Son corps
La mandole algérienne adopte la forme arrondie d’une amande. Elle imite celle de la mandoline, mais en version plus imposante. Sa caisse de résonance, ovale ou en poire, se charge de l’amplification des vibrations de ses cordes, elles-mêmes tendues sur le chevalet. La table d’harmonie vient optimiser cette résonance.
Son manche
Le manche large, fait de bois, permet au musicien de jouer les notes avec précision sur la touche. La touche, quant à elle, est fractionnée par de nombreuses frettes métalliques. Des frettes en plus peuvent s’y ajouter pour permettre les quarts de ton.
Origines et histoire de la mandole algérienne
Inspirée de la mandole européenne, la version algérienne a vu le jour un peu plus tard, en 1932. Tout jeune, le musicien algérien El Hadj M’Hamed El Anka s’est initié à la demi-mandole. Cependant, il l’a jugé « trop pointue et peu amplifiée ». Son insatisfaction l’a alors conduit à repenser cet instrument afin d’en améliorer les performances.
Il s’est chargé de dessiner le plan de la nouvelle version et de mettre sa réalisation entre les mains de l’artisan-luthier italien Jean Bélido. Le nouveau design de la mandole se rapproche de celui du mandocello. La taille augmentée et la nouvelle table d’harmonie optimisent sa puissance.
La mandole algérienne dans la culture
La mandole algérienne a réussi à se faire une place importante dans la culture algérienne et l’univers du folklore. Elle a traversé plusieurs générations et a séduit de nombreux artistes depuis sa création.
Elle est surtout connue dans la musique Châabi, jouée par El Anka. D’autres musiciens algériens ont également marqué l’histoire de ce genre musical, à l’instar de Boudjemaa El Ankis et Cheikh El Hasnaoui. Lounès Matoub et El Hachemi Guerouabi ont aussi connu le succès auprès du public.
Des musiciens de renom tels que Matoub Lounes et Cheikh El Hasnaoui l’ont ensuite popularisé dans la musique kabyle, à travers leur musique. Ce bijou musical à cordes pincées intègre le monde de la musique classique andalouse, le Nuubaat, avant sa renaissance dans les années 2000.
En effet, des artistes comme Mohamed Abdennour et Mohamed Rouane se sont permis de l’utiliser dans de nouveaux genres musicaux. Ils ont combiné le jazz, le flamenco et le tindi, en s’inspirant du Chaâbi, pour lancer le « Jazz Casbah ». Cette innovation a, par la suite, fait grimper la popularité de la mandole algérienne à l’échelle internationale.
Fonctionnement de la mandole algérienne
À l’instar de la guitare et de la mandoline, la mandole algérienne apporte une touche originale et harmonieuse aux morceaux de musique.