Le shakuhachi dans les films
La mélodie du shakuhachi est souvent présente dans les films modernes. Ceux du compositeur de musique de film américain James Horner sont les plus concernés.
Les œuvres cinématographiques qui exploitent le son de l’instrument incluent aussi :
- « The karate kid », les opus II et III ;
- « Legends of the Fall » ;
- « Braveheart » ;
- « Jurassic Park » ;
- « The last Samurai » ;
- « Mémoires d’une geisha ».
Le compositeur de musique classique et de musique de films japonais Toru Takemitsu a créé une multitude d’œuvres à jouer sur cet instrument et dans un orchestre. Les morceaux les plus connus sont « Celeste », « Autumn » et « November Steps ».
Fonctionnement du shakuhachi
À première vue, le shakuhachi est assez facile à fabriquer. Certains détails sont, néanmoins, à respecter pour que le dispositif puisse offrir un son correct et être utilisable sur le long terme. Le musicien qui en joue doit maîtriser son souffle pour permettre à l’instrument de fournir les mélodies agréables qui la distinguent.
Fabrication : comment c’est fait ?
La fabrication du shakuhachi commence par la récolte du bambou. Le matériau fait ensuite l’objet d’un séchage et d’un traitement spécifique pour obtenir une qualité acoustique idéale et empêcher l’apparition prématurée de fentes sur l’instrument. Le traitement par le soleil, suivi du processus de trempage en eau douce ou salée, est le plus recouru en Asie. Cependant, le chauffage sur un lit de braises (Aburanuki) et la cuisson (par fumage, au four…) permettent un gain de temps optimal.
L’étape suivante consiste à préparer le bambou en perçant les parois internes. Vient ensuite la réalisation de l’embouchure. Cette encoche dans un des nœuds du bois requiert beaucoup de précision. Deux écoles se distinguent en fonction du style de conception de cette partie : Tozan (arrondi) et Kinko (triangulaire).
Les flûtes de ce type faites avec un seul morceau de bois, appelées Nobe kan, sont assez rares. Les modèles composés de deux fragments de bambou, les Nakatsuki kan, sont les plus répandus sur le marché. Dans ce dernier cas, un joint sert à relier les deux parties. Il se trouve entre le troisième et le quatrième trou.
Le luthier passe ensuite à l’accordage, un travail qui consiste à percer les trous et à les ajuster en fonction des notes désirées.
Enfin, l’artisan peut utiliser de la laque pour couvrir l’instrument. Cette étape n’est pas nécessaire pour certains modèles.
Comment en jouer ?
Le musicien adopte une position agenouillée et assise sur ses talons pour jouer du shakuhachi. Il est bon de noter que le jeu n’est pas semblable à celui des flûtes à bec ou des sifflets. Pour produire des notes, l’instrumentiste réalise des actions similaires au fait de souffler dans le goulot d’une bouteille vide.
D’ailleurs, le bord de son embouchure est en biseau, raison pour laquelle il est appelé flûte à encoche. Le musicien peut ainsi jouer des sons de hauteurs différentes en ouvrant ou en fermant l’orifice supérieur.
Notation musicale : comment la musique est-elle conservée ?
Dans la musique traditionnelle japonaise, des caractères spéciaux, qui sont en réalité des mots, représentent les sons. Cela s’applique aussi avec le shakuhachi. Leur rôle est d’indiquer à l’interprète la fermeture et l’ouverture des trous sur l’outil. L’opération est particulièrement subtile et le musicien doit savoir si les trous doivent être entièrement ou partiellement fermés, en fonction de ce qui est écrit et du son à produire. Cinq degrés d’ouverture et de fermeture sont ainsi à distinguer pour les cinq trous observés. Les respirations, une phase obligatoire, sont représentées par des traits. De nos jours, de nombreux artistes utilisent la notation occidentale pour cet instrument.
Réglage et entretien du shakuhachi
Le shakuhachi est à régler selon sa gamme, représentée par ses trous. Il convient de confier cette tâche à un musicien professionnel ou à un luthier. L’outil a également besoin d’entretien comme tout autre instrument de musique. Le plus important est d’enlever les saletés accumulées sur et dans l’accessoire en utilisant des produits adaptés. Il est crucial de prendre en compte le type de matériau utilisé pour éviter la corrosion. Le bambou doit aussi se conserver soigneusement.
Réglage du shakuhachi
L’accordage du shakuhachi doit se baser sur sa gamme pentatonique, sans les demi-tons. Les notes supplémentaires s’obtiennent en réalisant des doigtés et des techniques spécifiques. Le réglage du volume et des ajustements des paramètres de la perce sont parfois nécessaires, pour garantir un accord des harmoniques correct. L’idéal est de se tourner vers un professionnel, car la tâche requiert des connaissances parfaites des techniques à adopter pour éviter les altérations entre la première et la deuxième octave.
Entretien du shakuhachi
L’opération passe par l’usage d’huiles diverses pour éviter que l’instrument sonne faux et qu’il se détériore au fil du temps. Le nettoyage est aussi essentiel pour éliminer certains éléments corrosifs qui peuvent s’accumuler. La conservation de l’accessoire en cas de non-utilisation n’est pas non plus à négliger.
Huilage du shakuhachi
Les modèles de shakuhachi non laqués peuvent être huilés chaque année ou, tout au plus, chaque semestre. Il suffit d’appliquer une fine couche d’huile de lin ou de tung, et d’attendre quelques jours pour que le liquide durcisse avant de rejouer de l’instrument. La fine pellicule qui reste est essentielle pour le protéger et pour améliorer le son qu’il produit.
Certains utilisateurs appliquent des huiles fines de sésame ou d’amande régulièrement. Cependant, elles ont tendance à gorger la fibre et à lui faire perdre sa capacité à transmettre les vibrations.
En outre, les flûtes laquées à l’urushi (sève du Rhus vernicifera, un arbre qui pousse en Asie) ne doivent en aucun cas être huilées. En effet, la substance fait souvent décoller la laque en créant des sortes de bulles.
Nettoyage de la flûte
L’intérieur du shakuhachi doit toujours être propre pour que l’instrument puisse jouer des mélodies correctes. Dans ce cadre, le musicien doit enlever l’humidité qui s’est fixée dans la flûte après chaque jeu afin d’éviter l’apparition de moisissures.
Un chiffon en voile de coton est nécessaire pour réaliser cette opération. Une ficelle est aussi requise pour le faire passer le long du corps de la flûte.
Conservation du shakuhachi
Le bambou peut se fendre après plusieurs années d’usage du shakuhachi. La flûte en bambou présente ainsi des fissures, généralement dues à une sécheresse rapide, excessive ou non homogène du matériau.
Pour le mettre à l’abri de ces dégradations, l’idéal est de l’envelopper de plastique après l’avoir nettoyé à la fin de chaque utilisation. Cette action permet de préserver le taux d’humidité du bambou qui doit se situer entre 60 et 70 %.
Apprentissage du shakuhachi
L’apprentissage du shakuhachi est accessible à tous. Le processus ne nécessite aucune connaissance préalable en musique. Il peut paraître difficile au début, mais avec de l’exercice, l’élève est en mesure de maîtriser rapidement les bases du jeu. Des cours sont dispensés en présentiel ou en ligne pour ceux qui désirent assimiler les techniques avec l’aide d’un professionnel. Les plus autonomes sont libres de choisir de faire des recherches et de s’initier eux-mêmes à l’instrument.
Les cours de shakuhachi
Suivre des cours de musique est le meilleur moyen d’apprendre le shakuhachi. Les professeurs peuvent, en effet, enseigner tout ce qui concerne la théorie musicale qui aide grandement dans l’étude de l’instrument. Les premières étapes du processus sont la maîtrise du souffle et l’initiation à la lecture des partitions.
En optant pour les cours individuels, l’étudiant pourra appréhender facilement le contenu de chaque séance. Il est aussi possible que le professeur invite son élève à faire un stage d’un week-end dans un établissement spécialisé pour voir sa progression. Ce dernier aura ainsi l’occasion d’expérimenter la pratique réelle de la musique avec la flûte japonaise.
L’apprentissage seul
Bon nombre de personnes apprennent le shakuhachi seules. Chacun peut s’initier aux notes, aux sons et aux gammes sans l’aide d’un enseignant, grâce notamment aux tutoriels disponibles sur Internet. Sur YouTube, de nombreuses vidéos fournissent des instructions permettant de maîtriser les bases du jeu. Des manuels d’apprentissage sont aussi disponibles pour connaître les notations et les techniques de jeu spécifiques.
Le meilleur moyen de progresser rapidement dans l’étude est d’écouter un maximum de mélodies jouées sur cette flûte. Les musiques japonaises en général sont également recommandées.
La recherche du style adapté
Le shakuhachi possède un aspect culturel et artistique qui lui est propre et qui s’apprend au fil des pratiques. L’étude aide à en savoir davantage sur la musique japonaise, mais aussi sur soi-même. À cet effet, il permet d’abord de maîtriser son souffle. Il offre également à l’apprenti la possibilité de trouver son style de jeu, qui se base notamment sur sa capacité à mettre le son du shakuhachi en valeur dans ses interprétations.
L’apprentissage de cette pratique implique d’aligner la mélodie à la vibration et de s’oublier soi-même. Ainsi, le musicien est considéré comme un intermédiaire pour permettre à la flûte d’exprimer sa mélodie. Les notes produites peuvent sonner faux, sans pour autant être désagréables à écouter. L’art de jouer de cet instrument consiste à lâcher prise, à s’effacer et à seulement profiter de la paisible sensation du jeu. Cette pratique est relativement fréquente dans le cadre de la méditation.