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Tombak

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Caractéristiques du Tombak

  • Classification : instrument à percussion
  • Pays d’origine : Iran
  • Matériaux : bois sec
  • Tessiture : variable
  • Genre de musique : musique traditionnelle persane, musique classique persane, musique, folklorique
  • Musiciens célèbres : Ostad Hossein Tehrani (1911-1974), Mohammad Reza Mortazavi (né en 1978), Pedram Khavarzamini (né en 1975)
  • Chanson emblématique : « Tombak » de Kamkar (2010)

Tout savoir sur le tombak : description, histoire, place dans la culture, fonctionnement, entretien, apprentissage et achat

Le tombak, également appelé « zarb », « tonbak », « donbak », ou « dombak », est un instrument de percussion à excitation digitale originaire d’Iran (Perse). Appartenant à la famille des membranophones, plus spécifiquement des tambours en gobelet, il est répandu en Asie, en Europe de l’Est et en Afrique. Bien que partageant des similitudes avec d’autres percussions, les techniques utilisées pour en jouer sont considérées comme étant parmi les plus élaborées.

Description du tombak

Le tombak est constitué de différentes parties, chacune exerçant un rôle spécifique  :

  • La peau (Poust – پوست) : constitue la membrane vibrante du donbak. Elle est traditionnellement fabriquée à partir de peaux de chèvre ou de veau.
  • Le corps (Tanéh – تنه) : fait à partir d’une seule pièce de bois sec, tels que le mûrier d’Ispahan et le noyer de Kermânshâh qui sont privilégiés pour leur qualité. Il peut aussi être réalisé en poirier, en cerisier, en frêne, voire en papier mâché.
  • La lèvre (Lab – لب) : assez fine, est située au sommet du corps, et sur laquelle repose la peau du donbak.. Elle est essentielle pour la transmission des vibrations.
  • La gorge ou le pied (Nafir – نفیر) : presque cylindrique, cette partie comporte parfois des gravures ou des sillons qui peuvent être utilisés dans la technique de jeu.
  • La petite ouverture (Dahan-é koutchak – دهان کوچک) : il s’agit de la sortie du pied, permettant à l’air de circuler.

La grande ouverture (Dahan-é bozorg – دهان بزگ) : située en haut du corps, elle est recouverte par la peau et joue un rôle essentiel dans la projection du son.

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Cet instrument existe sous différentes tailles, chacune est adaptée à des usages spécifiques. Le zarb-é zourkhâné (ضربِ زورخانه) se distingue comme le plus imposant et probablement le plus ancien des tonbak. Souvent façonné en terre cuite, il peut aussi être agrémenté de cloches pour enrichir sa sonorité.

Le grand donbak de concert (تنبل ِارکستر) trouve sa place au sein des orchestres, conformément aux enseignements de Hossein Tehrani, maître incontesté du donbak. Il offre des caractéristiques adaptées à une utilisation au sein de formations musicales plus larges.

Le petit tonbak de soliste (تمبک تکنوزی) est spécialement conçu pour des performances en solo, mettant en valeur sa sonorité distinctive dans des contextes plus intimes.

Histoire et origines

L’histoire du tombak, originaire de l’empire perse, remonte à l’ère pré-islamique. Pendant cette période, le tambour était appelé « dombalag ». Les noms modernes tels que « tonbak », « donbak » et « dombak » viennent tous de ce terme.

Les contes sur l’histoire du dombak sont en partie contestés en raison de la rareté des archives et des publications. Cependant, son existence ancienne est confirmée par des récits qui remontent à plusieurs siècles. Des peintures du XVIIe siècle mettent en scène des joueurs de tombak.

Avant le XXe siècle, le donbak servait comme instrument d’accompagnement joué par les interprètes de tasnif (une forme de musique persane similaire à une ballade).

Au milieu du XXe siècle, Ostad Hossein Tehrani, musicien iranien, a été un acteur majeur dans l’établissement du tonbak en tant qu’instrument indépendant. Il a consacré une grande partie de sa vie à le promouvoir. Cette initiative s’est faite non seulement en Iran, mais aussi en Europe. Les efforts de Tehrani ont transformé le dombak, qui était autrefois un simple accessoire musical d’accompagnement, en un élément distinct aux sonorités uniques.

Depuis la révolution islamique de 1979, le tombak, comme tous les instruments iraniens, a acquis une place plus importante dans la création musicale. La musique traditionnelle a été promue par le gouvernement. Cette situation marque un changement par rapport à la politique des rois Pahlavis qui cherchent à moderniser l’image de l’Iran en favorisant celle occidentale. Actuellement, le donbak est joué pendant les concerts, tout en demeurant l’un des accessoires de fête préférés des Iraniens.

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Le tombak dans la culture

Le tombak, originellement un instrument d’accompagnement, a connu une transformation majeure grâce au travail novateur de Hossein Tehrani (1912-1973) dans les années 1950.

Des figures majeures de la musique iranienne telles que Mohammad Esmaïli (1934-2023), Jahangir Malek (1931), Djamshid Chemirani (1942), et Amir-Nasser Eftetah (1925-1977) ont été influencées par les enseignements de Tehrani. Un de ses disciples, Bahman Rajabi, a largement contribué au développement des techniques modernes du tombak.

Nâsser Farhangfar (1947-1997), musicien iranien, a révolutionné l’accompagnement, intégrant notamment des éléments du zarb-é zourkhâné. Son approche unique, marquée par sa voix puissante, par une connaissance poétique et par une anticipation habile des phrases mélodiques, a marqué l’histoire du tonbak.

Les praticiens modernes, tels que Madjid Khaladj, Morteza Aayân, Mohammad Akhavân et Dâriush Zargari, ont ouvert de nouvelles perspectives pour le jeu. En France, un mouvement notable s’est formé autour de l’enseignement de Djamshid Chemirani et d’autres musiciens. Les applications du donbak se sont ainsi diversifiées dans des genres musicaux variés.

Le tombak est joué dans d’autres pays tels que la France et l’Argentine, avec des compositeurs contemporains comme Georges Aperghis et Carlos Roque Alsina. Des musiciens de jazz, à l’exemple de Claude Barthélémy, de Michel Portal et de Denis Colin, ont intégré le tonbak dans leurs interprétations musicales. Des mouvements similaires ont également émergé aux États-Unis et en Allemagne.

Par ailleurs, le zarb peut être joué dans différents styles musicaux.

Musique traditionnelle

Dans la musique classique persane, il sert souvent d’instrument solo. Le dombak fait parfois partie d’un ensemble comprenant d’autres instruments traditionnels comme le Satur, le Tar et le Setar.

Musique folklorique

Dans la musique folklorique, le dombak accompagne la danse et le chant. Il est joué dans une variété de styles régionaux, chacun ayant ses propres rythmes et ses techniques distinctes. Celui de Khorasan se caractérise, par exemple, par un tempo rapide et complexe. Celui de Bushehr est connu pour son utilisation de motifs lents et mélodiques.

Musique contemporaine

En musique contemporaine, le dombak a été joué par plusieurs musiciens pour enrichir leurs compositions. Des artistes tels que Mohammad Reza Shajarian l’ont incorporé dans leur œuvres, mêlant des styles persans traditionnels à des influences modernes.

Fonctionnement du tombak

L’une des caractéristiques les plus distinctives du tombak ou zarb est sa capacité à produire une large gamme de sons et de tonalités. Le mot « zarb » signifie « frapper » en persan, faisant référence à la technique d’utilisation des doigts et des bouts des doigts pour percuter la peau du tambour. Ces mouvements produisent une large gamme de rythmes mélodiques. Les joueurs peuvent recourir à diverses techniques afin de produire des sons différents, notamment des coups ouverts et fermés, des claquements de doigts et des claques. Ces gestes permettent de créer des rythmes et des mélodies complexes qui sont caractéristiques de la musique persane.

Jeu

Le tombak se joue en étant assis par terre ou sur une chaise. L’instrument repose entre la cuisse gauche et l’aisselle, la face supérieure dirigée vers l’avant. Posée sur le sommet, la main gauche est responsable des frappes sur le bord. La droite effectue des alternances entre le centre et le bord de la peau.

Le rythme le plus fréquemment lié à l’exécution de cet instrument à membrane est une mesure à 6 temps (6/4 ou 6/8). Le tonbak n’est pas simplement un métronome servant à marquer le tempo musical. À certains moments, le joueur se contente de maintenir la base rythmique (pâyéh پایه), tandis qu’à d’autres, il suit la mélodie ou joue avec les accents. Cela lui permet d’exprimer sa créativité, même lorsqu’il s’éloigne de la mélodie.

Selon la pression exercée sur la peau en différents points, le tombak produit des effets mélodiques, offrant ainsi une gamme étendue de tons sur une octave. La taille et la tension de la membrane influent sur la production de tonalités, permettant aux joueurs d’accorder plus facilement l’instrument. Avec des nuances douces, les professionnels peuvent créer une variété de sonorités expressives, incluant même des sons de la fusion moderne (genre musical qui combine des éléments de différents styles musicaux).

Notation

Selon d’anciens manuscrits, aucune méthode de notation n’était disponible, au cours des siècles précédents, pour indiquer les coups à jouer sur les tambours persans. Il existait toutefois un système appelé atanin qui servait à noter les cycles rythmiques (Advar-e-Igha’i). Par ailleurs, une sorte de notation alphabétique pour la musique persane, appelée abjad, était aussi présente. Abd-al-Ghader Maraghi, célèbre chanteur persan, aurait écrit un livre intitulé « Kanz-al-Alhan », dans lequel il notait les chansons persanes de son époque en utilisant ce procédé. Cependant, ce document n’a pas résisté au temps. Son nom n’a été connu que grâce à des références dans ses autres livres.

Après l’introduction de la musique occidentale en Iran, des musiciens persans et des orientalistes occidentaux ont adopté la notation occidentale standard.

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Le système à une ligne

Ostad Abolhassan Saba, spécialiste de la tradition artistique persane, a été la première personne à suggérer le système de notation à une ligne pour le tombak. Celui-ci a recours à la méthode occidentale afin d’indiquer la durée des notes (noires, croches, doubles croches, etc.). Ces dernières sont écrites avec des symboles au-dessus, de manière à indiquer le coup à jouer sur le tambour. À titre d’exemple, un point d’interrogation inversé, sans le point, est marqué au-dessus de la note pour le tom (le coup de basse). Une flèche pointant vers le haut indique que le mouvement doit se faire avec la main libre. En revanche, une autre dirigée vers le bas veut dire que le coup doit se jouer avec la main non libre.Plusieurs autres symboles accompagnent ces indications et font référence à des techniques ou des coups spécifiques.

Cependant, les joueurs de tombak ont souvent la liberté d’appliquer leur propre style lors de la notation de ces techniques. Par conséquent, il n’existe pas de norme universelle. Certaines méthodes utilisent deux lignes droites pour représenter le bak , une ligne droite pour un coup similaire joué avec l’annulaire, et un point pour indiquer le pelang (claquement). Dans certains livres, le doigt spécifique à utiliser pour ce dernier est parfois désigné par un numéro placé au-dessus du point. Dans ce contexte, les doigts sont identifiés comme suit : auriculaire (Angosht-e-Kuchak), annulaire (Angosht-e-Halgheh), majeur (Angosht-e-Miyaneh) et index (Angosht-e-Neshaneh).

Il est important de noter que lorsque les Persans comptent sur leurs doigts, ils commencent par l’auriculaire, tandis que les Occidentaux commencent par le pouce. Cette distinction permet de distinguer les deux systèmes de notation.

Le riz (roulement) est indiqué par trois lignes hachurées à travers la hampe de la note, et l’eshareh (note d’allusion, une sorte de ramassage créant un effet de triplet) est indiqué par deux petites croches (de demi-taille). De même, une croche de demi-taille, avec une petite ligne inclinée de gauche à droite à travers le drapeau, est attachée au riz. Celle-ci permet d’indiquer que le roulement doit commencer par un tom. Sous les notes, une flèche qui pointe vers la droite représente un temps accentué.

Le système à trois lignes

L’idée du système à trois lignes est également venue de feu Ostad Abolhassan Saba. Il a été mentionné dans le livre « Amouzesh-e-Tombak » (Rudiments du tombak) d’Ostad Hosain Tehrani. La notation occidentale standard est utilisée et la portée est réduite à trois lignes. Les notes apparaissent comme suit : tom (basse) pour ligne inférieure, mayaneh (note moyenne ou ouverte du tambour) pour celle du milieu, bak (rebord) et pelang (claquement) pour la ligne supérieure.

Les flèches dirigées vers le haut et vers le bas indiquent respectivement la main libre et la main non libre, suivant la même logique que dans le système à une ligne. Les méthodes de notation de l’eshareh et du riz sont aussi identiques. Pour le pelang, un petit triangle pointant vers le bas remplace la tête de note normale. Des chiffres sont également placés au-dessus des notes dans le but d’indiquer le doigté. Cette numérotation est basée sur le système occidental « pouce à auriculaire » :

  • Auriculaire (Angosht-e-Kuchak) : 4.
  • Annulaire (Angosht-e-Halgheh) : 3.
  • Majeur (Angosht-e-Miyaneh) : 2.
  • Index (Angosht-e-Neshaneh) : 1.

Dans les systèmes à une et trois lignes, la notation occidentale standard est adoptée pour indiquer les différentes pauses et les signes de répétition.

Entretien du tombak

L’entretien du tombak est essentiel pour garantir sa préservation dans le temps et la qualité de sa sonorité.

Il est important de protéger l’instrument des températures extrêmes et de l’humidité. Pour éviter les dommages, il vaut mieux le conserver dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière directe du soleil.

Par ailleurs, il est recommandé d’utiliser un étui de protection approprié. Cette précaution permet d’éviter les dommages causés par les chocs et l’humidité lors du transport ou du stockage du tonbak.

La peau du tambour doit être maintenue propre et sèche afin d’éviter les fissures et les dommages. Il est aussi essentiel de resserrer et d’accorder régulièrement la membrane afin de maintenir sa qualité sonore.

Il est conseillé de recourir à un chiffon doux pour nettoyer la partie en bois du dombak. L’application d’huile de lin ou autre conditionneur de bois s’avère également nécessaire pour maintenir le taux d’humidité et pour prévenir les fissures.

Apprentissage du tombak

L’apprentissage du tombak commence par l’acquisition des bases, notamment sur la manière de tenir l’instrument et d’exécuter les mouvements fondamentaux. En règle générale, les cours de tonbak se divisent en trois niveaux : 

  • Niveau élémentaire : les élèves apprennent les rythmes simples, les rythmes complexes, et se familiarisent avec les roulements.
  • Niveau intermédiaire : les sujets abordés incluent l’apprentissage des rythmes étendus, la pratique en ensemble, en solo, et l’exécution de différents types de roulements.
  • Niveau avancé : les étudiants se penchent sur des techniques complémentaires comme les rythmes non-iraniens, les exercices de concentration, les roulements spéciaux et l’improvisation.

Pour apprendre le tombak, vous avez le choix entre les écoles de musique, les conservatoires ou les leçons avec un professeur particulier. Par ailleurs, de nombreuses plateformes en ligne proposent des cours spécifiques pour le dombak. Participer à des ateliers où des percussionnistes jouent de cet instrument est une autre alternative. Vous aurez ainsi l’occasion de rencontrer des experts, d’avoir des conseils et d’obtenir des recommandations sur les cours à suivre.

Achat du tombak

Le choix du tombak dépend de vos préférences personnelles, de votre niveau de compétence et du son que vous recherchez. Cependant, certains points sont à considérer afin de sélectionner le modèle qui vous convient.

Le type de jeu

Certains modèles sont mieux adaptés à des styles spécifiques comme le jeu en soliste ou en orchestre. Ainsi, assurez-vous que le donbak que vous choisissez correspond à vos besoins.

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Le budget

Les prix des dombak varient considérablement. Choisir un modèle bon marché peut compromettre la qualité sonore et la durabilité.

Les accessoires inclus

Il est judicieux de vérifier si le tombak est proposé avec des accessoires tels qu’une housse de protection ou d’autres éléments (peaux de rechange, dispositif d’ajustement de tension, etc.). Ces derniers facilitent l’entretien et l’utilisation du zarb.

France Minéraux propose sur son site un large choix de modèles de dombak. Vous y trouverez l’instrument qui répondra à vos attentes.

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