ils sont ensuite séchés sous une chaleur artificielle ou dans des claies. Le but est de réduire l’humidité à un taux de 6 %. La procédure d’emballage commence par la suite. Les houblons sont alors traités avec du dioxyde de soufre. Cette étape est indispensable afin d’empêcher la dégradation des principes actifs et pour améliorer la couleur des cônes.
Une fois que le Humulus lupulus est bien conservé dans un milieu à atmosphère inerte, il reste intact durant trois ans. Lorsque la récolte a été effectuée, une étape de transformation est parfois nécessaire. L’objectif est de simplifier le stockage, le transport et la conservation du produit.
Les régions à climat tempéré sont les plus favorables à la culture du houblon. En effet, elles offrent les meilleures conditions pour une croissance optimale de la plante. La température, la durée d’exposition, les précipitations, ainsi que la fertilité du sol sont parfaites pour le développement de cette espèce.
Soixante-douze pour cent des champs de culture de houblon (à l’échelle mondiale) se trouvent aux États-Unis et en Allemagne. Outre ces pays, l’Australie, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Pologne, la Chine et la Tchéquie (anciennement République tchèque) produisent également, et notablement, cette plante. La France, quant à elle, est classée au 10ᵉ rang mondial, avec une production de 822 tonnes en 2019.
Dans l’Hexagone, la culture de houblon se concentre principalement dans l’Est et dans le Nord. En Belgique, des exploitations sont localisées dans la région de Poperinge et s’étalent sur une superficie d’environ 180 ha.
Les cultivars de houblon se classent en deux catégories. L’une se compose de variantes traditionnelles européennes et l’autre est une variété de houblon sauvage originaire d’Amérique du Nord. Néanmoins, une variation génétique plutôt limitée est constatée, en comparaison avec les principaux cultivars de la plante. Les plus modernes, en revanche, disposent de caractéristiques telles qu’une proportion élevée en acide alpha et une résistance aux maladies. Ses spécificités proviennent notamment du houblon sauvage.
Le terme « houblon noble » désigne les variétés moins amères, mais riches en arômes. Il s’agit en fait d’une expression commerciale. Quatre cultivars européens forment ce type de produits, à savoir :
La particularité des houblons nobles est la qualité de leurs arômes. Cela s’explique par leurs compositions qui leur permettent d’avoir une amertume constante, même en vieillissant.
À l’origine, l’Humulus lupulus était originaire de la zone eurasiatique Nord-Américaine et Méridionale. Sa domestication a été faite pour la première fois en Europe centrale. Actuellement, cette plante est naturalisée en Amérique du Sud, en Afrique et en Australie. Cependant, les cultivars européens ayant été introduits par les colons sont considérés comme des variétés botaniques. Ceux-ci peuvent s’hybrider plus ou moins facilement avec les houblons sauvages d’Amérique.
L’habitat type du houblon compte les milieux médioeuropéennes, les neutrophiles ainsi que les mégaphorbiaies. L’espèce est hygrophile et affectionne les substrats riches en nutriments. Dans la nature, le houblon se retrouve sur les talus, dans les haies, sur les bords des cours d’eau, dans les clairières et en lisière des bois.
Le houblon est une plante à usages multiples. Outre son emploi dans la fabrication de la bière, il est utilisé dans les domaines culinaire, médicinal et cosmétique.
Depuis le XIIe siècle, les cônes ou inflorescences femelles du houblon servent dans le processus d’aromatisation de la bière. Cet usage a débuté lorsque la moniale bénédictine allemande Hildegarde de Bingen avait découvert leurs vertus conservatrices et aseptisantes. Cette dernière avait également décelé l’amertume faisant leur particularité. Elle a constaté que le houblon avait la capacité de maintenir la qualité, ainsi que la fraîcheur de la bière plus longtemps. Avant cette époque, les cervoises étaient élaborées à partir d’une combinaison d’herbes et d’épices (gruit).
Ainsi, l’utilité du houblon durant le brassage n’est plus à prouver. Il apporte l’arôme et l’amertume caractéristiques de la boisson. Toutefois, il possède d’autres propriétés qui méritent aussi une attention particulière. Au moment de la fermentation, le houblon optimise le travail de la levure et participe activement à la réussite de la texture de la bière. Lors de l’étape d’ébullition, la formation de mousse est réduite. La coagulation des protéines est alors favorisée. Les tanins contenus dans le houblon augmentent le pouvoir réducteur de la bière. Grâce à l’ajout de cet agent actif, la boisson résiste mieux à l’oxydation.
Pratiquement toutes les parties du houblon sont comestibles. Les huiles essentielles, les rhizomes, les graines, les fleurs, les feuilles et les pousses peuvent tous être utilisés dans l’alimentation. Les cônes sont les plus employés dans la fabrication de la bière et dans la préparation de certains plats.
Les jeunes pousses accompagnent un certain nombre de mets. Elles se préparent comme des légumes, en plus de pouvoir être cuites, crues ou concoctées en salade. Elles sont parfaites pour assaisonner les omelettes ou les risottos. Pour cela, choisir des variantes aromatiques beaucoup moins amères est de mise. Le bout des jeunes rameaux, les rejets apparaissant le long des tiges ainsi que les feuilles naissantes sont aussi comestibles. En Hongrie, en Suisse alémanique et dans le sud de l’Allemagne, les boulangers utilisaient un levain au houblon pour leur pain blanc. Il s’agissait d’une pratique populaire au XVe et XVIe siècle. Ce ferment, nommé « hab » en Suisse, se préparait à partir de farine mélangée avec de l’eau de houblon. Enfin, en raison de ses propriétés favorisant le sommeil, cette plante était également consommée sous forme de tisane.
Au début du XXe siècle, des auteurs ont fait part dans leurs ouvrages de l’usage du houblon contre la perte de cheveux. À cette époque, cette espèce végétale était employée comme infusion pour stimuler la pousse capillaire. De même, il possède des effets stomachiques et sédatifs.
Le houblon renferme un composé chimique aux propriétés œstrogéniques appelé 8-Prénylnaringénine ou 8PN (hopéine). Pris sous forme de poudre, le lupulin présente une action galactogène. La présence d’hormone phytoœstrogène explique cette réaction. Les composés amers du houblon, constitués d’acides alpha et bêta, participent à la facilitation de la digestion.
Si l’on se base sur la monographie de la nomenclature internationale des ingrédients, l’extrait de houblon est employé pour divers usages cosmétiques. Il présente effectivement des propriétés antitranspirantes et antimicrobiennes. Il serait efficace pour le traitement des problèmes de peau et de cheveux. Par ailleurs, l’huile de houblon est un composant employé souvent dans la parfumerie.
Connu en Europe depuis plusieurs siècles, le houblon est de nos jours considéré comme une espèce médicinale. En phytothérapie, son usage concerne surtout le soulagement de l’anxiété et des troubles du sommeil. Il est utile pour atténuer les soucis digestifs, notamment les cas d’inappétence, ainsi que les désagréments qui accompagnent la ménopause.
Lorsqu’il est ingéré, le houblon renforce l’efficacité des traitements pour les problèmes de sommeil, grâce à ses propriétés sédatives. Il soulage les spasmes digestifs sans gravité majeure et les crampes de l’estomac. Il dispose aussi d’un effet fébrifuge important.
En outre, le houblon permet de réduire le développement du cancer du sein grâce à l’intervention des phytoœstrogènes. Il aide à venir à bout des troubles sexuels tels que les éjaculations précoces et l’absence de libido. La consommation du houblon apaise les douleurs articulaires liées à l’arthrite ou le rhumatisme. Cette plante est également idéale pour soutenir le fonctionnement des reins en raison de son action diurétique.
Le houblon entre souvent dans la composition de produits cosmétiques. À l’état brut, il sert à réparer et à tonifier les peaux sensibles.
Une infusion de houblon se prépare avec 500 ml d’eau très chaude et 10 g de cônes secs. La décoction ainsi obtenue est à boire matin, midi et soir, après les repas, pour lutter contre les troubles du sommeil.
Le cône de houblon est à utiliser avec prudence chez les personnes atteintes d’un cancer hormonodépendant. La présence d’œstrogènes en est la principale raison. Il est déconseillé de consommer de l’alcool durant la prise d’une décoction à base de cette plante.
Au moins 14 jours avant une intervention chirurgicale, il est recommandé d’arrêter la prise de houblon. En effet, les composés de la plante peuvent avoir une interaction avec les anesthésies.
Les femmes allaitantes et enceintes, ainsi que les personnes allergiques à l’un des principes actifs du houblon, ne doivent pas en ingérer. Enfin, sans un avis d’un professionnel de la santé, la consommation de houblon est fortement déconseillée aux individus bipolaires et à ceux souffrant de dépression.
Puisque le houblon a des effets sédatifs, il peut interagir avec les somnifères ou les antidépresseurs, entre autres.