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Sanshin

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Caractéristiques du sanshin

  • Classification : instrument à cordes
  • Pays d’origine : Okinawa
  • Matériaux : bois, peaux de python, bambou (corps), soie et nylon (cordes)
  • Tessiture : selon la tessiture du chanteur
  • Genre de musique : musique folklorique et traditionnelle, rock, pop, reggae et électro
  • Musiciens célèbres :
  • Chanson emblématique :

Tout savoir sur le sanshin : ses caractéristiques, son historique, son fonctionnement et ses critères d’achat

Le terme « sanshin », littéralement traduit par « trois cordes », désigne un instrument à cordes pincées qui trouve son origine dans les traditions musicales des îles Ryûkyû. Ces dernières sont situées dans le département d’Okinawa, ainsi que dans la région d’Amami, au sud du département de Kagoshima, dans le sud du Japon. Classé dans la catégorie des luths, il se distingue par l’absence de frettes.

La description et la fabrication du sanshin

Dans le Japon métropolitain, le sanshin peut être appelé « jabisen » ou « jamisen ». Ces mots font référence au terme japonais « ja », signifiant « serpent » et faisant allusion aux peaux de python. Toutefois, ces termes sont rarement employés à Okinawa, sauf pour distinguer l’instrument de la variante utilisée dans d’autres parties du pays.

Le sanshin traditionnel se distingue principalement par sa caisse de résonance circulaire sur laquelle sont tendues deux peaux de python molure. Cependant, le python réticulé est davantage prisé à cet effet actuellement. Malgré les nombreuses variations mineures au niveau de la forme, cet instrument à cordes peut être classé selon sept catégories. Cela va notamment dépendre du chevillier et de l’épaisseur du manche, bien que tous partagent une structure commune.

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Éléments constitutifs

Divers éléments constituent le sanshin.

Le manche ou

D’une longueur totale d’environ 80 cm, le manche ou  est fabriqué en une seule pièce, celles qui sont démontables (tsugi-zao) étant rares. Il ne possède ni touche ni frette. La distance entre le chevalet mobile en bambou et le chevillier est d’approximativement 60 cm. Les essences utilisées pour sa conception sont nombreuses. Elles comprennent le mûrier, le palissandre, le Pterocarpus indicus, l’Hibiscus tiliaceus et le Distylium racemosum. L’ébène, en particulier celui de Yaeyama, reste le plus prisé malgré son statut de protection actuel. Les bois de cette espèce sont généralement importés d’Asie du Sud-Est.

La caisse de résonance ou Chîga 

Cette caisse est composée d’un cadre en bois presque circulaire d’environ 20 cm de diamètre et 10 cm de profondeur. Ses deux faces sont recouvertes de peau. Cependant, en raison d’accords internationaux tels que la CITES et de considérations d’approvisionnement, celles provenant du python réticulé sont privilégiées. Cette espèce n’est pas présente à Okinawa. Par conséquent, ces matières sont importées de Chine ou du sud-est asiatique.

Substituts et évolutions

Différentes alternatives ont émergé au fil du temps :

Shibu-baï 

Avant le milieu du XXe siècle, en raison de la rareté et du coût élevé des peaux de python, les musiciens utilisaient des matériaux variés. On peut notamment citer l’usage du papier japonais enduit de résine ou de l’écorce d’arbre. Cette technique permet d’obtenir des résultats acoustiques plus ou moins réussis. La démocratisation des peaux de serpent après la Seconde Guerre mondiale a conduit à l’oubli progressif de ces techniques de fabrication. Les rares shibu-baï sanshin actuels étant souvent trop endommagés pour être joués.

Peaux artificielles

Elles sont moins coûteuses, plus résistantes et nécessitent un entretien plus facile que celle en serpent. Ce type de matériau est principalement utilisé pour les instruments d’entraînement, étant donné leur usage rare sur scène.

Compromis

Une technique de plus en plus prisée consiste à appliquer une couche de peau de serpent sur une membrane artificielle. Cela permet d’obtenir un matériau qui combine les caractéristiques acoustiques et visuelles d’une peau naturelle avec la résistance d’un revêtement synthétique.

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Kankara sanshin 

Après la Seconde Guerre mondiale, il était difficile d’obtenir les matériaux nécessaires pour la fabrication de l’instrument. Certains musiciens ont alors utilisé des boîtes de conserve de l’armée d’occupation américaine comme caisse de résonance. Le kankara sanshin a ainsi été créé.

Les cordes

Les cordes, initialement en soie, sont aujourd’hui en nylon. Le remplacement de cette matière, réputée plus solide, remonte à l’après-guerre. À cette époque, certains musiciens utilisaient les suspentes des parachutes de l’armée américaine pour tendre les cordes de leur instrument. Celles-ci sont plus fines à Amami, permettant un accord jusqu’à une quinte au-dessus. Par ailleurs, ces dernières sont de couleur jaune, contrairement à celles d’Okinawa, qui sont blanches. L’obtention de ces teintes provient de la pratique ancienne consistant à badigeonner les cordes en soie avec du jaune d’œuf pour renforcer leur solidité.

Les origines et l’histoire du sanshin

Dérivé du sanxian chinois, le sanshin a été introduit dans l’archipel des Ryūkyū durant la seconde moitié du XIVe siècle. Des immigrants chinois auraient apporté cet instrument dans le village de Kuninda, aujourd’hui Kume, à Naha. Ces derniers ont été mandatés par l’empereur Ming Hongwu pour faciliter les échanges entre les cours de Nankin et le royaume de Ryūkyū. Principalement originaires de la province de Fujian, où le sanxian était très populaire à l’époque, ils auraient probablement emmené celui-ci avec eux lors de leurs déplacements réguliers.

Évolution

À l’origine, il n’y avait pas de distinction claire entre le sanshin et le sanxian à Ryūkyū, les musiciens utilisant l’instrument chinois tel quel. Cependant, au début du XVIIIe siècle, sous l’influence des luthiers royaux de Ryūkyū, appelés sanshin nushitui, il aurait évolué pour adopter sa forme actuelle. Par commodité, le terme que l’on connaît aujourd’hui est généralement employé pour désigner le sanshin servant dans le répertoire autochtone des Ryūkyū. En revanche, le terme sanxian est toujours adopté dans le contexte de la musique uzagaku, qui a conservé sa forme d’origine.

Introduction au Japon

On suppose que le sanxian a été importé au Japon au XVIe siècle par des marins d’Okinawa dans le port de Sakai, près d’Osaka. Les circonstances et la date de cette introduction font l’objet de débats. Cependant, cet instrument a rapidement évolué pour donner naissance à une version japonaise, intégrant des influences du jeu de biwa.

Développement et pratique actuelle

L’adoption du sanshin par la population des Ryûkyû est mal documentée. Néanmoins, des indications suggèrent son utilisation par la classe dominante aux alentours du XVe ou du XVIe siècle. Bien que les circonstances précises de son intégration dans la société restent floues, l’ambassadeur des Ming laisse entendre que son usage s’est répandu. Une tradition populaire attribue l’introduction de l’instrument dans le répertoire autochtone à un chanteur nommé Akainku. En revanche, les sources écrites sur ce personnage sont teintées de légendes.

La première trace musicale du sanshin est liée à Tansui-Uêkata (1623-1683), fondateur de la musique classique des Ryûkyû (Ryûkyû koten-ongaku). Sa pratique s’est étendue à toutes les couches de la société. Elle devint une partie intégrante de l’enseignement des courtisanes et accompagna les chants et les danses populaires. Aujourd’hui, sa musique demeure une part essentielle de l’identité culturelle d’Okinawa et de la région d’Amami. Son enseignement, dispensé dans des classes dirigées par des professeurs qualifiés, s’est développé significativement au Japon métropolitain depuis les années 1990. Cela est dû, en partie, grâce à l’influence des dorama se déroulant à Okinawa.

Le sanshin dans la culture

Le sanshin incarne l’instrument par excellence d’Okinawa. Il accompagne les chants populaires folkloriques, regroupés de nos jours sous le nom d’Okinawa min’yō, et la musique de cour de Ryūkyū. Amami, quant à elle, est le berceau d’un répertoire traditionnel distinct appelé Amami min’yō, ou plus couramment shimauta.

Diversité des genres

Au-delà de ses racines traditionnelles, le sanshin est utilisé dans des genres plus contemporains. Il démontre sa versatilité dans des styles tels que le rock ou la pop (Natsukawa Rimi, BEGIN), le reggae (U-dou & Platy), voire dans l’électro (Shisa). Depuis les années 1990, il connaît un succès croissant qui s’étend au-delà des régions d’Okinawa et d’Amami. On le trouve même de manière marginale dans des contextes éloignés de son utilisation d’origine, notamment dans les fanfares publicitaires chindon’ya.

Un héritage de cinq siècles

Pendant plus de 500 ans, le sanshin a rythmé la vie quotidienne des îles subtropicales d’Okinawa. Il a marqué les cérémonies épurées de la cour royale des Ryûkyû pour imprégner les faubourgs et les villages de mélodies singulières. En tant qu’emblème d’une culture régionale originale, il jouit aujourd’hui encore d’une popularité exceptionnelle pour un instrument traditionnel. Il apparaît fréquemment sur les scènes pop de l’archipel, séduisant un public nouveau, même dans le Japon métropolitain. Cependant, malgré sa renommée grandissante, il demeure largement méconnu en Europe.

La pratique du sanshin

Il existe trois accords de base pour jouer du sanshin : le honchochi, le ni agari et le san sagari. Chacun d’eux confère une nuance légèrement différente, contribuant à refléter l’atmosphère spécifique du morceau. Ils aident aussi à exprimer les variations entre les genres musicaux et à diversifier l’ensemble du répertoire. En plus de ces accords fondamentaux, d’autres sont parfois employés, bien que dans des occasions plus rares.

Le sanshin est habituellement joué à l’aide d’un plectre. Cependant, il arrive que le musicien gratte les cordes avec ses doigts. Cette technique est notamment utilisée dans le style Kouta.

La notation musicale du sanshin

Les partitions dédiées à cet instrument sont consignées dans un système de transcription singulier appelé kunkunshi. Son nom trouve son origine dans les trois premières notes de la mélodie chinoise, qui étaient largement reconnues au cours de son développement. On attribue généralement la création de ce système à Mongaku Terukina, ou à son élève Choki Yakabi, au cours du début à la moitié du XVIIIe siècle. Un ensemble de kanji est employé pour représenter des positions spécifiques des doigts. Contrairement à la notation musicale européenne, le kunkunshi ne peut être interprété qu’à travers le sanshin.

L’accordage du sanshin

Il existe différentes façons d’accorder cet instrument. Il faut noter que chaque chanteur procède à l’accordage en fonction de sa tessiture vocale. Cela signifie que les hauteurs données ci-dessous ne sont que relatives :

  • ichi-agi chōshi : première corde montée, que l’on trouve dans quelques très rares morceaux des îles Yaeyama ;
  • dan-sage chōshi : troisième corde baissée, également rare, comme l’accord précédent ;
  • ichi, ni-agi chōshi : première et deuxième cordes montées ;
  • ni-agi chōshi : deuxième corde montée.

On compte aussi le hon chōshi, l’accord standard.

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L’apprentissage du sanshin

L’apprentissage du sanshin peut constituer une introduction à l’univers musical japonais.

Accessibilité et simplicité d’apprentissage

L’une des premières choses qui attirent de nombreux apprentis musiciens vers ce type de luth spécifique est sa nature accessible. Comparé à des instruments plus traditionnels comme la guitare, il offre une courbe d’apprentissage plus douce. En effet, sa pratique ne nécessite pas la maîtrise du solfège, permettant aux débutants de se concentrer sur la pratique plutôt que sur la théorie.

La production du son est relativement facile, en particulier en comparaison avec les instruments à vent et ceux à cordes comme le violon. La position de la main sur le manche est généralement stable, réduisant la nécessité de mouvements complexes. Avec un unique sens de grattage, la plupart du temps, la formation initiale se déroule de manière fluide, éliminant le défi souvent rencontré avec la coordination des mains.

Un autre avantage notable pour les novices est l’absence d’accords complexes. Les notes sont jouées une à une, simplifiant le processus d’apprentissage des morceaux. Les rythmiques restent généralement simples, offrant une transition en douceur vers des répertoires plus difficiles à mesure que les compétences se développent.

Les premières étapes

L’initiation au sanshin peut débuter rapidement. Les étapes initiales impliquent la manipulation des chevilles et l’accordage de l’instrument. Cependant, les ressources en ligne offrent la possibilité aux débutants de surmonter ces obstacles et de commencer aisément leur formation.

Les phases suivantes englobent des aspects cruciaux, tels que l’identification et l’adoption de la bonne posture, la tenue du bachi (le plectre) et le grattage des cordes. Ces éléments contribuent à créer une base solide pour le joueur, assurant une progression plus fluide. L’apprentissage du kunkunshii ajoute une dimension essentielle à la compréhension de la musique jouée.

De comptines à des mélodies élaborées

Les premières découvertes se font à travers des morceaux simples tels que des comptines pour enfants. Ces pièces offrent un terrain d’entraînement idéal pour les débutants.

Vient ensuite l’assimilation d’airs plus complexes, permettant aux apprenants de développer leurs compétences progressivement. Avec la patience et la pratique, cet instrument donne la possibilité de maîtriser des compositions variées, élargissant ainsi le répertoire du musicien en herbe.

L’achat et le choix d’un sanshin

Choisir le bon sanshin est une étape cruciale pour quiconque souhaite se lancer dans son apprentissage. Chaque composant contribue de manière significative à la qualité sonore et à la facilité de jeu. Voici quelques conseils pour guider votre choix et vous assurer de faire le bon investissement.

La qualité des matériaux

Le premier critère à prendre en compte est la qualité des matériaux employés. Le bois avec lequel a été fabriqué le manche, la caisse de résonance ainsi que le bambou utilisé pour le chevalet jouent un rôle déterminant dans le ton produit par l’instrument. Optez pour des essences de qualité, telles que le palissandre ou l’ébène, pour une résonance riche et une durabilité élevée.

La caisse de résonance

La forme et la taille de la caisse de résonance influent directement sur le caractère sonore du sanshin. Une caisse bien conçue peut accentuer les basses fréquences et offrir une projection optimale du son. Vérifiez que la peau de serpent, utilisée traditionnellement, est tendue uniformément, assurant une qualité tonale homogène.

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Les chevilles et le chevillier

Les chevilles, responsables de l’accordage, doivent être robustes et faciles à manipuler. Un chevillier bien conçu garantit une stabilité accrue lors des réglages. Assurez-vous que les chevilles ne présentent aucune déformation et qu’elles peuvent être ajustées avec précision.

Les accessoires

Les accessoires tels que le plectre et les cordes jouent également un rôle essentiel dans l’expérience de jeu. Optez pour un bachi confortable et des fils de qualité, généralement en nylon, pour un toucher agréable et une durabilité élevée.

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