Le chevalet, mince et haut, constitue un support pour les fils en soie. Celui-ci est placé sur une pique et bascule autour d’un axe. Cette technique de fabrication permet de mettre les cordes à découvert pour que l’archet puisse les toucher.
La taille de l’objet est variable. Néanmoins, la longueur de tous les modèles tourne autour de 70 cm. Cet instrument se compose généralement de trois cordes. Dans de rares cas, on peut en trouver quatre dessus, ce qui implique que les deux cordes les plus aiguës sont jouées à l’unisson.
La forme de cette vièle japonaise diffère aussi selon la région d’où elle provient. Pour celles fabriquées à Okinawa, leur corps est rond. En revanche, dans d’autres endroits du Japon, cet instrument présente une forme carrée et est semblable à celle d’un shamisen.
Les origines et l’histoire du kokyū
Plusieurs informations découvertes récemment ont permis d’en savoir davantage sur les origines du kokyū. Cela a notamment conduit à une étude de ses matériaux de fabrication. Les chercheurs ont parallèlement procédé à l’analyse de documents traitant des sujets sur les instruments à cordes frottées présents en Europe au XVIe siècle. De nombreux articles venant de missionnaires chrétiens et des écrits japonais comptent aussi parmi les sources d’informations sur l’histoire de ce dispositif musical.
À cet effet, le kokyū est issu d’une guilde composée d’artistes aveugles. À l’évidence, il ne s’agit pas d’une copie d’instruments européens. Le shamisen, qui en est la principale source d’inspiration, est apparu au XVIe siècle. Il servait surtout au doublage des voix dans une chanson. Toutefois, les utilisateurs recherchaient une sonorité plus riche. Un dispositif capable de supporter de longues notes était alors nécessaire.
Une certaine tendance était également populaire auprès des citoyens cosmopolites de Tokyo et d’Osaka. Il s’agit de la mode étrangère Namban, un art résultant des relations avec les commerçants arrivés au Japon. Dans la religion chrétienne, l’usage des instruments à cordes frottées s’est aussi étendu. L’utilisation de la viole et du violon est devenue de plus en plus courante. Tout cela a conduit à l’invention du kokyū.
Le journal d’un noble, datant du 21 avril 1609, est le document historique initial qui mentionne des informations sur ce dispositif. Celui-ci indique son premier emploi dans la musique.
Le modèle à quatre cordes est devenu célèbre grâce à l’interprète japonais Shinei Matayoshi. Le but de ce musicien dans la conception d’un kokyū de ce type était d’en élargir la gamme existante sur le marché. La stratégie s’est avérée bénéfique, car elle a contribué à rendre l’usage de l’instrument plus fréquent dans le domaine musical.
Le kokyū dans la culture
Au Japon, au début de la période d’Edo, les artistes itinérants étaient les plus adeptes de l’usage du kokyū. En outre, par le passé, ce dernier était initialement accompagné du koto et du shamisen pour former l’ensemble appelé « sankyoku ». Cependant, au début du XXe siècle, le shakuhachi (une flûte japonaise) l’a remplacé dans cette association. La musique émise par cette dernière s’utilise surtout pour les danses traditionnelles. De nos jours, l’instrument se joue toujours dans le festival Owara kaze no bon, organisé dans la préfecture de Toyama.
Une communauté spécialement dédiée à la popularisation de ce petit shamisen existe au Japon. De nombreuses personnes participent aux activités réalisées dans l’organisation pour promouvoir le kokyū.
Ce dernier est souvent employé dans le jazz et le blues. Le multi-instrumentiste américain, Eric Golub, est celui qui a vulgarisé son usage dans la musique moderne. Il est également l’un des seuls artistes non japonais à en jouer. Il pratique la musique en solo, mais aussi avec le groupe de jazz « Neptune » de John Kaizan.