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Kobyz

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Caractéristiques du Kobyz

  • Classification : instrument à cordes
  • Pays d’origine : régions turco-mongoles d’Asie centrale
  • Matériaux : bois, crins de cheval, peau de chameau
  • Tessiture :
  • Genre de musique : traditionnelle, chamanique, folklorique d’Asie centrale
  • Musiciens célèbres : Ykhlas Duqan (1843-1916), Djapash Qalembay ou Zhappas Kalambaev (1909-1970), Devlet Mıqtıbay ou Daoulet Myktybaev (1905-1976)
  • Chanson emblématique :

Tout savoir sur le kobyz : sa description, son histoire, sa place dans la culture, son fonctionnement, son entretien, son apprentissage et son choix

Le kobyz, « kyl-kobyz » ou « kopuz », ancienne viole des chamanes, est un instrument ancestral d’Asie centrale. Il évoque des épopées spirituelles et culturelles à travers ses mélodies. Porteur d’histoires et de légendes, cet équipement, indispensable dans les rituels chamaniques, symbolise la connexion profonde entre l’Homme et l’Univers. Avec ses origines mythiques, il incarne non seulement l’essence musicale des Kazakhs, mais aussi leur quête d’éternité et d’harmonie avec le cosmos.

Description du kobyz

Le kobyz est un instrument à cordes appartenant à la famille des vièles. Il se présente sous diverses formes, chacune étant adaptée aux traditions des peuples Kazakhs, Kirghizes et Ouzbeks.

Le kyl-kobyz, fabriqué à partir de bois de noyer ou de bouleau, mesure entre 70 et 80 cm. Toutefois, des versions antérieures atteignaient plus de 1 m de long. Sa caisse de résonance, taillée dans un bloc monoxyle, est hémisphérique et partiellement ouverte. Les cordes en crin de cheval tressé sont fixées au chevalet placé sur la partie recouverte d’une peau de chameau. Elles matérialisent le lien profond entre l’instrument et les traditions équestres de ces peuples.

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Un cheviller carré orné d’éléments décoratifs ou de motifs symboliques est fixé au bout du manche sans frettes. Le kobyz se distingue également par la présence d’un miroir à l’intérieur de la caisse. Selon les croyances kazakhes, il agit comme une porte vers l’univers des esprits.

Le kopuz a connu des transformations au fil des décennies. Vers la fin des années 1910, sa taille a été réduite, et sa caisse de résonance, entièrement couverte, à l’image du violon. Néanmoins, des modèles traditionnels à caisson semi-découvert sont réapparus à la fin des années 1980, affirmant la volonté de préserver l’authenticité de cet instrument.

Cette viole se décline en plusieurs appellations et formes telles que le luth komuz kirghize ou la guimbarde xomus touva. Chacune reflète la diversité culturelle de sa région d’origine. Ces instruments partagent un rôle sacré et magique. Ils sont utilisés par les chamanes pour communiquer avec les esprits, exorciser les maladies et réaliser des prémonitions. Ce phénomène souligne son importance dans le patrimoine spirituel de ces peuples.

La complexité et la beauté du kopuz en font un pilier de l’orchestre national kazakh moderne. Au Turkménistan, il est également particulièrement présent dans les musiques lancinantes en solo grâce à sa sonorité comparable à la voix humaine ou aux chants des oiseaux. Son statut d’ancêtre des instruments à archet lui confère une place de choix dans l’histoire musicale.

Origines et histoire du kobyz

Le kobyz tient une place prééminente dans les cultures turco-mongoles. Il incarne un lien sacré entre les humains et le monde spirituel. Cette relation est illustrée par la légende de Korkyt Ata, perçu comme le premier chamane et inventeur du kopuz. Il a décidé de créer cet instrument afin d’échapper à la mort promise à ses quarante ans. Pour ce faire, il a utilisé le bois d’un genévrier et la peau de son chameau, nommé Zhelmaya. Jour et nuit, la mélodie de la viole, jouée par ce prêtre, attirait toutes les créatures vivantes et tenait la mort à distance. Même après sa transformation en serpent par la mort, il a trouvé l’immortalité dans l’univers des esprits. Le kopuz est ainsi considéré comme un bouclier protecteur contre la disparition pour tous les êtres vivants. Cette histoire, ancrée profondément dans la culture kazakhe, souligne le rôle de l’instrument bien au-delà de la simple musique. 

La répression du chamanisme et du kopuz durant l’ère soviétique a entraîné le déclin de cette tradition musicale. Néanmoins, des artistes du XXe siècle, comme Zhalpas Kalambaev et Daulet Myktybaev, ont joué un rôle crucial dans la renaissance et la préservation du kobyz. Ils ont intégré le dispositif dans l’orchestre national kazakh et ont formé de nouveaux musiciens. Ces missions ont contribué à rétablir la place de l’équipement dans la culture contemporaine, tout en respectant son héritage spirituel et historique.

Le kopuz est aujourd’hui considéré comme une fierté nationale. Il continue de séduire par sa sonorité unique et sa capacité à évoquer les vastes steppes et l’âme nomade des peuples kazakhs. Sa résurgence symbolise non seulement un renouveau culturel, mais aussi un lien renoué avec un passé spirituel.

Place du kobyz dans la culture

Le kobyz résonne comme un symbole du patrimoine spirituel et artistique. Cet instrument, enraciné dans les traditions chamaniques, se révèle être une voie d’expression puissante pour les artistes et les poètes.

Les kuï : miroirs de l’âme kazakhe

Les kuï, pièces instrumentales caractéristiques du kopuz, offrent un aperçu profond dans l’esprit nomade du peuple kazakh. D’une durée de deux à quatre minutes, chaque morceau incarne une image ou un état spécifique. Il transforme un instant en éternité à travers la musique. Ces compositions, basées sur des motifs répétitifs et conclues par des cadences rituelles, reflètent les émotions profondes allant de la mélancolie au bonheur. L’interprétation de ces parties requiert un équilibre entre fidélité à la tradition et apport personnel, démontrant la virtuosité et la sensibilité de l’instrumentiste.

Chants accompagnés au kobyz

Le chant, omniprésent dans la vie kazakhe, trouve un écho particulier lorsqu’il est accompagné par le kobyz. La tradition orale d’Arka, une région située au cœur du Kazakhstan, avec ses musiques lyriques et historiques, met en valeur la beauté mélodique et la technique vocale. Les chanteurs professionnels, ou seri, et les improvisateurs, ou akyn, utilisent ce dispositif musical pour enrichir leurs répertoires. Ils explorent des thèmes variés allant de la jeunesse à la splendeur des steppes. Ces performances, alliant poésie et culture, célèbrent l’âme collective et témoignent de l’attachement indéfectible à leur culture nomade.

Influence et préservation

Le kopuz, bien plus qu’un simple instrument, est une composante essentielle de l’identité kazakhe. Sa musique, ancrée dans le chamanisme et le mode de vie errant, continue d’inspirer et de rassembler. Les efforts de musiciens tels qu’Abaï Ibrahim Kounanbaïouly ont contribué à la préservation et à l’évolution de cet héritage.

Fonctionnement du kobyz

Le kobyz offre une fenêtre sur le monde spirituel à travers sa tonalité.

Fabrication

Fabriqué à partir d’un seul bloc de bois, le kopuz intègre des cordes faites de crins de cheval. Ces matériaux naturels sont soigneusement sélectionnés pour leur capacité à transmettre une sonorité riche et profonde. La membrane, généralement en peau de chameau, est tendue à une extrémité de la caisse de résonance. Elle offre une surface vibratoire distinctive pour le son. Le manche sans frettes se termine par un cheviller orné, témoignant du savoir-faire artistique de sa fabrication.

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Techniques de jeu et traditions

Joué avec un archet, le kobyz requiert une maîtrise de techniques spécifiques pour libérer son potentiel mélodique complet. Les musiciens exploitent la riche palette sonore de l’instrument. Ce dernier imite des sons naturels comme le cri d’un cygne ou le galop d’un cheval pour évoquer des images vivantes de la steppe kazakhe. Les interprétations peuvent varier du doux murmure à une voix puissante, offrant une vaste gamme d’expressions émotionnelles. La tradition d’apprentissage de maître à disciple perpétue la communication des nuances subtiles du jeu du kobyz, enrichissant ainsi le patrimoine culturel de la région.

Conservation et transmission de la musique

La musique du kopuz est principalement transmise de manière orale. Toutefois, l’existence de partitions dédiées aux œuvres plus complexes suggère une volonté de conserver cet héritage pour les générations futures. Cette pratique orale renforce le lien entre les musiciens et leur histoire, tout en permettant une certaine liberté d’interprétation personnelle. Les pièces musicales, enrichies de l’expérience de chaque joueur, continuent d’évoluer. Cette progression démontre la vitalité de la tradition de ce dispositif musical dans la culture kazakhe.

Réglage et entretien du kobyz

Maintenir la qualité sonore du kobyz nécessite un entretien régulier et minutieux, essentiel pour préserver les caractéristiques uniques de cet instrument.

Nettoyage et conservation

Le bois du kopuz et ses cordes en crin de cheval demandent une attention particulière pour éviter toute détérioration. Un nettoyage doux avec un chiffon sec suffit pour retirer la poussière et la saleté accumulées, particulièrement après chaque utilisation. Il est important de nettoyer délicatement sous les câbles et autour du chevalet où la colophane peut s’accumuler et altérer la tonalité.

Accordage précis

Les câbles tendus sur la caisse de résonance nécessitent un accordage régulier pour maintenir la justesse du son. Ce travail s’effectue via le cheviller. En outre, une maîtrise de l’étirement des cordes est cruciale pour préserver l’intégrité de l’instrument tout en assurant la qualité sonore désirée. Les variations de température et d’humidité peuvent affecter la tension des cordes, d’où l’importance d’un ajustement fréquent.

Contrôle des supports

La vérification de la stabilité des supports est une étape clé de l’entretien. Un chevalet bien positionné assure une transmission optimale des vibrations des cordelettes à la caisse de résonance, influençant directement la qualité sonore. De même, les chevilles doivent être suffisamment serrées pour maintenir l’accordage, mais sans excès pour éviter tout dommage au niveau du bois.

Apprentissage du kobyz

Diverses voies d’apprentissage adaptées à tous les niveaux sont proposées afin de maîtriser le kobyz dans les meilleures conditions.

Communautés musicales

La tradition orale joue un rôle prépondérant dans la transmission des connaissances et des techniques de jeu. Les communautés musicales, souvent ancrées dans des régions spécifiques, offrent un cadre idéal pour apprendre auprès de musiciens expérimentés. Ces associations encouragent l’immersion dans la culture musicale et facilitent l’apprentissage direct. Toutes ces circonstances permettent aux étudiants de saisir les nuances stylistiques et les techniques spécifiques à l’instrument.

Écoles de musique spécialisées

Certaines écoles de musique, reconnaissant l’importance culturelle et musicale du kobyz, proposent des programmes dédiés à son apprentissage. Ces établissements mettent à disposition des professeurs qualifiés et des programmes structurés. Ces derniers couvrent à la fois les aspects techniques et théoriques du kopuz, offrant une approche plus formelle et académique.

Ressources en ligne

Avec l’évolution de la technologie, de plus en plus de ressources en ligne deviennent disponibles pour les aspirants musiciens. Des cours vidéo, tutoriels et forums de discussion permettent d’accéder facilement à des leçons et à des conseils pratiques. Ils sont particulièrement utiles pour ceux qui vivent loin des centres d’apprentissage traditionnels ou qui préfèrent une approche autodidacte.

Choix et achat

L’acquisition d’un kobyz mérite une attention particulière quant au choix et à l’achat.

Achat sur France Minéraux

France Minéraux s’avère être une destination privilégiée pour les amateurs et les professionnels à la recherche de kopuz authentiques. La plateforme propose une gamme variée de cet instrument, permettant à chacun de trouver un modèle adapté à ses besoins musicaux et esthétiques.

Critères de sélection

Les éléments suivants sont à considérer afin de trouver l’équipement idéal :

Qualité des matériaux

Tout comme lors du choix d’une viole, la sélection d’un kobyz dépend largement de la qualité des matériaux utilisés. Les instruments façonnés à partir de bois noble et équipés de cordes en crin de cheval offrent une sonorité riche et profonde.

Taille

La taille influence non seulement la maniabilité de l’instrument, mais aussi sa tonalité. Il est essentiel de choisir un équipement présentant des dimensions proportionnelles au physique de l’instrumentiste. Cette option permet une expérience de jeu confortable et optimale.

Accessoires inclus

Les accessoires tels que l’archet, le chevalet et parfois les éléments décoratifs jouent un rôle crucial dans la performance et l’esthétique du dispositif. Opter pour un ensemble complet permet de s’assurer que le kopuz est prêt à l’emploi dès l’achat.

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