Saxhorn basse
Le saxhorn basse joue sur un accord en si bémol, avec une tessiture identique à celle de l’euphonium. Il se distingue visuellement de ce dernier par son tube en dessous des pistons. La perce cylindrique du 1er piston lui confère une sonorité claire dans les graves. Elle possède également un tuyau plus large et rejoint le diapason du baryton. Rarement utilisé actuellement, ce cuivre faisait partie des orchestres d’harmonie.
Saxhorn contrebasse
Le saxhorn contrebasse se décline en deux sous-catégories en fonction de son accord. L’un, appelé « bombardon », est en mi bémol, tandis que l’autre, en si bémol. Ces modèles tendent à disparaître, fortement concurrencés par les tubas allemands. Néanmoins, ils continuent de compter parmi les fanfares et les orchestres d’harmonie (variante en si bémol) ainsi que les brass bands (bombardon).
Une troisième déclinaison peut être mentionnée : la sousa ou le soubassophone, abrégé en souba. Elle se distingue par son enroulement modifié ainsi que son pavillon frontal surdimensionné et orienté vers l’avant. Ce type rejoint généralement les batteries-fanfares, en plus de trouver sa place dans la musique de rue.
Quelle est son histoire ?
Breveté en 1845, le saxhorn est inventé par Adolphe Sax, Antoine-Joseph Sax de son nom de naissance. Cette sous-famille des cuivres a été créée pour apporter une certaine homogénéité aux orchestres militaires, entre autres. Ces instruments apparaissent comme une avancée par rapport aux modèles à valve existant à l’époque. Ils venaient compléter et harmoniser la mélodie des cornets, des euphoniums, des clairons à valve, etc. Ces dérivés du bugle à pistons ont été adoptés par la France dès leur apparition.
L’étymologie
Le vocable allemand horn se traduit par « cor » en anglais, tandis que tuba signifie tube, dérivé du latin pour désigner les trompettes. En 1844, l’inventeur belge présente ses innovations en tant que « bugles », mais ses contemporains (musiciens notamment) ont préféré utiliser le terme « saxhorn ». Soucieux de composer une sous-famille de ses instruments, il décide d’adopter cette appellation en 1845.
L’innovation
Pour élaborer ces modèles basés sur un « nouveau système chromatique », le facteur belge s’est inspiré de deux types de tubas. Il s’agit des instruments conçus par Gottfried Moritz et W. Schuster. Le travail d’amélioration portait notamment sur l’importance des proportions de la colonne d’air pour affiner le timbre. Parallèlement, Adolphe Sax cherchait également à démontrer que la nature du matériau de l’instrument n’influence pas forcément sa qualité acoustique. L’innovation apportée consistait en la mise en place d’une coulisse amovible à ressort. Celle-ci modifie radicalement les tons en supprimant les courbes et les angles. Par ailleurs, la forme verticale de ces nouveautés confère plus de praticité aux musiciens de la cavalerie.
Le perfectionnement
En 1844, ces dérivés des tubas sont révélés à l’Exposition des produits de l’industrie française. Cette manifestation, organisée à Paris, a permis à de nombreux chercheurs de révéler leurs inventions. En 1851, elle a inspiré la première Exposition universelle, qui s’inscrit dans la même démarche.
Adolphe Sax continue également de perfectionner ses prototypes en travaillant sur le nombre de pistons et de cylindres. Les visiteurs de la Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations de 1851 ont pu découvrir 11 exemplaires. Ceux-ci révélaient diverses caractéristiques, avec 3, 4 ou 5 pistons. Parmi les cuivres présentés comptaient aussi des modèles à 4 cylindres.
Quelle place occupe le saxhorn dans la culture ?
Grâce à leur tonalité distinctive, les saxhorns ont pu facilement rejoindre la famille des cuivres qui interprète des répertoires variés. Ils sont utilisés dans les fanfares en France, en Grande-Bretagne jusqu’aux États-Unis d’Amérique. Toutefois, au-delà de l’Hexagone, ils portent d’autres noms comme « cor ténor », « tenor horn », « baritone », « euphonium » ou encore « tuba ». Le variant baryton a connu un succès immédiat dans les fanfares militaires, grâce à sa sonorité puissante. La sous-famille a progressivement intégré les ensembles musicaux.
En termes de répertoire, le saxhorn reprend à peu près celui du tuba français utilisé dans les orchestres. Parmi les pièces commandées par le Conservatoire de musique de Paris figurent notamment celles de :
- Elsa Barraine (1958) ;
- Claude Pascal (1958) ;
- Jacques Castérède (1963) ;
- Eugène Bozza (1967).
Ces pièces ont en commun l’association du saxhorn au piano.
En 2008, Hybrid’Music sort le « Premier enregistrement mondial » de saxhorn (David Maillot) et de piano (Géraldine Dutroncy). Ces musiciens ont interprété les œuvres de :
- Marcel Bitsch ;
- Alain Bernaud ;
- Eugène Bozza ;
- Claude Pascal ;
- Jacques Castérède ;
- Henri Tomasi ;
- Roger Boutry ;
- Gérard Devos.
En France, Anthony Galinier sort le premier CD de saxhorn en mi bémol en 2014 intitulé « The French Tenor Horn ». Le groupe Steckar Tubapack (1981) utilise un saxhorn basse à cinq pistons, joué par le compositeur Christian Jous. À titre indicatif, ce dernier a écrit la partition « Jeu solitaire : pour saxhorn basse sib » éditée par Feeling, Paris.