
Caractéristiques du lambeg
- Classification : instrument de percussion
- Pays d’origine : Irlande
- Matériaux : bois et peau de chèvre
- Tessiture : –
- Genre de musique : musique traditionnelle irlandaise
- Musiciens célèbres : –
- Chanson emblématique : –
Le lambeg est un emblème rythmique ancré dans la riche tradition musicale de l’Irlande du Nord. Cet instrument à percussion unique incarne l’identité communautaire, la fierté et l’histoire du pays. Cette caisse cylindrique imposante est souvent associée aux défilés traditionnels et aux célébrations communautaires, ajoutant une ambiance distinctive à l’atmosphère festive.
Le tambour lambeg, aux côtés de la cornemuse, se distingue comme l’un des instruments acoustiques les plus retentissants au monde. Il émet souvent des niveaux sonores dépassant les 120 décibels. Imposant par sa taille, il mesure environ 92 cm de diamètre et 61 cm de profondeur, pesant entre 16 et 18 kg. L’instrument est porté par un batteur à l’aide d’un harnais sur le cou. Celui-ci, généralement revêtu d’un costume traditionnel irlandais, se sert de baguettes spéciales pour créer des rythmes complexes et dynamiques.
Le lambeg est de forme cylindrique. Il arbore deux peaux lacées, rappelant les grosses caisses, et est généralement positionné verticalement. Il est principalement utilisé lors des défilés en Irlande du Nord, notamment par l’Institution d’Orange, une société fraternelle protestante créée en 1795.
Au-delà de sa capacité à créer une symphonie de sons impressionnants, le lambeg est un gardien de l’héritage culturel, rappelant les traditions musicales et les célébrations festives en Irlande du Nord.
L’origine précise de ce tambour demeure enveloppée de mystère. Cependant, son arrivée en Irlande, précisément en Ulster, serait datée du milieu du XVIIe siècle, avec celle des colons anglais. D’autres récits suggèrent qu’il a été introduit dans le pays par l’armée de Guillaume III, le prince d’Orange, lors de la guerre Williamite de 1689 à 1691.
Le lambeg a été inspiré des instruments militaires européens du XVIIe siècle, où il était initialement de taille plus modeste. À ses débuts, il était souvent accompagné du fifre aigu, une petite flûte traversière similaire au piccolo.
Au fil des décennies, ce tambour a connu une expansion significative en taille, alimentée par une émulation croissante entre les joueurs. Il a réussi à atteindre des dimensions telles que le fifre a progressivement perdu de son importance, étant éclipsé par la puissance sonore du lambeg.
Au cours du XIXe siècle, une autre modification importante a été apportée avec le remplacement des bâtons à extrémité sphérique par des cannes de malacca ou de bambou. Cette transition a marqué l’émergence du son distinctif du « crack » associé à l’instrument.
Les premières peaux de tambour étaient confectionnées à partir de diverses sources animales, dont la peau de vache, de cerf, voire d’âne. Cependant, toutes ne présentaient pas la consistance de tension souhaitée. Finalement, la peau de chèvre a été privilégiée pour offrir une qualité optimale.
Le terme « lambeg » provient du village du même nom, situé dans le comté d’Antrim, à 16 km au sud-ouest de Belfast et à près de 5 km de Lisburn. Selon la tradition, l’instrument aurait été joué pour la première fois dans cette région avec des cannes. En outre, il est parfois appelé tibbies, slashers ou killymans.
Au-delà de son rôle musical, le lambeg est un symbole culturel profondément enraciné dans l’histoire de l’Irlande du Nord.
Ce type de tambour a longtemps été ancré dans la religion catholique, et il n’était pas rare qu’il soit utilisé pendant l’Assomption, le 15 août. Aujourd’hui, sa renommée est plus particulièrement associée aux défilés de l’Ordre d’Orange qui se déroulent le 12 juillet.
Bien que la popularité de ce tambour ait diminué dans l’ensemble de l’Irlande du Nord, la région d’Armagh demeure le bastion de cet instrument. Appelé localement « batteries », il permet aux batteurs de créer leurs propres rythmes distinctifs.
Le Clady Day représente le plus grand festival de lambeg au monde, offrant un mélange vibrant de couleurs, d’excitation et de spectacle.
Son origine remonte au XIXe siècle, lorsque les individus se réunissaient dans un champ à Clady Milltown pour jouer de cet instrument, avant de déplacer l’événement à Markethill. Actuellement, ce festival attire des visiteurs locaux et internationaux pour des événements organisés tout au long de l’après-midi et de la soirée.
Célébré chaque dernier samedi de juillet dans le village de Markethill, dans le comté d’Armagh, cet évènement met en lumière le talent des meilleurs batteurs d’Irlande du Nord. Il se distingue par l’expertise des percussionnistes et les rythmes qu’ils produisent en martelant de vastes tambours aux couleurs vives. Pendant cette manifestation, une procession d’hommes défile en portant les instruments sur leurs épaules.
La performance du lambeg est une expérience sensorielle impressionnante, mêlant le son, la vue et la tradition.
La fabrication de cette caisse cylindrique représente un processus artisanal exceptionnel dans la région de l’Ulster, en Irlande du Nord. En tant qu’instrument acoustique parmi les plus vastes et les plus bruyants au monde, il se distingue par sa tonalité unique, résultant d’une construction méticuleuse.
Chaque tambour est réalisé sur commande, fabriqué à la main par un artisan dédié. Le bois, généralement du chêne, est soigneusement façonné après avoir été cuit à la vapeur pour former la coque. Les « cerceaux » maintenant les peaux sont également conçus en chêne, contribuant à la robustesse de l’instrument.
Les têtes sont tirées de plus en plus fort jusqu’à ce que le ton soit brillant et dur. Elles sont retenues par un cerclage en bois ou, traditionnellement, des cordes en lin. Il est important de noter que le lambeg est dépourvu de vis mécaniques.
Les peaux sont traditionnellement fabriquées en peau de chèvre fine et résistante. Celle-ci est tendue avant chaque performance à l’aide de 15 « buffs » fixés par des lacets dans les cerceaux de chaque côté du tambour.
La confection de lambeg requiert des compétences rares en Ulster. Ce savoir-faire se transmet généralement de génération en génération, souvent au sein de familles spécifiques. Chaque artisan possède ses propres méthodes, parfois tenues secrètes, et utilise des recettes personnelles de colle. Les outils et équipements spécifiques à chaque artisan sont également transmis en héritage, contribuant à la singularité de chaque tambour. En raison de sa conception sur mesure, chaque modèle possède une intonation et une personnalité uniques.
Pendant les compétitions, la tension du lambeg est ajustée progressivement sur plusieurs jours. Le joueur porte l’instrument avec un tour de cou en cuir. La longueur de la sangle est ajustée pour que les bâtons frappent au centre du tambour. Des cannes courbées, pointant vers l’intérieur, sont utilisées pour frapper la peau, évitant ainsi d’endommager facilement la peau. Les têtes sont positionnées de manière à ce que les cannes frappent la partie la plus résistante de la peau.
Les lambegs sont joués selon des motifs ou des rythmes traditionnels appelés time drumming. Ces derniers sont rarement notés, mais plutôt appris et transmis oralement de génération en génération. Ils sont complexes, exigeant une grande concentration des batteurs expérimentés, surtout lorsqu’ils sont joués en groupe. Souvent accompagné du traditionnel fifre en bois, le lambeg est joué sous des temps spécifiques de la région, tels que Ballymoney time, Kells and Conor time ou Tandragee time.
Les compétitions de batterie, connues sous le nom de drumming matches, évaluent les compétences des batteurs par des experts, couronnant ainsi les gagnants en tant que champion drummers. Dans l’ouvrage « Rhythms of Ulster », le musicien irlandais David Lyttle a transcrit ces rythmes de batterie ou « temps » en notation musicale standard.
Avant toute utilisation, l’ajustement minutieux de la hauteur et du ton de chaque tête de lambeg est crucial. Cette tâche est réalisée à l’oreille par le fabricant. Elle peut nécessiter le recours à des techniques manuelles, telles que le fait de frapper les cerceaux en bois avec un maillet.
Lorsque le tambour n’est pas utilisé, la tension sur les peaux est relâchée.
Apprendre à jouer du lambeg, avec ses techniques spécifiques et ses rythmes traditionnels, peut être une expérience enrichissante. Voici quelques suggestions sur la façon d’apprendre et les adresses où trouver des ressources :
L’apprentissage d’un nouvel instrument peut demander du temps et de la pratique régulière. S’imprégner de la culture musicale peut vous aider à maximiser votre expérience.
Il est possible d’acheter le lambeg dans des magasins spécialisés en musique irlandaise, des artisans locaux spécialisés ou occasionnellement lors des festivals de musique traditionnelle. Les sites web dédiés à la vente sont également une option à explorer. France Minéraux représente l’adresse à privilégier. Il met à disposition une vaste sélection de modèles de qualité, offrant ainsi aux passionnés une diversité de choix pour cet instrument de percussion irlandaise.