Un cheviller carré orné d’éléments décoratifs ou de motifs symboliques est fixé au bout du manche sans frettes. Le kobyz se distingue également par la présence d’un miroir à l’intérieur de la caisse. Selon les croyances kazakhes, il agit comme une porte vers l’univers des esprits.
Le kopuz a connu des transformations au fil des décennies. Vers la fin des années 1910, sa taille a été réduite, et sa caisse de résonance, entièrement couverte, à l’image du violon. Néanmoins, des modèles traditionnels à caisson semi-découvert sont réapparus à la fin des années 1980, affirmant la volonté de préserver l’authenticité de cet instrument.
Cette viole se décline en plusieurs appellations et formes telles que le luth komuz kirghize ou la guimbarde xomus touva. Chacune reflète la diversité culturelle de sa région d’origine. Ces instruments partagent un rôle sacré et magique. Ils sont utilisés par les chamanes pour communiquer avec les esprits, exorciser les maladies et réaliser des prémonitions. Ce phénomène souligne son importance dans le patrimoine spirituel de ces peuples.
La complexité et la beauté du kopuz en font un pilier de l’orchestre national kazakh moderne. Au Turkménistan, il est également particulièrement présent dans les musiques lancinantes en solo grâce à sa sonorité comparable à la voix humaine ou aux chants des oiseaux. Son statut d’ancêtre des instruments à archet lui confère une place de choix dans l’histoire musicale.
Origines et histoire du kobyz
Le kobyz tient une place prééminente dans les cultures turco-mongoles. Il incarne un lien sacré entre les humains et le monde spirituel. Cette relation est illustrée par la légende de Korkyt Ata, perçu comme le premier chamane et inventeur du kopuz. Il a décidé de créer cet instrument afin d’échapper à la mort promise à ses quarante ans. Pour ce faire, il a utilisé le bois d’un genévrier et la peau de son chameau, nommé Zhelmaya. Jour et nuit, la mélodie de la viole, jouée par ce prêtre, attirait toutes les créatures vivantes et tenait la mort à distance. Même après sa transformation en serpent par la mort, il a trouvé l’immortalité dans l’univers des esprits. Le kopuz est ainsi considéré comme un bouclier protecteur contre la disparition pour tous les êtres vivants. Cette histoire, ancrée profondément dans la culture kazakhe, souligne le rôle de l’instrument bien au-delà de la simple musique.
La répression du chamanisme et du kopuz durant l’ère soviétique a entraîné le déclin de cette tradition musicale. Néanmoins, des artistes du XXe siècle, comme Zhalpas Kalambaev et Daulet Myktybaev, ont joué un rôle crucial dans la renaissance et la préservation du kobyz. Ils ont intégré le dispositif dans l’orchestre national kazakh et ont formé de nouveaux musiciens. Ces missions ont contribué à rétablir la place de l’équipement dans la culture contemporaine, tout en respectant son héritage spirituel et historique.
Le kopuz est aujourd’hui considéré comme une fierté nationale. Il continue de séduire par sa sonorité unique et sa capacité à évoquer les vastes steppes et l’âme nomade des peuples kazakhs. Sa résurgence symbolise non seulement un renouveau culturel, mais aussi un lien renoué avec un passé spirituel.
Place du kobyz dans la culture
Le kobyz résonne comme un symbole du patrimoine spirituel et artistique. Cet instrument, enraciné dans les traditions chamaniques, se révèle être une voie d’expression puissante pour les artistes et les poètes.
Les kuï : miroirs de l’âme kazakhe
Les kuï, pièces instrumentales caractéristiques du kopuz, offrent un aperçu profond dans l’esprit nomade du peuple kazakh. D’une durée de deux à quatre minutes, chaque morceau incarne une image ou un état spécifique. Il transforme un instant en éternité à travers la musique. Ces compositions, basées sur des motifs répétitifs et conclues par des cadences rituelles, reflètent les émotions profondes allant de la mélancolie au bonheur. L’interprétation de ces parties requiert un équilibre entre fidélité à la tradition et apport personnel, démontrant la virtuosité et la sensibilité de l’instrumentiste.
Chants accompagnés au kobyz
Le chant, omniprésent dans la vie kazakhe, trouve un écho particulier lorsqu’il est accompagné par le kobyz. La tradition orale d’Arka, une région située au cœur du Kazakhstan, avec ses musiques lyriques et historiques, met en valeur la beauté mélodique et la technique vocale. Les chanteurs professionnels, ou seri, et les improvisateurs, ou akyn, utilisent ce dispositif musical pour enrichir leurs répertoires. Ils explorent des thèmes variés allant de la jeunesse à la splendeur des steppes. Ces performances, alliant poésie et culture, célèbrent l’âme collective et témoignent de l’attachement indéfectible à leur culture nomade.
Influence et préservation
Le kopuz, bien plus qu’un simple instrument, est une composante essentielle de l’identité kazakhe. Sa musique, ancrée dans le chamanisme et le mode de vie errant, continue d’inspirer et de rassembler. Les efforts de musiciens tels qu’Abaï Ibrahim Kounanbaïouly ont contribué à la préservation et à l’évolution de cet héritage.
Fonctionnement du kobyz
Le kobyz offre une fenêtre sur le monde spirituel à travers sa tonalité.
Fabrication
Fabriqué à partir d’un seul bloc de bois, le kopuz intègre des cordes faites de crins de cheval. Ces matériaux naturels sont soigneusement sélectionnés pour leur capacité à transmettre une sonorité riche et profonde. La membrane, généralement en peau de chameau, est tendue à une extrémité de la caisse de résonance. Elle offre une surface vibratoire distinctive pour le son. Le manche sans frettes se termine par un cheviller orné, témoignant du savoir-faire artistique de sa fabrication.