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Tambour d’eau

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Caractéristiques du tambour d’eau

  • Classification : instrument à percussion
  • Pays d’origine : Afrique de l’Ouest, Amérique latine, Amérique du Nord, Nouvelle-Guinée
  • Matériaux : bois, argile, métal, peau d’animaux
  • Tessiture :
  • Genre de musique : musique traditionnelle
  • Musiciens célèbres :
  • Chanson emblématique :

Tout savoir sur le tambour d’eau : ses caractéristiques, son historique, son fonctionnement, sa place dans la culture musicale, son apprentissage, son entretien et son achat

Le tambour d’eau est un instrument à percussion qui utilise l’eau comme moyen de production sonore. Il est fabriqué à partir de différents matériaux et se décline en plusieurs formes selon le pays. Cet outil musical fait partie intégrante des pratiques culturelles de l’Afrique de l’Ouest, de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine et de la Nouvelle-Guinée.

Description du tambour d’eau 

Les caractéristiques de cet instrument sont variables. Il peut être idiophone ou membranophone.

Tambour d’eau avec calebasses

Ce type de tambour est d’origine africaine et/ou afro-américaine, appartenant à la famille des idiophones, et est dépourvu de membrane. Il est constitué de deux demi-sphères creuses fabriquées à partir de la calebasse. L’une est plus grande, faisant deux fois le diamètre de l’autre.

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La première est placée sur le sol, ouverte vers le haut et remplie d’eau, selon la tonalité souhaitée. La dimension de l’écorce de la calebasse a aussi une incidence sur la sonorité obtenue. La deuxième, plus petite, est positionnée face à l’eau, flottant avec la partie bombée vers le haut, formant ainsi la caisse de résonance.

D’autres versions consistent en une seule demi-sphère placée directement à la surface de l’eau d’une rivière, avec son ouverture dirigée vers le bas. Selon une légende ancienne, les sons émis dans cette configuration étaient spécifiquement conçus pour attirer l’attention des crocodiles et des chasseurs.

Tambour d’eau de bois évidé

Ce type de tambour d’eau est particulièrement répandu en Nouvelle-Guinée. Il est aussi dépourvu de membrane. Sculpté à partir d’une pièce de bois dur, il adopte l’apparence d’un sablier à deux extrémités ouvertes. À certaines occasions, il peut être pourvu d’une ou de deux poignées au-dessus de sa partie supérieure. Il est joué en frappant directement à la base, à la surface de l’eau. Le son qu’il génère est profond et sourd. 

Tambour d’eau avec membrane

Le tambour d’eau avec membrane est un corps creux fabriqué en bois, en argile ou en métal. Son ouverture est recouverte d’une membrane attachée autour de la coque. Certains modèles comportent un orifice latéral, fermé hermétiquement par un bouchon. Il permet au musicien de réguler le niveau d’eau à l’intérieur du corps, sans nécessiter le démontage de la membrane. Il arrive que l’eau soit mélangée à des cendres, du tabac, du maïs ou du pollen de maïs, en fonction de leur signification cérémoniale. 

Tambour d’eau sans instrument 

Selon certains experts, les bungos et les liquindis, originaires respectivement du Venezuela et du Cameroun, appartiennent à la catégorie des tambours à eau. Ils se distinguent par l’absence de tout outil musical, l’eau étant elle-même l’instrument de musique. Les femmes s’immergent dans l’eau jusqu’à la taille et, avec leurs mains, produisent des sons en frappant la surface de l’eau à des vitesses et des forces variables. La position des mains (ouvertes, fermées ou semi-ouvertes) et la présence d’air entre ces dernières influencent le son produit.

L’usage du tambour d’eau sans instrument au Venezuela a été introduit depuis le Cameroun, terre d’origine des esclaves qui avaient déjà adopté cette pratique tambourinante depuis des siècles. Jusqu’à aujourd’hui, l’ethnie bantu maintient cette tradition. Cette coutume est aussi appliquée aux îles Banks, en Océanie.

Origine et histoire du tambour d’eau 

L’histoire et l’usage du tambour d’eau sont diversifiés. Ils dépendent en grande partie de leur origine.

En Afrique

Le modèle africain est celui avec calebasses. Il est principalement répandu dans les savanes de l’Afrique de l’Ouest. Traditionnellement, cet outil musical était exclusivement réservé aux femmes. Cette pratique persiste encore dans les villages où il conserve son caractère rituel. Il se décline en plusieurs noms selon les régions, et s’emploie dans différents rituels : 

  • aki sumbu la hem dans la Haute-Volta, où il est placé près du défunt, et joué par deux femmes ;
  • dansuomu au Ghana, en Côte d’Ivoire et par les Akans (peuple de l’Afrique de l’Ouest) ;
  • dyi dunu au au Mali (peuple Bambara), où il est frappé pendant les mariages et les décès ;
  • djidja gnoum ou djidja binngué en Côte d’Ivoire, notamment à Boroponko et Tissié, où il sublime les danses tchabinngué et soumogolo, exécutées pendant des funérailles et des cérémonies de mariage traditionnelles ;
  • tembol au Tchad, par le peuple Kotobo ;
  • trotrobe à Madagascar, utilisé pendant les cérémonies religieuses, où il est manipulé par des femmes pour invoquer les vazimbas, premiers habitants de l’île ;
  • assakhalebo ou sakalobo au Niger, au Mali et au Tchad, où il est joué en accompagnement des chants par les femmes ;
  • gi dunu par le peuple Sénoufo (Burkina Faso, Mali et Côte d’Ivoire) et Malinké (Guinée, Sénégal et Mali), où la grande calebasse est parfois remplacée par une cuvette en métal ;
  • kèrèguè ou kèrè à Wélékéi (Côte d’Ivoire), en appui à la danse funéraire tchogoli tchogoli, ainsi que la tchabinngué ;
  • hanchui et lou en Côte d’Ivoire, où il est employé lors de mariages traditionnels, notamment pour accompagner les danses hanchui et han-han, respectivement à Zaghala et à Boromba.

Dans d’autres sociétés, les deux sexes peuvent le manier pendant les circoncisions, les baptêmes, les mariages, les rites funéraires, les initiations et plus encore.

En Nouvelle-Guinée

Le tambour d’eau de la Nouvelle-Guinée est exclusivement destiné aux hommes. Cet instrument est employé lors des cérémonies d’initiation réservées à la gent masculine, excluant ainsi femmes et enfants.Il se décline en deux variétés. D’une part, l’Abuk waak, du peuple iatmul, émet un son étouffé, censé reproduire le bruit des initiés symboliquement engloutis par le crocodile surnaturel qui, ensuite, les régurgite. D’autre part, le kami ou kamikaula, est spécifique de la région centrale du Sepik. Il prend l’apparence d’un récipient ovale allongé et inversé. Durant les rituels, ils sont placés tête en bas dans un trou rempli d’eau, créant ainsi un son sourd distinct.

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En Amérique

Certaines régions de l’Amérique utilisent le tambour d’eau avec calebasses dans leur pratique culturelle. Leur version est semblable à celle africaine, étant jouée de la même manière. Son introduction dans le continent s’est effectuée par le biais du trafic d’esclaves, amenant avec lui les traditions africaines. 

Toutefois, le modèle le plus répandu est celui avec membrane. En Amérique du Nord, les tambours d’eau amérindiens présentent une diversité de tailles et de formes. Certains adoptent la forme d’un bol peu profond, tandis que d’autres ont l’apparence de marmites plus profondes, voire de chaudrons et de pots. Ils se caractérisent par une membrane de percussion simple, reposant sur une base solide contenant le liquide. 

Parmi les nations qui l’utilisent figurent les Chikakas, les Creeks, les Lenapes, les Cherokees, les Iroquois, les Chaouanons, les Séminoles et les Yuchis. Il s’est aussi répandu dans la région des Grands Lacs, parmi les Omahas, les Ojibwés, les Apaches et les Navajos.

Fonctionnement du tambour d’eau

Le tambour d’eau est généralement frappé avec une baguette, mais dans certains cas, il peut aussi être joué directement avec les mains. Sa manipulation est réservée aux femmes en Afrique et aux hommes en Nouvelle-Guinée.

Fabrication

Cet instrument était principalement conçu avec un corps en bois ou en argile, avec une membrane en peau. Les Wyandots, Sénèques et Cayugas, des peuples iroquois, utilisaient traditionnellement la peau de marmotte ou de cerf. 

Les variétés en bois étaient souvent façonnées en creusant une section solide d’une petite bûche de bois tendre, ou en assemblant des lattes de cèdre pour former un fût en bois. Celles en argile étaient fabriquées soit manuellement à des fins spécifiques, soit à partir d’un vieux pot.

Dans les cérémonies modernes des églises amérindiennes, les tambours d’eau sont fabriqués à partir de bouilloires en fer, en laiton ou en cuivre. Ces variétés sont désormais plus répandues que les formes traditionnelles faites en bois. 

Tambour d’eau avec calebasses

Traditionnellement, la percussion de ce type de tambour est effectuée par une femme en Afrique. Elle frappe la partie non immergée du petit récipient avec ses mains, une cuillère en calebasse ou une baguette. 

Les notes produites diffèrent selon la quantité d’eau dans le bassin et la dimension de la partie flottante. Il est aussi possible d’immerger partiellement la demi-calebasse dans l’eau tout en la frappant avec une baguette, créant ainsi une variation des notes pendant la performance. La sonorité émise est similaire à celle des battements cardiaques, combinant le « clic » de la baguette sur la bosse flottante avec le son profond et vibrant de l’eau. La mélodie accompagne souvent les rituels. Elle est destinée à animer les danses funéraires et de célébration. 

Tambour d’eau de bois évidé

Contrairement au modèle africain, la manipulation du tambour d’eau en bois évidé nécessite la présence de deux hommes. Ils saisissent le corps par la ou les poignées, et frappent énergiquement et verticalement la surface de l’eau avec l’une de ses extrémités. 

Tambour d’eau avec membrane 

Pendant le jeu, le batteur a pour habitude de secouer le tambour afin d’humidifier la partie interne de la peau de la membrane. Cette dernière est ensuite frappée par une baguette rembourrée. Le volume d’eau est ajusté en fonction de l’accordage et de la tonalité désirés, mais, en général, le son qu’il émet est à la fois vibrant et doux. 

Place du tambour d’eau dans la musique

Les tambours à eau occupent une place centrale dans la musique baka d’Afrique centrale, particulièrement dans certaines régions du Congo et du Cameroun. Ils sont fréquemment présents dans la musique amérindienne, utilisés lors de cérémonies chez les peuples autochtones d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud. 

Depuis 2006, le groupe de heavy metal américain Mushroomhead intègre des tambours à eau non conventionnels dans ses performances live, principalement à des fins visuelles.

Apprentissage du tambour d’eau

Les versions à calebasse sont généralement disponibles sur le marché avec des mailloches. Toutefois, elles peuvent aussi être jouées à mains nues, avec ou sans bagues aux doigts.

Pour jouer du tambour d’eau, la première étape consiste à remplir la grande calebasse d’eau et de placer la petite, retournée, sur la surface de l’eau. Il suffit ensuite de frapper la bosse du récipient flottant avec les mains, les doigts ou des mailloches.

Réglages et entretien du tambour d’eau

Il est possible d’accorder cet instrument avec une grande précision au micro-ton. En effet, la hauteur de la note produite dépend du volume d’air mis en vibration dans la demi-sphère renversée. L’utilisateur peut ajuster ce paramètre en enfonçant plus ou moins celle-ci dans l’eau. En outre, l’usage de différentes baguettes permet d’obtenir des sons variés.

Les modèles de tambour d’eau d’origine végétale nécessitent quelques précautions d’usage.

Il est recommandé d’appliquer au préalable un vernis de protection du type « hydrofuge » (vernis marin) sur les parties en contact avec l’eau. Après le jeu, assurez-vous de toujours vider l’eau et de laisser sécher les récipients avant de les ranger dans un endroit sec. Stockez-les sur des supports appropriés, en veillant à ne pas les placer retournés, face contre le sol.

Achat du tambour d’eau 

Les tambours d’eau sont disponibles dans une variété de modèles, de matériaux et de tailles. Si vous souhaitez en acquérir un, rendez-vous sur la plateforme en ligne de France Minéraux, qui en propose une vaste sélection. Vous n’aurez aucun mal à trouver celui qui correspond le mieux à vos préférences.

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