Origine et histoire de la gralla
Le gralla tire ses origines de la xeremia, un dispositif musical populaire du Moyen Âge, au cours de la période baroque. Il est souvent joué avec un timbal, un tambour cylindrique avec deux membranes, utilisé dans la musique traditionnelle catalane.
Son nom a été inspiré par le cri strident du choucas, un oiseau commun en Europe, y compris en Catalogne. Autrefois, les voyageurs solitaires emportaient fréquemment le grall de pastor avec eux. Ils étaient convaincus qu’il avait le pouvoir d’éloigner les créatures maléfiques qui peuplaient les terres sauvages.
Place de la gralla dans la culture
La gralla et le timbal jouent un rôle crucial dans les castells. Il s’agit d’une pratique culturelle emblématique des régions catalanes, caractérisée par la construction de tours humaines de six à dix étages selon une organisation précise. Chaque groupe dédié à cette tradition, connu sous le nom de colla castellera, possède ses propres musiciens spécialisés dans ces deux types d’instruments. La gralla et le timbal sont utilisés en particulier pendant les cercaviles, pour signaler le début des festivités. Ils sont également joués durant la Festa Major. Cet événement incontournable des communautés catalanes est souvent lié à la célébration du saint patron de la ville concernée. Le ball de gitanes, une danse catalane accompagnée de trois grallas et d’un timbal, figure dans des documents écrits depuis 1770.
Méthode de jeu de la gralla lors du castell
Le toc de castells accompagne généralement la construction des châteaux humains. Cette musique se compose de trois parties distinctes (le début, l’aleta et la sortie) qui décrivent l’évolution de l’édification de la tour. Pour les castells à sept étages, la montée des castellers sur ceux du troisième étage marque le début de l’exécution musicale. Lorsque le cap de colla (chef de groupe) crie « terços amunt ! », le son puissant de la gralla et du timbal indique que la construction a déjà commencé. Lorsque l’enxaneta ou celui qui se tient au sommet du château rend le salut (il fait l’aleta), une autre mélodie est interprétée par les instrumentistes.
Le démontage de la tour est aussi important que sa réalisation, puisque les deux étapes sont notées. Lorsque le castell est entièrement défait, les musiciens jouent une autre chanson, en accélérant le tempo pour encourager les participants. À la fin de tous les efforts déployés, la musique du toc del vermut (l’appel à l’apéritif) retentit, marquant l’heure du déjeuner. Si la construction des châteaux est réussie et que les participants sont satisfaits, la musique reprend pour que la fête se poursuive. Cette tradition promeut le travail en équipe, le dépassement de soi et le sentiment d’appartenance. Pour cette raison, l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a inscrit le castell sur sa liste des patrimoines culturels immatériels de l’humanité en 2010.
Variétés de gralla
Il existe deux variétés de gralla : seca (sèche) et dolça (douce). Elles sont fabriquées à partir de différents bois, dont l’ébène et le buis. La première se présente sous la forme d’un tube tronconique d’environ 35 cm de long. Elle est dotée de neuf trous : six en haut, un en bas et deux au niveau de l’embouchure de l’instrument. La seconde est une version plus douce de la gralla seca. Cela résulte de la présence d’un tube intérieur plus long et plus cylindrique, ainsi que d’une cloche plus fermée.