Un « coup de cœur » des festivités
En janvier 2007, le « Xaphoon Pocket Sax » a été présenté pour la première fois au Namm. Il s’agit d’un célèbre salon de l’industrie musicale qui s’est tenu au Anaheim Convention Center, en Californie. Durant l’événement, il a remporté le prix intitulé Best in Show dans la catégorie Small Goods Rule. Par ailleurs, Bill Clinton, l’ancien président des États-Unis (également saxophoniste), a été envoûté par le son de l’instrument lors de la conférence internationale TED en 2007.
Un emblème de concert
Grâce à sa sonorité semblable à celle d’une clarinette ou d’un saxophone, le xaphoon est joué dans divers contextes musicaux. Les Juifs ashkénazes s’en servent traditionnellement pour accompagner le klezmer, tandis que les artistes contemporains le mélangent au jazz. La flûte a également fait son chemin en Australie et en Amérique, notamment lors des tournées des grands artistes Paul Simon et Mark Stuart. À travers le monde, elle est utilisée dans de nombreux spectacles du Cirque du Soleil. Elle s’adapte également aux gammes musicales turques, aux mélodies du Moyen-Orient et à d’autres styles, hors de la zone européenne.
Un instrument populaire au cinéma
De nombreux réalisateurs de films ont incorporé le saxophone de poche dans la bande originale de leurs œuvres cinématographiques :
- Desperately Seeking Susan : une comédie américaine bouleversante de 1985, produite par Susan Seidelman ;
- The Rapture : un long-métrage dramatique de 1991, écrit et réalisé par Michael Tolkin ;
- The Passion of the Christ : un film épique biblique américain de 2004, produit et coécrit par Mel Gibson ;
- Gran Torino : une œuvre cinématographique américaine réalisée par Clint Eastwood, sortie en 2008 ;
- Wonderful World : une comédie dramatique de Joshua Goldin, réalisée en 2010 ;
- 300 : Rise of an Empire : un film d’action américain de 2014, produit par Noam Murro, d’après un scénario de Zack Snyder et de Kurt Johnstad.
Grâce au cinéma, l’instrument gagne en popularité à travers le monde.
Fonctionnement
Le xaphoon possède une gamme chromatique complète de deux octaves, bien que son créateur le considère avant tout comme un instrument diatonique. Il est disponible en do, en si bémol, en ré et en sol, mais peut être conçu dans toute autre tonalité (sur commande spéciale).
Comment c’est fait ?
La version organique réalisée par Brian Wittman suit un processus de fabrication à la fois long et fastidieux.
La première étape
Ce stade consiste à sélectionner des tiges de bambou brut, puis à les couper à la bonne taille. Elles sont ensuite séchées pendant au moins six mois. Après l’attente, l’artisan reprend le matériau et commence à découper une embouchure en forme de parabole. Il sculpte l’intérieur selon une méthode spécifique, influençant directement sur la qualité du son de l’instrument.
L’accordage
Durant cette étape, le créateur se base uniquement sur sa faculté auditive. Pour ce faire, il souffle une première fois dans le corps creux, puis utilise un accordeur chromatique pour vérifier si la note produite est exacte. Au cas où elle serait imprécise, elle se réaccorde en enlevant des petits morceaux de bambou à l’intérieur de la paroi de la flûte. Le fabricant réalise cette opération de manière habile jusqu’à ce que la note sonne parfaitement.
La finition
L’artisan commence par évaluer l’emplacement des trous, sans aucune référence de mesure spécifique. À l’aide d’un fer chauffé au rouge, il perce le xaphoon aux endroits jugés appropriés. Quelques ajustements peuvent être réalisés aux trous pour s’assurer de l’exactitude de la note. Enfin, le fabricant procède à la touche finale. Autrefois, l’instrument passait par une étape de finition brûlée durant laquelle le créateur le chauffait lentement à l’aide d’une flamme nue. À la fin du processus, la flûte en bambou était recouverte d’une huile minérale, vernie, puis poncée jusqu’à obtention d’une surface plane.
Comment est-il joué ?
L’interprète place l’instrument dans sa bouche (à mi-chemin de l’embouchure), tout en évitant que la lèvre inférieure ne touche l’anche. Il placee les doigts de sa main gauche sur les cinq trous situés près de sa bouche. Ceux de sa main droite, par contre, maintiennent les trous restants. Il est à noter que le pouce droit sert principalement à soutenir l’instrument. Le musicien cale doucement ses dents inférieures avec ses lèvres, puis exerce une légère pression, et souffle.
Apprentissage
En 2006, une école nommée Trondheim Xaphoon og Vorspielensemble a vu le jour en Norvège, permettant de s’initier à l’instrument. De nos jours, ceux qui souhaitent apprendre le xaphoon en autodidacte se tournent vers les nombreux contenus didactiques disponibles en ligne.
Entretien
Pour maintenir le xaphoon en parfait état, certaines pratiques essentielles peuvent être mentionnées.
Les bons gestes à adopter
Afin de préserver sa sonorité, sa jouabilité et sa longévité, il est recommandé de sécher régulièrement la totalité de son corps. Sa partie externe s’essuie généralement à l’aide d’un chiffon doux et sec, de manière à empêcher l’accumulation de saletés. L’intérieur, quant à lui, se nettoie à l’aide d’un mouchoir en tissu. Il est d’abord inséré au niveau du conduit interne, puis tiré vers le haut pour éliminer toute trace d’humidité. Bien qu’il existe des tampons destinés au nettoyage des flûtes, cette option est toutefois déconseillée (au risque d’endommager l’embouchure). La meilleure manière de maintenir l’état du xaphoon est de le ranger dans un étui de protection. Cependant, il est également impératif de ne pas le faire tomber.