Les symboliques du pututu
Le pututu revêt une symbolique importante justifiant son utilisation dans les différentes pratiques traditionnelles. Dans le domaine musical, l’escargot (gastéropode) représente le début et la fin. Cet aérophone permet de faire appel aux dieux à l’ouverture d’une cérémonie pour qu’ils puissent entendre la musique composée en leur honneur. À la fin de chaque célébration, celle-ci est jouée en guise de remerciements.
Les conques sont couramment employées dans l’art de la civilisation pré-inca : la culture Moche. La coquille du vent, ehecailacocozcatl, portée par le dieu mexicain du vent et de l’apprentissage, Quetzalcoatl, est issue de ces mollusques. Ces derniers font partie des huit symboles de chance dans le bouddhisme. Dans l’hindouisme, ils incarnent la vie, car ils sont issus de l’eau stimulante. Une conque unique, appelée panchajanya, est associée au dieu de la préservation : Vishnu.
La transformation des coquillages en instrument de musique concrétise le désir de l’Homme de contrôler les éléments naturels pour servir ses intérêts. Comme le pututo est rattaché à l’environnement aquatique, il permet aux musiciens de recréer le son de l’eau. Cet aspect renforce l’idée de la domination de l’être humain sur cette ressource.
Le fonctionnement du pututu
Le pututu dispose d’une tessiture restreinte sur deux notes. Suivant le mode de fabrication de l’instrument, il est possible qu’il n’en présente qu’une seule. L’essentiel est alors de savoir moduler le jeu de cette trompette naturelle afin de produire un son plaisant.
La facture
Pour la transformer en outil musical, la conque peut être perforée :
- Au niveau latéral : il est ainsi possible de moduler le son produit en obturant tout ou partie du pavillon du coquillage.
- Au niveau apical (sur la zone appelée pointe ou apex) : une embouchure est créée pour que le musicien puisse y souffler avec plus d’aisance.
Notez qu’un second orifice peut être généré au niveau de la deuxième spire. Cela permet de varier la sonorité de l’instrument.
Le jeu
Le jeu du pututu repose essentiellement sur celui des lèvres. Il faut souvent de la pratique pour parvenir à sortir la note juste. Avec du travail, vous serez en mesure de réaliser des glissandi. Il s’agit de passages graduels d’une note à une autre. Vous pouvez obtenir différentes tonalités en modulant l’ouverture du pavillon. Les possibilités sont plus larges avec une conque musicale comportant une perforation au niveau de la spire. Libérée ou obturée, elle fait varier les sons produits. Pour vous initier, il existe des tutoriels vidéo destinés à vous apprendre à souffler dans un coquillage sur Internet.