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Rouleur

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Caractéristiques du rouleur

  • Classification : instrument de percussion
  • Pays d’origine : Afrique, Madagascar
  • Matériaux : bois d’Afrique pour le corps, peau de cabri ou de bœuf pour la membrane
  • Tessiture : grave
  • Genre de musique : maloya
  • Musiciens célèbres : Danyèl Waro (1955 – ), Firmin Viry (1935), Granmoun Lélé (1930 – 2004)
  • Chanson emblématique :

Tout savoir sur le rouleur : ses caractéristiques, son histoire, sa place dans la culture, son fonctionnement, son apprentissage et son achat

D’origine afro-malgache, le rouleur est catégorisé parmi les instruments de percussion. Il constitue un pilier du maloya, ancienne danse des esclaves actuellement classée « patrimoine culturel immatériel ». Ce membranophone se caractérise par sa puissance sonore et son rythme. Il est orthographié (et prononcé) de diverses façons, selon les époques et les régions. De ce fait, les écritures « roulèr », « oulèr », « ouleur », « houleur » ou encore « oulère » désignent le même objet.

Caractéristiques

Sorte de tambour, le rouleur se présente sous la forme d’un tonneau, ouvert sur une extrémité et fermé par une peau d’animal sur l’autre. Il s’agit d’un membranophone, c’est-à-dire dont le son est produit par la frappe sur la membrane tendue. L’exécutant (le batèr roulèr) utilise la paume de ses deux mains ou le bout de ses doigts pour frapper. Contrairement à d’autres instruments du même style, aucun accessoire, de type baguette ou maillet, n’est nécessaire. Dans certains cas, le roulèr est livré avec une cale, servant à bien maintenir en place ce tambour créole. Néanmoins, la position à califourchon suffit pour le stabiliser.

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Le rouleur est généralement fait en tonneau, bien que certains facteurs d’instruments choisissent de le tailler dans un tronc d’arbre. Dans ce dernier cas, les espèces les plus privilégiées sont l’iroko (Milicia excels), le dibétou (Lovoa trichilioides) ou encore le sapelli (Entandrophragma cylindricum). À l’origine, les esclaves utilisaient directement des barriques de vin ou de rhum pour fabriquer cette percussion. Ils recouvraient les deux extrémités avec de la peau de bœuf.

Actuellement, cette membrane peut être en cuir de zébu, de bœuf ou de cabri. Cet instrument mesure 70 cm de long et 50 cm de diamètre. Toutefois, ces dimensions peuvent varier selon le fabricant et les localités. Son positionnement de jeu, renversé sur le sol, module les vibrations de la peau tendue et modifie le timbre en conséquence. Cette percussion se caractérise par une sonorité grave et sourde.

Histoire et origines 

Le rouleur apparut au XVIIIe siècle, lorsque les esclaves africains en fabriquaient avec les fûts embarqués avec eux dans les navires. Des sources soutiennent ainsi que l’appellation de cet instrument provient de ces tonneaux qu’ils ont fait rouler. En outre, il tire également son nom de sa technique de jeu : les roulements des mains sur le cuir tendu pour produire le rythme musical. De plus, le verbe pour désigner l’exécution de la danse emblématique, dont il partage l’histoire, est « rouler ». Il est commun de dire « faire rouler le maloya » dans le langage courant, tandis que les danseuses roulent leurs hanches. 

Place du rouleur dans la culture

Le rouleur est associé à l’identité créole, particulièrement celle de La Réunion. Il connaît d’autres appellations dans les régions de l’océan Indien. À Rodrigues, le terme « tambour » suffit pour le désigner. Aux Seychelles, il se présente sous la forme d’un tambour sur cadre, le moutya, caractéristique du séga. À l’île Maurice, les musiciens roulent le maloya avec la ravanne, qui se rapproche davantage du moutia seychellois que du roulèr réunionnais. Par conséquent, la diversité en matière de formes et d’histoires différencie ces instruments, tous reliés à la danse et à la musique maloya. Ils ont en commun l’utilisation d’une membrane en peau d’animal (cabri, raie, requin, etc.). Parmi les trois mentionnés, seul le oulèr n’est pas un tambour sur cadre, mais en tonneau.

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Les pratiques culturelles et artistiques relatives à l’esclavage font partie des chants de révolte. Le maloya et le rouleur n’ont pas échappé aux interdictions en vigueur pendant la traite négrière, et même après. Ainsi, cet instrument représente un objet de révolte, en participant à un chant social ou à la musique des esclaves. 

Dans les années 1970, l’artiste militant Danyèl Waro a été emprisonné pour avoir joué du maloya en France. Ainsi, il est important de préciser que cette musique a fait l’objet d’une interdiction jusque dans les années quatre-vingt. Il a fallu attendre l’apparition des radios libres et la réappropriation culturelle dans l’océan Indien pour en libérer la pratique.

Les initiatives politiques du début des années 1980 ont permis à l’identité créole de se restructurer. Émergent alors des musiciens qui se démarquent dans ce domaine, à l’instar de Danyèl Waro, Firmin Viry ou Granmoun Lélé. Des groupes de musique s’en inspirent et suivent leurs traces, comme Salem Tradition, Mélanz Nasyon ou encore Kiltir.

Fonctionnement du rouleur

Le rouleur fonctionne de la même façon que tous les instruments de la famille des membranophones, comme le djembé ou le tambour bélé, entre autres. Sa facture a évolué, mais le principe de base demeure inchangé. 

Auparavant, le roulèr était directement taillé dans un tronc de bois de 70 cm minimum. La membrane est tendue sur une extrémité au moyen de colle ou de clous. Les facteurs d’instruments de l’époque n’enlevaient pas les poils sur la peau de l’animal. Le joueur de rouleur avait coutume de chauffer la membrane près d’un feu avant d’exécuter des roulements. Cette astuce faisait ressortir une meilleure sonorité.

Le tonneau

De nos jours, les artisans privilégient des tonneaux en lamelles de bois pour confectionner le houleur. Ce changement au niveau du matériau apporte des modifications notables sur plusieurs points, dont le diamètre de l’instrument et celui de la membrane. 

En moyenne, les roulèrs disponibles sur le marché font environ 50 cm de haut sur 40 cm de diamètre. Les fûts utilisés ont une capacité de 60 L, et sont cintrés sur les deux côtés et au milieu par des cercles de fer. Il s’avère parfois nécessaire de poncer ces derniers, puis de les remettre pour resserrer les lames. 

La facture reprend le système de tensions des tambours afro-cubains ainsi qu’une technique de cordage à la main. De cette façon, il est possible de régler quelques accords en cas de besoin. Des cordes tressées recouvrent le bois sur la partie du montage de la peau. Elles sont insérées dans des trous préalablement percés dans la barrique. Dans certains cas, il se révèle plus judicieux de couper le haut du tonneau pour en arrondir les bords. Les finitions varient selon les préférences du fabricant. Certains appliquent du vernis ou de la peinture sur le fût. D’autres se contentent de recouvrir avec de l’huile de lin pour protéger le bois.  

La peau

Cette étape passe après la préparation de la barrique du roulèr. Le disque de peau est découpé dans les mêmes dimensions que le diamètre du tonneau. Le fabricant perce ensuite des trous sur le pourtour de cette membrane. Ces derniers servent à accueillir la corde. La peau ainsi préparée est ensuite plongée dans l’eau, et est laissée tremper dans ce liquide durant une nuit. Le lendemain, elle est prête à être posée sur le fût. Après, il convient de passer le cordage autour pour terminer le montage. Les artisans disposent de leurs propres techniques, mais toutes visent la même finalité : un montage solide et bien droit. Vient finalement l’étape du serrage du cordage, idéalement pendant que la peau est encore humide. De cette manière, le rouleur obtenu se démarque par sa raideur. 

Apprentissage du rouleur

Pour jouer de cet instrument, le batèr roulèr :

  • place le tambour en position horizontale ;
  • s’assoit dessus à califourchon ;
  • positionne la membrane entre ses cuisses ;
  • maintient éventuellement le houleur avec une cale ;
  • incline le buste vers l’avant ;
  • frappe avec les deux mains nues, parfois accompagnées du talon pour varier le rythme.

Le rouler étant un élément fondamental du maloya, une musique répandue dans la plupart des régions de l’océan Indien, il est joué pour obtenir plusieurs rythmes, à savoir le kasé, le kabaré, le roulé ou encore le malgache.

Pour débuter avec cet instrument de percussion, plusieurs méthodes sont possibles. Regarder les vidéos disponibles sur le Web représente une excellente façon de découvrir et d’apprendre. Des cours en ligne ou en atelier existent aussi pour se former. 

Achat du rouleur

France Minéraux est une boutique disposant de plusieurs instruments de musique, y compris le rouleur. Les modèles qui y sont proposés respectent les exigences en matière de qualité.

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