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Siyotanka

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Caractéristiques du Siyotanka

  • Classification : instrument à vent
  • Pays d’origine : Amérique
  • Matériaux : bois, bambou ou plastique
  • Tessiture :
  • Genre de musique : musiques du monde et new age
  • Musiciens célèbres : Mary Youngblood, née en 1958 et Raymond Carlos Nakai, né en 1946
  • Chanson emblématique :

Tout savoir sur la siyotanka : ses caractéristiques, son historique, sa place dans la culture musicale, son fonctionnement, son réglage, ses techniques de jeu, son entretien, son apprentissage et les conseils d’achat

La siyotanka, également connue sous le nom de Native American flute, est un instrument à vent appartenant à la famille des flûtes. Fabriquée principalement en bois, elle se diffère par la présence de deux chambres à air et d’une petite pièce, souvent en forme d’oiseau, encastrée sur son corps. Son timbre distinctif résonne notamment dans les musiques du monde et de la new age.

Description de la siyotanka

La siyotanka se décline en une diversité de formes et de tailles. Traditionnellement, elle est conçue à partir de bois tels que le séquoia, le cerisier, le noyer, le genévrier ou le cèdre. Les bambous, comme ceux appartenant au genre de plante Arundinaria, sont aussi utilisés en tant que matériau de base.

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Néanmoins, dans sa version contemporaine, la Native American flute peut être confectionnée en plastique ainsi qu’en bois usiné plus exotique comme le teck, le padouk ou l’ébène. Certaines variantes sont même créées à partir d’une branche d’arbre que les fabricants scindent le long d’une ligne centrale, creusent l’intérieur, puis assemblent les deux moitiés ensemble.

Forme

En général, la siyotanka adopte une apparence similaire à celle d’une flûte classique, avec quelques exceptions notables. 

Les chambres à air

La siyotanka est constituée de deux chambres à air distinctes séparées par un bouchon, appelé plug ou internal wall, situé à l’intérieur de l’instrument. La première, dénommée chambre à air lente ou slow air chamber (SAC), se trouve du côté de la bouche de l’interprète. Elle est dotée d’un embout pour la respiration du joueur. La seconde, localisée à l’extrémité opposée, est la chambre sonore ou the sound chamber, également connue sous le nom de chambre de résonance (resonating chamber). Les trous de jeu, d’ordinaire au nombre de 6, mais pouvant varier de 4 à 7 selon les modèles, sont visibles sur cette dernière. Quatre autres trous appelés direction holes peuvent aussi être présents tout au bout. Ils représentent les quatre directions (Nord, Sud, Est et Ouest) qui revêtent une importance religieuse majeure pour les Indiens des plaines.

Par ailleurs, une version de la Native American flute dotée de deux, trois, voire davantage de chambres sonores pouvant être jouées simultanément existe également. Ces pièces peuvent avoir des longueurs identiques ou variables, et les trous de jeu de chacune d’entre elles peuvent endosser différentes configurations.

Le bloc, le sound hole et la plaque d’espacement

Pile au-dessus du bouchon (plug) se trouve un bloc appelé block, saddle ou totem. Il s’agit d’une pièce distincte et amovible, emboîtée dans une ouverture présente sur le corps de l’instrument. Souvent façonnée sous la forme d’un oiseau, d’où son autre appellation the bird, elle est visible de l’extérieur et est fixée au corps de la flûte par une sangle. Un petit trou, baptisé sound hole, se situe juste à côté de la zone d’emboîtement. Il est localisé dans la partie où se trouve la chambre de résonance.

Certains modèles sont dotés d’une plaque d’espacement (spacer plate) placée entre le bloc et le site d’emboîtement sur le corps de la flûte. La pièce est maintenue par la même sangle et est habituellement fabriquée en bois, en métal, en céramique ou en écorce.

Dimension

Les artisans de la siyotanka utilisent diverses approches pour déterminer les dimensions de leurs flûtes. Cette phase de conception revêt une importance capitale.  En effet, la disposition des trous pour les doigts a une incidence directe sur la hauteur des différentes notes de l’instrument.

Dans le cadre des techniques traditionnelles de fabrication de certaines Native American flute, les dimensions sont dérivées de mesures corporelles. La longueur totale de la flûte concorderait à la distance entre le bout de l’index et l’intérieur du coude. Pour la chambre à air lente, la mesure serait équivalente à la largeur du poing. L’intervalle entre le sound hole et le premier trou de jeu serait égal à la largeur du poing. Celui entre les trous prévus pour les doigts correspondrait à la largeur d’un pouce. Quant à l’écart entre le dernier trou et l’extrémité de l’instrument, il serait fixé en fonction de la largeur du poing.

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Origines et histoire de la siyotanka

La plus ancienne siyotanka a été retrouvée dans la partie haute du fleuve Mississippi en 1823. Fabriquée en bois, cette flûte a été découverte par l’explorateur italien Giacomo Costantino Beltrami au cours de ses expéditions. Elle est actuellement exposée dans la collection du Museo Civico di Scienze Naturali di Bergamo en Italie.

Avant 1823, l’évolution de la conception de la siyotanka pourrait avoir été influencée par divers types de flûtes. Tel est le cas des flûtes de la culture Tohono O’odham, généralement appelées par l’exonyme archaïque « flûtes Papago ». Ces instruments se distinguent par l’absence du bloc externe (saddle), remplacé par le doigt du joueur au-dessus du mécanisme sonore. Un schéma assez similaire est observé avec les flûtes de la culture Akimel O’odham, aussi désignées par l’exonyme désuet « flûtes Pima ». Considérées comme une évolution directe des flûtes Papago, elles intègrent un morceau de tissu en guise de bloc.

Cela dit, l’origine de l’invention de la siyotanka par les divers peuples autochtones des Amériques demeure floue. D’après un récit, les pics sont associés à la genèse de cet instrument à vent. Ces oiseaux, à la recherche de termites, perforaient des cavités dans des branches creuses. Sous l’influence du souffle du vent, les trous émettaient une mélodie que les personnes à proximité pouvaient entendre.

Siyotanka dans la culture

D’ordinaire, la siyotanka est liée aux genres musicaux du monde et de la new age, cette dernière étant souvent associée à des atmosphères optimistes et apaisantes. Elle a été une source d’inspiration pour de nombreux groupes de musique communautaires informels, désignés sous le nom de flute circles ou cercles de flûtes. Les membres de cette collectivité se rassemblent régulièrement afin de cultiver leur passion pour cet instrument et de jouer de la musique ensemble.

Dénomination de la siyotanka

Selon une convention américaine, la siyotanka est un instrument à vent dont le nom en anglais, Native American flute, s’écrit avec une majuscule. Elle se distingue par la variété d’appellations qui lui sont attribuées. Cette particularité s’explique, entre autres, par sa renommée qui s’étend à travers diverses régions géographiques et groupes linguistiques.

Dans d’autres langues, cette flûte est désignée par des termes tels que Flauta Nativa Americana en portugais, Пимак en russe (romanisé pimak) et ネイティブアメリカンフルート en japonais (romanisé Neitibu amerikan furūto). Elle est également nommée Indianerflöte en allemand et Indiaans-Amerikaanse fluit en néerlandais. En outre, les langues amérindiennes lui attribuent des noms tels que Tchá-he-he-lon-ne (Zuni), achipiquon (Unami), bícusirina (Opata), Šiyótȟaŋka (Lakota), do’mba’ (Kiowa), ćotaŋke (Dakota), bĭbĭ’gwûn (Chippewa) et tâhpeno (Cheyenne).

Compositeurs et joueurs notables de la siyotanka

Parmi les virtuoses de renom de la siyotanka figurent :

  • Raymond Carlos Nakai, le flûtiste amérindien largement reconnu comme l’un des plus grands musiciens de cet instrument à vent. Il a été honoré par des Grammy Awards, des distinctions prestigieuses décernées annuellement par la National Academy of Recording Arts and Sciences aux États-Unis. Ces récompenses visent à saluer l’excellence des artistes et des techniciens dans le domaine de la musique de l’industrie américaine du disque.
  • Mary Youngblood, musicienne lauréate de trois Native American Music Awards. Cette reconnaissance est dédiée aux réalisations musicales exceptionnelles dans des styles associés aux Amérindiens, principalement aux États-Unis et au Canada. Mary détient également le titre de première femme amérindienne à remporter deux Grammy Awards. Le premier a été décerné pour l’album Beneath the Raven Moon sorti en 2002, et le second pour Dance with the Wind sorti en 2006.
  • Joseph Firecrow, un flûtiste cheyenne.
  • Robert Mirabal, musicien natif de Taos Pueblo, au Nouveau-Mexique.
  • Aaron White, acteur et réalisateur américain.
  • Kevin Locke, flûtiste originaire des Lakota de la tribu Sioux de Standing Rock et des Anishinaabe de la Terre Blanche.
  • Charles Littleleaf, musicien et fabricant de Native American flute, membre tribal de la réserve indienne de Warm Springs, dans l’Oregon.

En outre, des compositeurs classiques se sont également penchés sur cette flûte, dont notamment l’Italien Fabio Mengozzi et l’Américain Brent Michael Davids. À cette liste s’ajoutent Jerod Impichchaachaaha’ Tate, membre des tribus civilisées Chickasaw, ainsi que Philip Glass, largement reconnu comme l’un des compositeurs les plus influents de la fin du XXe siècle.

Siyotanka dans les chansons

Le son de la siyotanka résonne à travers de nombreuses chansons, pour ne citer que : 

  • Red Streaking into the Water de R. Carlos Nakai ;
  • The Young Wolves de Joseph Fire Crow ;
  • South American Sunrise Song de Robert Tree Cody ;
  • Dance of the Coyote de Tony Wasinger ;
  • Above the Mother Earth de Mary Youngblood ;
  • Indian Pony de Johnny Whitehorse ;
  • Lakota Flute Song de Peter Kater ;
  • Hidasta Garden Song de Keith Bear ;
  • Shadow of an Ancient Past Anthony Wakeman and Mr. Soon. 

Bien que des compositions dans d’autres tonalités existent, la musique dédiée aux Native American flute prédomine généralement en fa dièse mineur. Une particularité de cette notation réside dans l’usage d’une signature tonale non conventionnelle, comprenant quatre dièses. Cela crée ainsi ce qui est connu sous le nom de Nakai tablature

Film documentaire

La siyotanka est sous le feu du projecteur dans le documentaire Songkeepers : A saga of five Native Americans, sorti en 1999. Réalisé par Bob Hercules et produit par Dan King, ce film met en lumière Kevin Locke, Hawk Littlejohn, R. Carlos Nakai, Sonny Nevaquaya et Tom Mauchahty-Ware. Ces cinq artistes talentueux de la flûte traditionnelle partagent leur passion pour leur instrument et leurs chants. Ils discutent du rôle de celle-ci et de la musique qui en découle au sein de leurs tribus.

Musicothérapie

La siyotanka, intégrée à la musicothérapie, contribue à l’entraînement des poumons. Elle joue un rôle essentiel dans la guidance des patients vers une respiration profonde et l’adoption d’expirations contrôlées lorsqu’ils soufflent dans la flûte. En sus, cet instrument à vent peut instaurer un sentiment d’accomplissement et servir comme une précieuse modalité de rééducation. Son usage s’avère bénéfique pour les individus souffrant de maladies cardiaques, de cancers ou pour ceux en soins palliatifs. Il offre un soutien dans la gestion de la douleur, de la peur, de l’agitation et de l’anxiété.

Fonctionnement de la siyotanka

À la base, les siyotanka contemporaines proposent des tonalités s’étendant sur environ trois octaves et demie, allant de C2 à A5. Il s’agit notamment des flûtes qui ont été conçues à partir du milieu des années 80. Elles produisent généralement un son doux et discret. La plupart du temps, les mélodies issues de ces dernières adoptent une structure pentatonique, bien qu’elle puisse parfois être diatonique.

Pour mieux appréhender le fonctionnement de la siyotanka, il est essentiel de comprendre le rôle des différentes pièces qui entrent en jeu. La chambre à air lente constitue la zone où l’air issu du souffle de l’interprète pénètre. Quant au bloc (block), il guide cet air à travers un étroit canal, désigné comme channel ou windway. Une partie de ce flux d’air percute le bord du sound hole, provoquant ainsi les vibrations qui font résonner la flûte. Le reste atteint la chambre de résonance. Les trous dédiés aux doigts sont ensuite utilisés pour ajuster la fréquence de l’air vibrant, ce qui influence la hauteur du son émis.

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Réglage

Concernant les réglages, la fixation à la fois du bloc et de la plaque d’espacement sur le corps de la siyotanka ajoute une certaine complexité. Le bloc influence en effet les hauteurs tonales produites, tandis que la plaque d’espacement offre un degré de contrôle sur le son et l’accordage. Aussi, les direction holes ont un impact sur la hauteur de la flûte lorsque tous les trous destinés aux doigts sont recouverts.

Subséquemment, avant de jouer la siyotanka, l’interprète s’assure de positionner correctement le bloc et, éventuellement, la plaque d’espacement, si celle-ci est présente. Le bord du bloc se place généralement juste sur le contour du sound hole sans la recouvrir ni s’en éloigner. Cette approche représente le point optimal pour la plupart des Native American flute. Si besoin est, une méthode visant à obtenir le son idéal consiste à ne pas serrer trop fort la sangle. Cela permet d’ajuster progressivement cette pièce en fonction du timbre recherché.

Techniques de jeu 

En général, la siyotanka est une flûte à système simple où les trous de jeu sont ouverts, nécessitant ainsi que le musicien les recouvre avec ses doigts. Elle offre la flexibilité d’être jouée en posture debout ou assise, en étant tenue horizontalement ou pointée vers le bas. Sa prise se fait à deux mains, les deux pouces placés sous son corps, avec la ligne de trous visible sous les yeux.

Sur un modèle à six trous de jeu, la main dominante prend en charge la couverture des trois premiers trous, et l’autre main s’occupe du reste. Un mauvais positionnement des doigts peut entraîner un son strident. L’usage de la pulpe des doigts, plutôt que le bout des doigts, est ainsi recommandé. 

En outre, il est important que l’embout de la siyotanka repose sur la lèvre et ne soit pas inséré à l’intérieur de la bouche. Cela permet de prévenir l’excès d’humidité et de mieux contrôler le flux d’air. Le musicien ajuste ensuite sa respiration, insufflant dans la flûte avec une maîtrise subtile pour produire un son clair et constant. En jouant avec la position des doigts sur les trous, il peut créer une gamme variée d’altérations de notes.

Entretien de la siyotanka

La siyotanka en bois nécessite une lubrification tous les 3 à 6 mois, en fonction de la fréquence à laquelle elle est sollicitée. Des produits tels que l’huile de coco ou l’huile de pépins feront l’affaire. Il suffit d’imbiber un chiffon avec quelques gouttes de ces substances et de nettoyer à la fois l’extérieur et l’intérieur de la flûte. Cette méthode permet de maintenir l’instrument en excellent état tout en préservant son éclat d’antan.

Même si la siyotanka donne l’impression d’être robuste, il est préférable de ne pas la faire tomber ni de la lancer. Et ce, quel que soit le matériau employé pour sa fabrication. Évitez également de l’exposer à la lumière directe du soleil ou à des conditions climatiques extrêmes. Un réflexe à adopter est de la ranger dans son étui lorsqu’elle n’est pas utilisée. 

Guide d’apprentissage

La meilleure façon d’acquérir les compétences pour jouer de la siyotanka est de s’inscrire à des cours. À l’ère du numérique, il est possible de suivre ces formations en ligne, confortablement depuis chez soi. Sur des plateformes telles qu’Udemy, vous recevrez un enseignement complet, enveloppant toutes les bases de A à Z. Vous apprendrez aussi à improviser, à jouer en groupe, à interpréter avec passion et à exprimer les émotions.

Pour les autodidactes, YouTube regorge une multitude de vidéos dédiées à la siyotanka. En plus des tutoriels couvrant les rudiments, des passionnés du monde entier y partagent leurs techniques de jeu. Certaines personnes postent même des performances musicales mettant en avant cet instrument. 

Outre cette plateforme, rejoindre des forums en ligne et des communautés consacrés à cette flûte constitue une option à considérer. Il s’agit d’un espace virtuel où des amateurs peuvent se connecter, poser des questions et partager leurs progrès. Pour ceux qui maîtrisent l’anglais, des livres spécialisés dans l’apprentissage de cet instrument à vent sont en vente sur le marché. Quelques-uns de ces ouvrages sont accompagnés d’un CD audio, rendant ainsi la formation plus accessible et agréable à suivre.

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Conseils d’achat

La siyotanka est disponible tant dans les boutiques de vente d’instruments de musique que dans les plateformes en ligne. Que vous soyez à la recherche d’un modèle traditionnel ou contemporain, France Minéraux propose une variété de Native American flute de qualité, provenant de fabricants réputés. Le site est hautement sécurisé, assurant une expérience d’achat fiable.

Lors de l’achat d’une siyotanka, il est indispensable de prendre en considération la taille des mains. Si elles sont plus petites et que l’espace entre les doigts est limité, privilégiez une flûte de gabarit réduite. À noter aussi que toutes les Native American flute ne se valent pas. Les matériaux de conception jouent un rôle capital dans la qualité sonore. Par exemple, l’essence en bois dur tel que le noyer produit un son à la fois strident et froid, tandis que celle en bois tendre, comme le cèdre, offre une sonorité chaleureuse et douce. De surcroît, une même note émise par une flûte créée par un fabricant X peut différer de celle d’un fabricant Y. Le mieux est de bien se renseigner et de consulter des avis sur l’article qui vous intéresse afin de prendre une décision éclairée.

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