Les deux modèles de Gibson
Le premier, appelé « style F », se caractérise par sa forme asymétrique, par sa volute et par ses deux ou trois pointes. Ces dernières facilitent son maintien. La lettre qui le désigne provient des mots Folk et Florence, mais fait également référence à la forme de ses ouïes. Il s’agit du modèle le plus courant.
Le deuxième type de mandoline country, nommé « style A », présente une forme d’amande. Les mandolinistes adeptes du choro ainsi que des musiques folklorique, irlandaise et classique, le privilégient pour sa polyvalence.
Une ouverture ovale ou des ouïes semblables à celles du violon ornent les deux variantes.
Les principaux éléments constitutifs
La caisse de résonance de ce cordophone est plate ou légèrement bombée. Elle se démarque également par sa modeste taille et sa forme asymétrique, mettant en valeur une volute du côté grave. Une table d’harmonie en lame de bois couvre le corps.
Ses huit cordes, groupées par paires, sont en boyau, en métal ou en nylon. Les luthiers ont le choix entre les bois d’arbres fruitiers, de noyer ou d’ébène pour le chevalet. En revanche, ils utilisent le métal nickelé pour les frettes.
Le chevillier se trouve au bout du manche et accueille les mécaniques servant à tendre les câbles.
Origine et histoire de la mandoline country
Les premières traces de l’apparition de la mandoline en Amérique remontent au XVIIIe siècle. En 1767, Jacob Trippel, un luthier américain, faisait part de sa création. En 1769, John Gualdo, un professeur de musique de Philadelphie, publiait une annonce où il en proposait la vente tout en offrant des cours pratiques pour maîtriser l’instrument.
Au XIXe siècle, ce cordophone était associé à la modernité, car le banjo et la guitare constituaient les principaux dispositifs utilisés par les musiciens de l’époque.
Carlo Curti, fondateur du groupe « The Original Spanish Students », Giuseppe Pettine (mandoliniste et compositeur italien) et Vincenzo Carli (joueur de mandoline) faisaient partie des célébrités qui l’ont fait connaître en Amérique. Dans les années 1890, la population de l’Est du pays commençait à l’apprécier.
Orville Gibson (fondateur de l’entreprise Gibson) a créé le premier modèle de mandoline country au début du XXe siècle, breveté aux États-Unis. En 1905, la marque a sorti la A4, dotée d’une table et d’un fond légèrement bombés. Ce design est devenu caractéristique de la variante américaine du cordophone européen. En 1910, elle a sorti la F4, figurant parmi les mandolines bluegrass célèbres.
En 1922, Llyod Allayre Loar (ingénieur acousticien de la firme) a conçu la F5 munie d’un chevalet réglable et d’un pont en ébène ajustable. Il se distingue aussi par son contour supérieur en forme de tête de serpent.
Place dans la culture
La mandoline country est l’un des instruments de base utilisés dans le country et le bluegrass. L’artiste Bill Monroe et son groupe nommé « The bluegrass boys » figurent parmi les artistes qui ont fait connaître ce type de cordophone.
Au-delà des deux genres musicaux cités précédemment, les groupes de jazz, de pop et de western swingla l’utilisent également.
Dans le bluegrass, il apporte une touche particulière avec sa tonalité particulière. La technique de jeu appelée chop ou chunking, popularisée par Bill Monroe, est la plus courante. Elle se caractérise par les accords aigus joués sur les deuxième et quatrième temps de chaque mesure ou bien sur le deuxième et le troisième pour un temps 3/4.
Auparavant, dans le style traditionnel, la mandoline servait uniquement d’accompagnement. Toutefois, Bill Monroe l’utilisait pour contraster les harmonies vocales avec des séries de notes jouées très rapidement, de manière saccadée.
Fonctionnement de la mandoline country
La mandoline country a un fonctionnement particulier, notamment en raison de sa fabrication et de son mode de jeu.