Histoire et origine de la workstation musicale
La workstation musicale est apparue vers la fin des années 1970 au Japon. L’émergence des microprocesseurs, des mini-ordinateurs, de la synthèse numérique et du stockage sur disque a permis de combiner les séquenceurs avec les synthétiseurs. Cette technologie s’avère à la fois abordable pour les studios et les producteurs, tout en restant portable pour les artistes.
Le développement des workstations musicales a, en effet, révolutionné l’intégration entre le séquençage et la synthèse. Avant cela, la manipulation était principalement manuelle. Elle impliquait le câblage de composants dans des synthétiseurs modulaires et le stockage des notes via des réglages de potentiomètres dans des séquenceurs analogiques. Cependant, la station de travail a joué un rôle crucial en automatisant et en intégrant les processus de séquençage et de synthèse. Elle a permis de centraliser ces fonctions dans un seul appareil, offrant aux utilisateurs un dispositif musical plus pratique et efficace pour composer, enregistrer et produire du son.
Les stations de travail ont, d’ailleurs, introduit des interfaces conviviales, des fonctionnalités de programmation avancées et des capacités de stockage numérique importantes. Elles ont révolutionné la manière dont la musique électronique était créée et produite.
Les systèmes tels que le Fairlight CMI et le NED Synclavier sont considérés comme des stations de travail à la fin des années 1970. Toutefois, le Korg M1, apparu en 1988, est reconnu comme la première workstation de l’histoire. Le M1 offre seize voix de polyphonie, huit canaux de multitimbralité, un séquenceur MIDI huit pistes pouvant stocker jusqu’à 12 000 notes et deux effets simultanés. Cependant, sa fonction est limitée à la lecture d’échantillons, avec des paramètres de synthèse limités et des possibilités de modulation restreintes.
Korg est rapidement devenue la marque leader des workstations musicales, en perfectionnant le concept avec des modèles tels que le 01/W, le Trinity, le Triton et le M3. L’Oasys, sorti ultérieurement, a atteint son apogée en regroupant différents moteurs de synthèse dans un clavier intégrant une carte PC, un disque dur et un logiciel spécifique tournant sous Linux.
Évolution de la workstation musicale
Les workstations musicales ont connu trois générations avec des technologies clés différentes pour chacune d’entre elles.
Workstations musicales de la première génération
Les débuts des stations de travail remontent aux années 1970 avec des pionniers tels que le Synclavier de New England Digital et le Fairlight CMI (Computer Music Instrument).
Les technologies clés pour la première génération concernent le matériel informatique, la synthèse numérique, le stockage sur disque et le contrôle électronique.
Matériel informatique
L’utilisation de microprocesseurs a permis de transférer des fonctions de contrôle complexes dans des logiciels, rendant les stations de travail plus accessibles. Le Sequential Circuits Prophet-5 figure, par exemple, parmi les premiers à les utiliser pour le stockage et le rappel des paramètres.
Synthèse numérique
Plutôt que de s’appuyer sur des modules de synthèse analogique, les stations de travail ont adopté la synthèse numérique pour créer de nouveaux sons.
Stockage sur disque
Les disquettes ont été largement utilisées pour enregistrer des patchs, des séquences et des échantillons. Elles ont ouvert la voie au stockage sur disque dur dans les modèles des générations ultérieures.
Contrôle numérique
Les signaux de contrôle du clavier étaient numérisés et acheminés vers le processeur de l’ordinateur, offrant une flexibilité et une évolutivité accrues.
Workstations musicales de la deuxième génération
Dans les années 1980, des avancées majeures ont été réalisées avec la création de systèmes de synthèse digitale tels que le Fairlight CMI Series II et le Synclavier. Ils offrent plus de listes d’échantillons et de capacités d’échantillonnage sur disque dur.
Les technologies clés pour la deuxième génération comprennent l’introduction du MIDI (Musical Instrument Digital Interface), l’affichage graphique, l’extension de mémoire et le traitement numérique des signaux
Introduction du MIDI
L’utilisation du MIDI en 1983 a permis le transfert de données sonores entre différents appareils. Elle ouvre la voie à une intégration plus transparente entre les équipements musicaux.
Affichage graphique
Les stations de travail ont adopté des écrans graphiques pour une visualisation plus avancée des paramètres et des formes d’onde.
Extension de mémoire
Les workstations disposent d’une capacité de mémoire suffisante pour stocker des échantillons et des paramètres plus complexes.
Traitement numérique des signaux
Les effets tels que la réverbération peuvent être générés par la station de travail, éliminant le besoin de périphériques externes.
Workstations musicales de la troisième génération
Au cours des années 1990, les stations de travail musicales sont devenues plus compactes et ont intégré des fonctionnalités avancées telles que l’échantillonnage, le séquençage et la génération de timecode SMPTE.
Leurs technologies clés incluent une mémoire de haute capacité, des bibliothèques d’échantillons, une alimentation sur batterie et l’interopérabilité avec les ordinateurs personnels.
Haute capacité de mémoire
Les workstations musicales profitent désormais d’un espace de mémoire plus important dans des puces plus compactes, offrant une plus grande flexibilité de stockage.
Bibliothèques d’échantillons
Les stations de travail sont souvent fournies avec des bibliothèques d’échantillons qui peuvent être étendues grâce à des cartes ROM supplémentaires.
Alimentation sur batterie
Les versions portables continuent de gagner en popularité, offrant une autonomie accrue grâce à une utilisation plus efficace de l’énergie.
Interopérabilité avec les ordinateurs personnels
Les stations de travail musicales peuvent désormais communiquer avec les ordinateurs personnels grâce à des interfaces standards telles que l’USB. Elles permettent aux utilisateurs novices de découvrir et d’expérimenter leurs fonctionnalités.