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Pututu

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Caractéristiques du pututu

  • Classification : instrument à vent
  • Pays d’origine : les îles du Pacifique
  • Matériaux : coquillage
  • Tessiture : 2 à 3 notes
  • Genre de musique : traditionnelle
  • Musiciens célèbres : Sébastien Llado (né en 1973), Jef Sicard (1944 – 2021), Stéphane Belmondo (né en 1967), Patrick Vaillant (né en 1953), Steve Turre (né en 1948)
  • Chanson emblématique : « Pututu » (Vibration of the Andes) d’Andres Durand (Album : Vibration 432 – 2018)

Tout savoir sur le pututu : ses caractéristiques, sa place dans la culture, ses symboliques, son fonctionnement, son achat et ses usages annexes

Le pututu, ou pututo, désigne à la fois un instrument de musique et le mollusque à partir duquel ce dernier est conçu. Il existe depuis plus de 18 000 ans et constitue le premier aérophone de ce genre. En plus de produire un son puissant, il détient une valeur culturelle auprès des peuples qui l’utilisent. Aujourd’hui, cette trompette gravée représente un objet de collection et un instrument de musique à part entière.

Les caractéristiques du pututu

Le pututu est fabriqué à partir de conque marine de la famille des Strombidées. Les espèces exploitées diffèrent suivant les régions du monde. La coquille de ces mollusques gastéropodes est utilisée en tant que trompette naturelle. Elle peut être agrémentée de motifs symboliques, rappelant les pratiques traditionnelles auxquelles son utilisation est associée.

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Pour qu’elle puisse générer du son, cette coquille subit différentes transformations. Elle est tout d’abord vidée. La prochaine étape consiste en la création d’une embouchure. D’autres trous peuvent être formés pour en accroître les performances.

En Bolivie, le pututu désigne un instrument fait à partir de corne de bœuf. Sa conception est similaire à celle du coquillage. À Cuba, ce strombophone est appelé fotuto. Ces différentes créations fonctionnent suivant le même principe : il suffit d’y souffler pour qu’elles produisent du son.

Le pututu et sa place dans la culture à travers le monde

L’utilisation du pututo est surtout courante dans les Andes, mais s’est répandue dans d’autres pays du monde. Sa valeur culturelle diffère suivant les régions.

Au Japon

Dans le pays du soleil levant, cette trompette naturelle est appelée horagai. Elle est fabriquée à partir de coquille de triton géant (Charonia tritonis). L’embouchure est en bambou ou en bronze. Un filet de corde à grosses mailles ainsi que des gravures viennent souvent couvrir la partie principale de cet instrument. Il est utilisé vers le VIIIsiècle. En ces temps-là, il était joué durant les danses rituelles. Il servait aussi de moyen de communication dans les montagnes grâce à la puissance du son qu’il produit.

Un autre aspect de l’histoire de l’horagai révèle sa valorisation en tant que cor de guerre à l’époque Muromachi (1333 – 1573). Également appelé jinkai, il aidait à motiver les samouraïs pour le combat. 

À Madagascar

Dans la langue malgache, le pututu est nommé antsiva. Il est issu de l’espèce Etritonium gigas et ne dispose que d’un seul trou latéral. Deux formes d’instruments sont à distinguer : 

  • La variété mâle (antsiva lahy) : elle est de petite taille et produit un son aigu.
  • La variété femelle (antsiva vavy) : elle se caractérise par une tonalité plus grave. 

Ce strombophone ne peut être utilisé que par les hommes durant les festivités traditionnelles. Il sert de moyen de signalisation pour donner l’alerte ou pour transmettre des messages.

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En France

Au Musée d’histoire naturelle de Toulouse, un modèle de pututu, découvert en 1931 dans la grotte de Marsoulas (en Haute-Garonne), est exposé. Il mesure 31 cm de long. Initialement, il a été décrit comme un « vase à eau », mais les archéologues ont ensuite mis en lumière sa fonction musicale.

Ce coquillage correspond à l’espèce de mollusque Charonia lampas. Cette dernière existe toujours et peut être trouvée dans le golfe de Gascogne.

Aux Antilles

Les conques, appelées konk’a lambi aux Antilles, étaient ramenées par les marins pour marquer leur retour de la pêche. Elles servaient ensuite à orner les tombes pour saluer les défunts. Ce coquillage constituait aussi un moyen de communication entre les esclaves en rébellion. De nos jours, cet instrument est joué, avec les tambours, durant les défilés de carnaval.

Les symboliques du pututu

Le pututu revêt une symbolique importante justifiant son utilisation dans les différentes pratiques traditionnelles. Dans le domaine musical, l’escargot (gastéropode) représente le début et la fin. Cet aérophone permet de faire appel aux dieux à l’ouverture d’une cérémonie pour qu’ils puissent entendre la musique composée en leur honneur. À la fin de chaque célébration, celle-ci est jouée en guise de remerciements. 

Les conques sont couramment employées dans l’art de la civilisation pré-inca : la culture Moche. La coquille du vent, ehecailacocozcatl, portée par le dieu mexicain du vent et de l’apprentissage, Quetzalcoatl, est issue de ces mollusques. Ces derniers font partie des huit symboles de chance dans le bouddhisme. Dans l’hindouisme, ils incarnent la vie, car ils sont issus de l’eau stimulante. Une conque unique, appelée panchajanya, est associée au dieu de la préservation : Vishnu.

La transformation des coquillages en instrument de musique concrétise le désir de l’Homme de contrôler les éléments naturels pour servir ses intérêts. Comme le pututo est rattaché à l’environnement aquatique, il permet aux musiciens de recréer le son de l’eau. Cet aspect renforce l’idée de la domination de l’être humain sur cette ressource. 

Le fonctionnement du pututu

Le pututu dispose d’une tessiture restreinte sur deux notes. Suivant le mode de fabrication de l’instrument, il est possible qu’il n’en présente qu’une seule. L’essentiel est alors de savoir moduler le jeu de cette trompette naturelle afin de produire un son plaisant.

La facture

Pour la transformer en outil musical, la conque peut être perforée :

  • Au niveau latéral : il est ainsi possible de moduler le son produit en obturant tout ou partie du pavillon du coquillage.
  • Au niveau apical (sur la zone appelée pointe ou apex) : une embouchure est créée pour que le musicien puisse y souffler avec plus d’aisance.

Notez qu’un second orifice peut être généré au niveau de la deuxième spire. Cela permet de varier la sonorité de l’instrument.

Le jeu

Le jeu du pututu repose essentiellement sur celui des lèvres. Il faut souvent de la pratique pour parvenir à sortir la note juste. Avec du travail, vous serez en mesure de réaliser des glissandi. Il s’agit de passages graduels d’une note à une autre. Vous pouvez obtenir différentes tonalités en modulant l’ouverture du pavillon. Les possibilités sont plus larges avec une conque musicale comportant une perforation au niveau de la spire. Libérée ou obturée, elle fait varier les sons produits. Pour vous initier, il existe des tutoriels vidéo destinés à vous apprendre à souffler dans un coquillage sur Internet.

L’achat du pututu

De nos jours, des artisans continuent de créer des pututus pour les mettre en vente. Ils vivent dans les régions où la pêche aux conques est ouverte. Les coquillages recueillis sont préalablement polis et peuvent même être décorés. Si le métal est la matière courante pour l’embouchure, des modèles en résine sont aussi disponibles. Le prix de cet aérophone revient alors moins cher. En consultant le site de France Minéraux, vous trouverez en quelques clics l’instrument qu’il vous faut.

Les autres utilisations du pututu

Le pututu a longtemps été employé pour stimuler les sens et pour éloigner les mauvais esprits. Ce pouvoir est exploité dans la Limpia, traduit de l’espagnol par « nettoyer ». Elle aide à rétablir la sérénité et le calme. Dans ce cadre, le coquillage est utilisé pour faire des massages. Des pressions, des lissages et des effleurages sur les parties du corps sont ainsi réalisés à l’aide du dos de la conque géante. De l’huile végétale y est également appliquée. 

Cette pratique a été développée par les chamans dans la région andine. Il regagne en popularité actuellement. Une séance de 60 min aide à éliminer les charges négatives accumulées au niveau de l’organisme.

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