Généralités
L’appareil est constitué :
- d’une entrée de type jack, par laquelle le signal provenant d’un instrument est introduit ;
- d’une sortie de type jack, permettant de récupérer le signal modifié, prêt à être dirigé vers un amplificateur, d’autres pédales ou tout autre équipement audio ;
- d’un circuit électronique qui traite le signal d’entrée pour produire l’effet souhaité ;
- d’un interrupteur de type bouton poussoir, permettant d’engager ou de désengager l’effet, activé avec le pied ;
- d’une diode électroluminescente, ayant pour fonction d’indiquer visuellement si l’effet est actif ;
- de potentiomètres, souvent appelés « potards », permettent d’ajuster divers paramètres à la main.
L’alimentation de ces appareils est assurée soit par des piles, soit via un adaptateur externe, mais la majorité des modèles récents fonctionnent avec une alimentation en courant continu de 9 volts.
Types
Les pédales d’effet sont divisées en quatre groupes principaux :
Les pédales de saturation (distorsion, overdrive et fuzz) modifient le caractère du son en introduisant une saturation ou une distorsion. L’overdrive offre une saturation légère pour émuler le son d’un ampli poussé, tandis que la distorsion intensifie davantage le signal. Produisant une distorsion extrême, la fuzz est souvent utilisée pour des effets sonores extrêmement saturés.
Les pédales de modulation (chorus, phaser et flanger) sont conçues pour altérer le signal en introduisant des variations cycliques dans le temps. Le chorus crée un effet d’épaisseur en dupliquant le signal et en le décalant légèrement dans le temps. Le phaser modifie la phase du signal pour obtenir un son ondulatoire. Le flanger produit des effets similaires, mais avec un décalage plus rapide.
Les pédales de spatialisation (reverb et delay) ajoutent de l’espace et de la profondeur au son. La réverbération simule l’écho naturel d’une pièce, tandis que le delay introduit des répétitions contrôlées du signal original, créant un effet d’écho.
Les autres pédales, dont les compresseurs qui réduisent la plage dynamique du signal, assurant une meilleure égalisation du volume. Les boosts augmentent simplement le volume du signal sans introduire de distorsion. Les envelope-filters altèrent le signal en réponse à la dynamique du jeu, créant des effets wah-wah ou funky.
Caractéristiques spécifiques
Certains modèles sont équipés d’une pédale d’expression, offrant la possibilité d’un effet continu par le mouvement du pied, à l’instar de la pédale wah-wah. Quelques-uns incluent des mini-interrupteurs pour des réglages supplémentaires. D’autres paramètres plus avancés peuvent nécessiter le démontage de l’appareil, révélant des potentiomètres ajustables à l’aide d’un tournevis (trimpot).
Bien que la plupart des pédales d’effet soient relativement simples à manipuler, certaines sont plus complexes, intégrant plusieurs interrupteurs, des systèmes de sauvegarde de presets, une connectivité MIDI, des ports USB et d’autres caractéristiques.
Origine et histoire de la pédale d’effet
La pédale d’effet est devenue une partie intégrante de la créativité musicale depuis sa création.
Création de la première pédale d’effet
En 1947, la création du transistor, un composant électronique, a été un tournant majeur, permettant la création de circuits électroniques plus petits. L’application de cette technologie à la musique a eu lieu dans les années soixante. En 1962, le fabricant américain Gibson a marqué l’histoire en introduisant la première pédale d’effet de saturation (fuzz), la Maestro Fuzz Tone. À cette époque, cette innovation était commercialisée comme un moyen novateur d’imiter le son d’instruments tels que la trompette, le saxophone ou le violoncelle à l’aide d’une guitare ou d’une basse.
Ce premier modèle a acquis une grande popularité grâce à son utilisation par les Rolling Stones, notamment sur le riff emblématique de la chanson « (I Can’t Get No) Satisfaction ».
Pédales d’effet numériques
En 1980, l’histoire des pédales d’effet est marquée par la révolution de l’électronique numérique. À l’origine purement analogiques, ces appareils ont connu une transformation majeure avec l’introduction de cette nouvelle technologie. Les pédales numériques captent le signal audio en le convertissant en un flux numérique, le soumettent à un traitement numérique, puis le transforment de nouveau en un signal audio. Bien que ces versions aient une consommation électrique généralement plus élevée, elles offrent des fonctionnalités plus avancées telles que la sauvegarde des réglages et la connectivité MIDI.
Certains fabricants cherchent désormais à reproduire le son des anciennes pédales analogiques en se servant des modèles numériques. Parfois, une combinaison des deux systèmes est adoptée, où le signal reste analogique, mais le contrôle des paramètres est effectué numériquement. Ce mélange de technologies offre une flexibilité permettant de préserver le caractère sonore analogique tout en tirant parti des avantages de la technologie numérique.
Naissance de différents types de pédales d’effet
Vers la fin des années quatre-vingt-dix, les pédales multi-effets ont fait leur apparition, regroupant divers effets dans un seul appareil. Leur prix particulièrement abordable a contribué à populariser leur usage. Dix ans plus tard, l’avènement des plugins a permis le remodelage virtuel de nombreuses pédales d’effet au moyen de logiciels, ouvrant de nouvelles possibilités créatives pour les musiciens.
À partir des années 2000, la fabrication de ces appareils électroniques s’est diversifiée. Aux côtés des constructeurs « boutique » issus d’ateliers artisanaux se trouvent des versions industrielles plus abordables produites en grande quantité. Les anciens modèles (1960 et 1970) ont été repris et copiés, mais les originaux ou ayant appartenu à des artistes de renom sont vendus à des prix exorbitants.