Origines et histoire du maddalam
Le maddalam est l’un des instruments incontournables de la musique folklorique du Kerala. Il est employé pour des chants et des danses visant l’ambiance et le divertissement. Il sert également pour les représentations théâtrales et pour les animations des cultes religieux dans les temples hindous.
Ce tambour maintient son statut d’instrument essentiel dans la musique de l’Inde du Sud malgré son évolution au fil du temps. Ainsi, il est employé dans le Kerala Natanam. Ce genre musical et danse a été créé par l’artiste indien Guru Gopinath au XXe siècle.
Maddalam et culture
Le maddalam est utilisé dans le panchavadyam, un style musical du temple qui est progressivement devenu un art populaire. Il nécessite l’usage d’au moins cinq instruments pour parfaire le rythme et l’ambiance.
Ce tambour cylindrique est employé dans le théâtre dansé du Kerala dénommé kutiyattam. Cette forme théâtrale a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO en 2001.
Cette percussion entretient le rythme dans le kathakali. Il s’agit d’une danse théâtrale riche, colorée et impressionnante.
Par ailleurs, ce tambour est l’un des instruments phares de la musique carnatique. Ainsi, son utilisation se base notamment sur le râga, une partition caractéristique de la musique classique indienne.
Fonctionnement du maddalam
La fabrication du maddalam est réalisée selon des techniques artisanales précises. Le fabricant choisit soigneusement les matériaux à utiliser. L’ajustement de la membrane sur le fût et l’installation des lanières en cuir se font aussi avec rigueur et précision. L’objectif est de veiller aux performances musicales de ce tambour à chaque utilisation.
Fabrication : comment c’est fait ?
Le fût de ce tambour en tonneau est fabriqué en bois de jacquier. Dans la conception moderne, des bois durs tels que le mélèze, le châtaignier, le pin sylvestre ou l’aulne peuvent être employés.
Dans la tradition kéralaise, la caisse de résonance du maddalam est élaborée à partir d’un tronc d’arbre évidé. Les deux ouvertures sont couvertes d’une peau de vache épaisse. L’une d’entre elles, celle présentée à la main gauche lors de son utilisation, est plus grande.
Le fabricant façonne les membranes avant de les poser sur le fût. Un cerclage en bois ou en cuir est déjà réalisé lors de cette opération. Les cordes sont aussi fixées sur les revêtements. Il est ainsi plus facile de les placer aux extrémités de la caisse de résonance.
Ces éléments sont alors ajustés sur chaque ouverture du fût du maddalam. Le fabricant tire fortement les lanières en cuir de zébu avant de les fixer. Des coups de marteau sont également appliqués sur les cerclages. Ce procédé garantit leur bonne fixation sur la caisse de résonance.
Les membranes sont creuses en raison du cerclage bombé qui est posé aux abords lors de leur préparation. Le concepteur applique une pastille noire sur le creux du revêtement à grand diamètre. Cette substance est composée de riz et de cendre de feuilles brûlées. Le creux de la petite membrane est couvert d’une pâte blanche à base de semoule ou de farine. Cette opération vise notamment à différencier les sons émanant de chaque face du tambour cylindrique.