Caractéristiques d’une pédale d’effet
Une pédale d’effet est généralement constituée de :
- un boîtier en plastique ou en métal, dans lequel est protégé le circuit électronique ;
- une entrée et une sortie de type jack, pour relier l’appareil et le dispositif amplifié ;
- un interrupteur de type bouton poussoir, ayant pour fonction d’allumer ou d’éteindre le boîtier ;
- une diode électroluminescente, afin de vérifier si l’effet est activé ;
- une alimentation électrique par pile ou par boîtier d’alimentation externe.
Outre ces fonctionnalités de base, la pédale de distorsion est munie de potentiomètres qui se règlent à la main. Il s’agit des contrôles du gain, du tone et du volume.
Selon le modèle, d’autres réglages peuvent aussi être présents. Par exemple, certaines versions comportent des interrupteurs multiples, une prise USB, une intégration MIDI ou un système de sauvegarde de presets.
Caractéristiques de l’effet de distorsion
L’effet distorsion est appliqué à un son dans le but de le saturer et de le distordre. Il est obtenu à partir d’une pédale ou simplement en saturant un amplificateur classique. L’altération survient à la suite d’une compression des pics du signal audio d’un instrument, en particulier la guitare électrique, et à l’ajout de partiels acoustiques. Parfois, cet effet est identifié comme un « grain », donnant un son aigrelet, diffus et plus épais. Plus il est augmenté, plus la sonorité du dispositif se voit modifiée, avec une augmentation du sustain et du crunch.
Origine et histoire de la pédale de distorsion
L’origine de la pédale de distorsion est entourée de controverses.
Origine de l’effet de distorsion
D’après une légende, la création de l’effet serait attribuée au groupe de rock britannique The Kinks, à la suite de la sortie de leur titre « You Really Got Me » en 1964. Le son distordu a été obtenu par la lacération du haut-parleur d’un ampli.
Toutefois, cette origine s’avère infondée. Le groupe a été formé en 1964 alors que l’effet a été découvert bien assez tôt, en 1956. À cette époque, le guitariste du groupe The Rock and Roll Trio, Paul Burlison, a accidentellement heurté son amplificateur, conduisant à un son distordu. Par la suite, il a appliqué l’effet dans les morceaux « Honey Hush » et « The Train Kept A-Rollin ». Cependant, l’authenticité de cette version, diffusée par Paul Burlison lui-même, est sujette à controverse.
Il est largement supposé que l’histoire de cet instrument suit une trajectoire plutôt technique. Depuis le début, la distorsion a été intégrée aux amplis, mais les fabricants recommandaient initialement de ne pas pousser trop loin les réglages de gain. Ces derniers contrôlent l’étage d’entrée de l’ampli recevant le signal de la guitare. Cette restriction a été suggérée afin de s’assurer que le son ne perde pas sa clarté. À l’époque, ces dispositifs étaient conçus pour amplifier le son et non pour le déformer.
Évolution historique de l’effet de distorsion
Les premières expérimentations avec la distorsion ont impliqué l’exploration des limites des haut-parleurs et des amplificateurs.
Dans les années soixante et soixante-dix, elle était obtenue avec ces derniers. Au cours de cette période, les guitaristes avaient recours à une technique simple. Ils diminuaient le volume de leur guitare pour obtenir un son plus clair et ensuite l’augmentaient pour faire émerger l’effet. Toutefois, cette méthode se révélait peu pratique lors de représentations en direct.
Le développement de l’électronique a ensuite ouvert la voie à la production en chaîne de pédales, exploitant des diodes, des amplificateurs opérationnels et des transistors. Ces dispositifs ont facilité la transformation du signal de l’instrument avant qu’il n’atteigne l’ampli. Désormais, la saturation est générée par la pédale elle-même et non plus exclusivement par ce dispositif d’amplification. Outre la capacité de ce dernier à modifier le son instantanément, il peut opérer de manière linéaire, tout en offrant un contrôle sur le niveau de sortie du son saturé.
L’avènement de l’informatique a aussi ouvert des horizons infinis dans la modélisation d’effets. Actuellement, il est possible de simuler une sonorité distordue grâce à des logiciels, souvent à un coût plus accessible que l’acquisition de pédales traditionnelles.
Place de la pédale de distorsion dans la musique
Depuis les années soixante, l’usage de la distorsion est devenu incontournable pour les guitaristes rock et les artistes affiliés. Bien qu’il soit principalement associé à la guitare et à la basse électrique, il peut également être appliqué à d’autres instruments électriques tels que le piano électrique et l’orgue Hammond.
Les musiciens jouant du blues électrique figurent parmi les grands utilisateurs de cet effet. À l’origine, ils parvenaient à obtenir un son saturé en poussant le volume de leurs amplificateurs à lampes à son maximum. Bien que ceux-ci demeurent employés pour générer de la distorsion dans des genres musicaux tels que le blues et le rockabilly, de nombreux autres moyens ont émergé depuis les années soixante, notamment les pédales d’effet.
Le timbre grondant et distordu d’une guitare électrique joue un rôle central dans le blues et divers genres de musique rock, tels que le hard rock, le punk hardcore, le punk rock, l’acid rock et le heavy metal. En revanche, les basses déformées font partie de la signature sonore d’un nouveau style musical appelé « SoundCloud rap », un sous-genre du hip-hop et du hip-hop alternatif.
Une des figures emblématiques de cet effet est le musicien américain Jimi Hendrix. Par ailleurs, il a fortement marqué l’histoire du rock à la suite de la sortie de son titre « Purple Haze » en 1967, dans lequel il est possible d’entendre la distorsion. La sonorité étant nouvelle et inhabituelle, la maison de disques a pris l’initiative d’apposer un autocollant sur la pochette, indiquant explicitement que le son distordu est intentionnel et déconseillant toute tentative de rectifier la chanson. Cette composition s’est démarquée par son innovation, introduisant pour la première fois l’utilisation de pédales de type Octavia.
Fonctionnement de la pédale de distorsion
La distorsion est obtenue par écrêtage du signal, ce dernier étant une conséquence de l’amplification au maximum d’un signal audio. De cette manière, le son est compressé et maintenu à un niveau spécifique. Cependant, les résultats sonores peuvent varier selon le type de pédale utilisé.